sur la lune, et comme bien des enfants à cette époque, la québécoise Julie Payette est complètement fascinée. Elle rassemble photos, textes et documents de ces grands hommes uniques, leur vouant une admiration certaine. «Ils étaient douze, on les connaissait tous; aujourd’hui, j’en croise ici, au travail, au café… On se reconnaît, c’est un petit monde!»
Le rêve d’être astronaute la tenaille dès sa petite enfance. Loin de la décourager, ses parents lui expliquent qu’elle doit mettre toutes les chances de son côté en réalisant de grandes études. «On m’encourageait à continuer même si mes buts semblaient inatteignables; devenir astronaute, c’était l’ultime.» Il n’y a pas de programme de formation spécifique pour devenir astronaute. Elle s’investit donc à son école secondaire de Montréal et obtient une bourse canadienne lui permettant de faire des études internationales en fréquentant le United World College of the Atlantic au Royaume-Uni. Elle complète ensuite un diplôme en génie électrique et termine une maîtrise en sciences appliquées, en génie informatique. Être ingénieur lui permet d’occuper divers emplois passionnants pendant plusieurs années, l’amenant à voyager à travers le monde. Puis un jour, elle voit une annonce de l’Agence spatiale canadienne (ASC) dans le journal, à la recherche d’astronautes: «La seule certitude que j’avais, c’était: si je ne postule pas, j’ai 100 % de chance de ne pas être choisie.» Ils sont 5 300 candidats. Julie Payette donne tout ce qu’elle a, tente le tout pour le tout. «Je me disais: Si je ne l’ai pas, je continuerai à faire ce que j’aime, comme ingénieur; mais il fallait au moins essayer.» Et la suite est inespérée pour elle: son nom figure parmi les quatre choisis par le programme spatial.
«J’ai l’impression que dans la vie, les opportunités nous passent sous le nez, alors que c’est à nous de choisir ce que l’on veut vraiment; il y a des voies de bifurcation que l’on peut prendre.» Julie Payette emprunte à ce moment un tournant qui la propulse au-delà de son rêve. Aujourd’hui astronaute, elle affirme exercer le plus beau métier sur terre. En plus d’être l’astronaute en chef de l’ASC, elle joue un rôle primordial à chacune des missions. Depuis trois ans, elle occupe l’une des fonctions au sol les plus gratifiantes: CAPCOM (capsule communicator) en chef au centre de contrôle de mission à Houston, au Texas. Elle assure une liaison vocale avec les astronautes en orbite. «Je suis fière de représenter mon pays dans un endroit où les barrières nationales se confondent, du haut de la terre, où la nationalité et le sexe de la personne ne sont pas des critères d’emploi importants par rapport à la recherche de compétences et d’habiletés.»

Crédit: Agence Spatiale Canadienne
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Mais que dire de la faible représentation des femmes dans ce métier? «Ce n’est pas nécessaire qu’il y ait 50 % d’hommes et 50 % de femmes partout, dans tous les milieux de travail; pour entrer dans le corps astronaute, il faut avoir un diplôme scientifique; on attire ainsi une clientèle spécifique.»
Elle prend le temps d’expliquer aux jeunes qu’elle visite dans les écoles qu’il est primordial de faire un choix éclairé, passionné: «L’important, c’est l’amour du métier, de ce que l’on veut faire dans la vie.» Après tout, comme elle le rappelle si bien, l’exploration spatiale est une question d’humanité, qui rassemble la population derrière une même mission. Les défis se multiplient, exaltant certains jeunes face à leur futur: |
ce sera peut-être l’un d’entre eux qui posera le pied sur Mars, franchissant une nouvelle frontière, dont l’image rebondissante sera retransmise sur toute la terre.
Suite du dossier:
- Béatrice Ardisson, illustratrice sonore
- Wanda Kaluzny, chef d’orchestre
- Julie Payette, astronaute
- Kristina Raymond, pilote d’hélicoptère
Votre
point de vue:
Selon vous, certains métiers sont-ils encore aujourd’hui exclusivement réservés aux hommes? Pour quelles raisons compte-t-on peu de femmes dans certains domaines, par exemple en ingénierie, construction, pilotage?
Exercez-vous un métier peu conventionnel? Si oui, avez-vous lutté pour vous tailler une place?
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