
Photo: Un soldat du 2e Bataillon, The Royal Canadian Regiment, sert une mitrailleuse C-6 à bord d’un véhicule blindé Bison, dans le cadre d’un convoi à travers la ville de Kaboul, en Afghanistan.
© Sgt Frank Hudec, Caméra de combat des Forces canadiennes |
L’armée: désaveu ou engouement?
par Bianca Joubert - Amabilia.com
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Deuxième guerre des Boers. Première et Seconde guerres mondiales. guerre de Corée… Le Canada peut répondre présent à toutes ces guerres. Mais jusqu'à la fin de la Guerre Froide, c’est surtout pour ses missions de paix que le pays était reconnu. Par sa portée et son importance, l’opération à laquelle l’armée canadienne participe en Afghanistan depuis 2002, aux côtés de 36 pays, mais surtout de son voisin américain, est en train de changer son image.
Mais pour quelle cause se bat-on, au juste? Quelles sont aujourd’hui les motivations à s’enrôler? Alors que le gouvernement canadien peine à justifier la présence de ses soldats en sol afghan, la population manifeste son inquiétude et les sondages confortent de plus en plus les opposants à la guerre dans leur position. Plusieurs experts militaires avancent maintenant que le rôle du Canada dans le maintien de la paix est… un mythe. |
Chef de file dans ce domaine, le pays a pourtant bel et bien participé à une cinquantaine de missions de l’ONU au fil des ans. Signe des temps, alors que près de 2 500 soldats – 12 % des effectifs sous commandement de l’OTAN – sont déployés en Afghanistan et que 2 000 autres les rejoindront en août 2007, seulement 132 militaires canadiens sont actuellement engagés dans des missions des Nations Unies. Le Canada est ainsi relégué au 51e rang des pays contribuant aux missions de l’organisme, tandis qu’il figurait parmi les dix premiers durant la Guerre Froide.
Métamorphose pour les uns, déni du concept de missions de paix pour les autres. Le constat reste le même: l’armée canadienne est dorénavant engagée dans des interventions à la fois plus musclées, complexes et dangereuses. Certains croient même que les mandats des cinquante dernières années des “gardiens de paix” auraient fait oublier aux Canadiens que les guerres faisaient des victimes… À l’heure où de plus en plus de soldats reviennent dans des caisses de bois pour un ultime hommage, les interrogations de la population coïncident avec les difficultés de recrutement des Forces canadiennes.
Accusée de vouloir accélérer l’enrôlement par des concessions inusitées, notamment au niveau du test physique et du recrutement d’immigrants en échange de la citoyenneté canadienne, l’armée ne peut plus attendre passivement que les candidats viennent à elle. Sa présence se fait sentir dans les écoles, les salons de l’emploi, à la télévision et même dans les cinémas. “Le recrutement est l’affaire de tout le monde. Je m’attends à ce que chaque marin, soldat, aviateur reconnaisse son rôle en tant que recruteur potentiel des Forces canadiennes”, a déclaré le général Rick Hillier, Chef d’état-major de la Défense.
Selon le rapport 2006 de la vérificatrice générale, Sheila Fraser, les effectifs formés et en activité de la Force régulière ne se seraient accrus que de 700 membres environ depuis 2002, si l’on tient compte des départs et de la durée de formation (environ deux ans pour former un soldat fonctionnel). L’armée a bien accueilli 20 000 nouveaux membres durant les quatre dernières années mais 16 000 autres l’ont quitté, en majeure partie pour la retraite. Le même rapport indique également que les départs en début et fin de carrière risquaient d’augmenter.
Manque de pot, l’ombudsman Yves Côté livrait, en juillet 2006, un rapport concluant au manque d’efficacité et de professionnalisme du corps militaire dans le traitement des demandes d’enrôlement. Les plaintes reçues entre 2003 et 2005 concernent principalement le manque de réceptivité des recruteurs, les retards excessifs dans le processus et un manque de rigueur dans l’application des mesures incitatives et des primes offertes. L’ombudsman déplore en outre que ces facteurs négatifs fassent perdre du personnel de qualité aux Forces canadiennes, qui auraient besoin d’un minimum de 2 400 personnes qualifiées. En campagne électorale, c’est pas moins de 13 000 nouveaux soldats que les conservateurs avaient promis d’ajouter aux troupes existantes.
Suite du dossier:
- L’armée: désaveu ou engouement? - Page 2
Témoignages
- Sergent Bianca Vachon, Forces armées canadiennes
- Martine Éloy, porte-parole du collectif Échec à la guerre
- Avis d’expert - Houchang Hassan-Yari, professeur et directeur du département de science politique, Collège militaire royal du Canada
- Statistiques
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point de vue:
- L'armée, en général, est aujourd'hui pointée du doigt pour ses bavures et en même temps, supportée pour son courage par la population. Pourtant, l'ingérence militaire reste encore critiquée ou acclamée, selon le traitement médiatique qui en est fait. Pensez-vous qu'un pays puisse agir militairement dans un autre pays pour renverser son gouvernement ou remplacer son armée manquante? Est-ce que les nouvelles traitées par les médias ont un impact déterminant sur votre perception de la situation et sur l'aspect positif ou négatif de cette ingérence?
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