Amabilia.com
Navigation Amabilia.com
 
Vous êtes ici: Amabilia.com - Sociétés

Photo: Sergent Bianca Vachon

L’armée: désaveu ou engouement?
Témoignage: Sergent Bianca Vachon
par Bianca Joubert - Amabilia.com -


Née sur une base militaire en Allemagne, d’un père québécois et d’une mère belge, Bianca Vachon a su dès l’âge de 12 ans qu’elle désirait joindre l’armée: “Je voulais vivre la même aventure que mon père, voyager, avoir une sécurité d’emploi et… fuir la routine.” À 36 ans, elle compte déjà 19 ans de service au sein des Forces canadiennes, à la gestion des ressources, un métier de support de l’armée de l’air. Promue sergent en 2005, elle est devenue la même année recruteur: “La priorité actuelle est le recrutement, pas le déploiement. Mais je serais prête à partir, même en Afghanistan.”


Pour elle, le changement de slogan marque la nouvelle réalité: “La récente publicité montre des choses que l’on aura peut-être à faire, parce qu’à la base, peu importe notre métier, on a tous eu l’entraînement de soldat. Mes amis au civil me disent qu’ils trouvent cela difficile de me voir militaire dans le contexte actuel. C’est vrai que je passe en ce moment le trois-quart de mon temps dans des kiosques, des écoles ou des salons pour le recrutement, mais si on a besoin de moi comme soldat, je dois le faire.”

Minoritaire dans un monde d’hommes, elle dit ne pas rencontrer de difficultés particulières: “Si je compare avec mes amies qui travaillent au civil, les conditions au sein de l’armée canadienne sont excellentes pour les femmes. Il faut peut-être démontrer un peu plus ce qu’on sait faire au début, mais beaucoup moins qu’avant. Les hommes utilisent la force, les femmes l’endurance. Mais tout se passe souvent entre les deux oreilles. C’est plus difficile pour les femmes physiquement, mais il y a un réel travail d’équipe. Il faut reconnaître ses forces, mais aussi pouvoir demander de l’aide.” Et l’autorité? “Je n’ai jamais eu de difficulté à me faire respecter. Un superviseur est un superviseur. La personne doit avant tout être compétente, que ce soit un homme ou une femme.”
Divorcée d’un militaire et mère de deux enfants, elle a refait sa vie avec… un militaire. “Faire ce métier avec des enfants, j’avoue que ce n’est parfois pas évident. Il faut constamment être prêts au déploiement, être très organisés et avoir un plan B en permanence. Avec une famille, ce n’est pas facile de toujours recommencer dans un nouveau milieu. Lors d’une assignation, on a droit à trois préférences, mais on ne décide pas de la destination.”

Bianca Vachon éprouve une fierté à porter l’uniforme, dans lequel elle ne passe pas inaperçue lorsqu’elle déambule aux alentours de son lieu de travail, au centre-ville de Montréal, ou s’attable à un café, comme elle l’a fait lors de l’entrevue: “On est tous humains, mais en uniforme, il y a un code de conduite à respecter. Un soldat est plus surveillé qu’un citoyen sans uniforme, c’est certain. Moi, je suis fière d’être rendue là où je suis, d’être respectée des hommes.” “Comme un autre homme”, ajoute-t-elle.
Sa mere s’inquiétait pour sa féminité lorsqu’elle a pris sa décision. Avait-elle raison d’avoir peur? “Il faut bien sûr suivre le manuel d’habillement des Forces canadiennes. Les boucles d’oreilles doivent avoir telle longueur, tout comme les cheveux. On doit éviter les couleurs voyantes. Mais on peut porter de faux ongles, un maquillage léger… L’avantage, c’est que je n’ai pas à décider ce que je mets le matin et je n’ai pas besoin d’être à l’affût de la mode!”

Lors de sa mission à Haïti, en 1996, elle a vécu six mois dans une tente qui faisait 3 mètres sur 3 mètres. “Il fallait être prêts au combat, se préparer au maniement d’armes, apprendre les techniques de patrouille. C’est une expérience qui m’a appris beaucoup. Surtout qu’on pouvait vivre avec rien et être heureux.”

La sergente ne se dit aucunement différente de la femme qu’elle est au civil: “Je m’amuse autant au travail que dans la vie. Si je n’étais pas heureuse, je changerais.” Elle croit à l’importance d’avoir une vie en dehors de l’environnement militaire. “J’ai des amis autant civils que militaires. Je fais du yoga, de la peinture… Au fond, nous sommes aussi le reflet de la société. Je ne suis pas seulement un soldat, je suis avant tout une personne.”
Elle conclut en disant que son statut vient avec des sacrifices, comme tous les emplois. Un sacrifice en quel nom? Elle hésite longtemps, avant de répondre: “On a la chance d’avoir la sécurité ici et je voudrais que ce soit pareil pour tous. On prend souvent les choses pour acquis, mais rien n’est sûr.”

 

Dossier:

- L’armée: désaveu ou engouement? - Page 1
- L’armée: désaveu ou engouement? - Page 2

Témoignages

- Sergent Bianca Vachon, Forces armées canadiennes
- Martine Éloy, porte-parole du collectif Échec à la guerre
- Avis d’expert - Houchang Hassan-Yari, professeur et directeur du département de science politique, Collège militaire royal du Canada
- Statistiques

Votre point de vue:

- L'armée, en général, est aujourd'hui pointée du doigt pour ses bavures et en même temps, supportée pour son courage par la population. Pourtant, l'ingérence militaire reste encore critiquée ou acclamée, selon le traitement médiatique qui en est fait. Pensez-vous qu'un pays puisse agir militairement dans un autre pays pour renverser son gouvernement ou remplacer son armée manquante? Est-ce que les nouvelles traitées par les médias ont un impact déterminant sur votre perception de la situation et sur l'aspect positif ou négatif de cette ingérence?

Réagissez sur les forums d'Amabilia.com

 
Ajouter à Kakinews
Envoyez ce texte à un(e) ami(e)

 



M'inscrire à la lettre d'information
hebdomadaire d'Amabilia.com





Amabilia et les renseignements personnels - Conditions de services - Nous écrire - Annonceurs - Les Blogs Amabilia.com
Copyright © 1999-2007 Les Consultations Amabilis Inc. Tous droits réservés - Partenaires: Saveurs Nomades


Chaine Mode & Styles Chaine Beauté Chaine Cuisine & Gastronomie Chaine Voyage Chaine Sociétés Forums Amabilia.com Blogs Amabilia.com RSS Amabilia.com