français, illustrateur sonore. Je crée des identités sonores pour des émissions de télévisons, des lieux, des soirées comme DJ, et des collections de disques.»
Depuis plusieurs années, Béatrice Ardisson passe bien souvent ses journées enfermée dans une bulle, à l’abri sous ses écouteurs, occupée à créer de nouveaux concepts musicaux, à effectuer des recherches; elle ne dort que très peu. Après tout, il ne faudrait pas tomber dans la répétition. Jusqu’à présent, pour l’émission Tout le monde en parle, animée et produite par son mari Thierry Ardisson, elle a créé plus de 130 pièces thématiques… «Puis, j’ai proposé à Thierry de recevoir des DJ, c’était une façon de faire évoluer l’idée.» Pas question de s’asseoir sur son talent, Béatrice Ardisson reste constamment à l’écoute de ses goûts, assumant ses choix, mélangeant les styles musicaux afin d’obtenir une identité sonore unique.
C’est d’ailleurs ses parents qui l’initient, alors qu’elle est encore toute petite, à la diversité des univers musicaux, à l’écoute, à l’ouverture d’esprit; ils lui transmettent cet amour de la mélodie. Sa grande tante, premier prix de conservatoire, lui apprend la pratique du piano pendant sept ans. Mais une fois adulte, le choix d’un métier s’avère difficile, elle souhaite travailler en musique: «J’ai toujours rêvé de faire de cette passion un métier et finalement le métier s’est imposé naturellement à moi quand j’ai commencé à donner des coups de main sur les émissions de mon mari.» Avec ce début, ses idées se concrétisent, si bien qu’elle se voit confier, et cela dure depuis huit ans, toute l’illustration sonore de Paris Dernière, une émission colorée traitant de la nuit à Paris, en caméra subjective, animée par Frédéric Taddeï. Elle ne mène pas de bataille afin de se tailler une place: «Ma chance a été que la musique de Paris Dernière a rapidement connu un succès d’estime, bien avant qu’on sache que j’en étais l’auteur. Ça m’a donné une légitimité.»
Crédit: Stefan Schopferer
Par la suite, tout s’accélère sur un rythme effréné; plusieurs lieux parisiens contactent l’illustratrice sonore de l’heure, Béatrice Ardisson. Elle crée alors l’identité sonore du bar indien Jaïpur, situé dans l’hôtel Vernet, puis c’est au tour de la brasserie Fouquet’s sur les Champs Élysées à faire appel à son talent. Viendront ensuite le Kong, les hôtels le Bistrol, le Crillon et la boutique Louis Vuitton. Les offres se multiplient, la demande est là. Engagée à titre de DJ pour certaines soirées, l’idée de présenter une collection de disques se dessine peu à peu. Aujourd’hui, inutile de se demander ce qu’est, après ses trois enfants, sa plus grande fierté: «La Musique de Paris Dernière avec quatre volumes et la collection Mania où je décline des univers très différents à partir d’originaux, de curiosités et de reprises; il y a déjà eu IndoMania, ClocloMania, RioMania et bientôt BowieMania.» Décidément, la musique bouge, voyage, explore; Béatrice Ardisson s’envolera bientôt pour l’Inde afin de présenter IndoMania lors de deux soirées endiablées à Bombay et à Goa. Ce ne sont pas les idées qui manquent et l’imagination de cette artiste entraîne ainsi un large public à la découverte de nouveaux mondes, d’ambiances inusitées.
Suite du dossier:
- Béatrice Ardisson, illustratrice sonore
- Wanda Kaluzny, chef d’orchestre
- Julie Payette, astronaute
- Kristina Raymond, pilote d’hélicoptère
Votre
point de vue:
Selon vous, certains métiers sont-ils encore aujourd’hui exclusivement réservés aux hommes? Pour quelles raisons compte-t-on peu de femmes dans certains domaines, par exemple en ingénierie, construction, pilotage?
Exercez-vous un métier peu conventionnel? Si oui, avez-vous lutté pour vous tailler une place?
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