Intra muros 2 200 000 personnes vivent à Paris. À cela, ajoutez des hordes de touristes et des quelques milliers d’hommes d’affaires en transit. Et vous avez une sacrée fourmilière. Et pourtant… Et pourtant, à chaque instant, vous pouvez rencontre sexe que vous connaissez et soudain la magie opère.

Il faut, cependant, avouer qu’il y a une sorte de chance du débutant qui se vérifie souvent.

ombre-seb-serrus1993: mon frère m’offre ma première sortie parisienne digne de ce nom dans un cocktail ultra classe. Nous n’avions pas fait deux pas que j’étais déjà en pleine discussion avec un couple connu au Festival de Cannes quelques mois plus tôt. Un couple hors pair et sans barrière… Ils étaient des pique-assiettes professionnels. En dehors de leur boulot somme toute classique (visiteurs médicaux) ils utilisaient tout leur temps libre pour entrer dans les soirées. Ils connaissaient toutes les combines, les entrées des cuisines, les excuses invraisemblables qui passent. Deux bonne têtes, une assurance indéboulonnable, ils étaient fascinants pour la jeune étudiante que j’étais. Je les ai inévitablement recroisés à maintes reprises dans les soirées les plus étonnantes. 100 ans du métro où n’étaient invités que des gens nés le 19 juillet, soirées privées, etc… Mais ce qu’ils préféraient par-dessus tout, c’était le monde du cinéma. Et c’est ainsi qu’un jour devant mon poste de télévision, je les ai découvert en train d’assister à la cérémonie des Césars assis au troisième rang entre une star américaine et une jolie actrice du moment. Pas de doute, ils étaient super forts.

Mais à Paris, on rencontre aussi son ami d’enfance de l’autre bout de la France bien plus souvent que son collègue de travail. Et Paris offre à l’heureux élu un souvenir sur un plateau d’argent et celui-ci fraichement arrivé ne se rend pas forcément compte de sa chance étonnante. Il faudra qu’il voie le Parisien raconter cette rencontre fortuite à tout son entourage pour comprendre que c’était un sacré joli sourire du destin.

Première balade avec Jeanne, la charmante petite amie de mon neveu dans Paris. En l’espace d’une heure, elle rencontre, à quelques minutes d’intervalles, deux copains d’avant et d’ailleurs. Idem pour Lara, jeune allemande en vacances chez moi. Je l’emmène faire sa première visite dans Paris, il lui faudra moins de 10 minutes sur les Champs Elysées pour croiser le jeune garçon qui était en vacances avec elle quelques semaines plus tôt. “Il n’est pas de hasard, il est des rendez-vous”, disait la chanson de Daho.

enseigne-de-rueÉvidemment, certains quartiers sont plus propices à la rencontre. Champs Elysées, quartier des Halles, Montmartre… Ou certaines terrasses de café. Un bon ami à moi me racontait, il y a peu comment le passé lui a pétillé à la figure de manière assez inattendue.  Heure de l’apéro, langueur de soirée du mois d’août qui apporte son lot de confidences, de préférences sur la vie amoureuse. Le jeune homme raconte donc une histoire passée. Celle d’une femme qui, 12 ans plus tôt, lui avait proposé une nuit d’amour torride. Au petit matin, une fois le café avalé, elle lui avait gentiment ouvert la porte. Pas de numéro, pas de rendez vous, pas de promesse. Juste un prénom qui était resté et une sensation étonnante de rôles échangés. Sylvana venait des pays de l’est et semblait en garder une certaine spontanéité qui marquait encore JM une décennie plus tard.

“Je ne l’ai jamais revue mais je ne l’ai jamais oubliée…” Je vous le donne dans le mille, 10 minutes après un copain les rejoint pour cet apéro et leur présente… la même Sylvana. JM croit un instant à une blague, un coup monté… Mais non même pas. Elle ne se souvenait absolument pas de lui car en 12 ans, son mode opératoire n’avait pas changé. Je pioche un homme et je le laisse s’envoler au matin. JM tente de lui rafraîchir la mémoire, lui décrit son appartement. Sylvana semble avoir tout oublier, mais s’inquiète d’une seule chose: a t elle offert un café le matin ? Devant l’affirmative, elle lâche alors un tonitruant : “c’est donc que tu m’avais bien bricolée …”
Véridique ! JM a passé son tour pour la nuit suivante, mais est reparti avec la pensée magique qu’à Paris tout est possible.

Mais les miracles se cachent aussi dans le quotidien le plus banal. Un matin, mon amoureux et moi partons travailler chacun de notre côté sans nous détailler nos emplois du temps mais incontestablement dans des quartiers différents. Vers 11h45, on se passe un petit coup de fil. Le temps de raccrocher et nous tombions littéralement l’un sur l’autre. Aussi pressé l’un que l’autre, nous avions juste le temps d’échanger un baiser, de nous émerveiller et d’évoquer la célèbre citation du film Les Enfants du paradis : “Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment d’un aussi grand amour.”

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