Amabilia.com
Navigation Amabilia.com
 
Vous êtes ici: Amabilia.com - Sociétés

L’adoption, le parcours du combattant - Avis d’expert: Christine Dupont, travailleuse sociale en adoption
par Marie-Philippe Châtillon - Amabilia.com -

Rencontre avec Christine Dupont, travailleuse sociale en adoption depuis 12 ans

«On arrive en adoption par hasard!»  Lorsqu’elle a terminé ses études en travail social, Christine Dupont n’aurait jamais cru travailler en adoption. Souriante, les yeux pétillants, elle explique: «A l’école, ce n’est pas un champ d’intervention qui est abordé; on s’y retrouve par contact.»  Son intérêt et sa curiosité pour l’adoption l’entraîne finalement à accepter un poste, elle-même ayant été adoptée, et à s’engager pleinement dans cet environnement stimulant. Stimulant oui, parce que du travail, il y en a. Elle n’en revient pas de tous les dossiers qui s’empilent sur son bureau, l’espace d’une journée. Travailleuse sociale d’un Centre Jeunesse des Laurentides en adoption internationale, elle est également, depuis avril dernier, impliquée en adoption au Québec dans la ville de Laval. Elles sont seulement deux travailleuses sociales à se partager les nombreuses tâches et demandes de la ville, employées à temps partiel. Pas le temps de se tourner les pouces. 

Au Québec, Christine Dupont affirme qu’un enfant peut s’être retrouvé en famille d’accueil il y a cinq ans, par le biais des banques mixtes, et être depuis plus d’un an prêt à être adopté officiellement, le jugement de la Cour du Québec ayant été émis. Mais les choses ne sont pas si simples: l’attente est longue puisque les ressources manquent.  Avant que la travailleuse sociale ou l’intervenant de la région arrive à ce dossier, il peut se passer beaucoup de choses, notamment des frustrations pour le nouveau parent souhaitant changer le nom de son enfant, l’inscrire à l’école…  Du côté de l’adoption régulière, la liste d’attente s’étire de mois en mois, pouvant atteindre, pour la ville de Laval, cinq ans et pour les Laurentides, huit ans (pas de statistiques officielles).  Peu importe le choix, il faut s’armer de patience.

Mais comment se fait-il que la démarche en adoption locale soit si longue, alors qu’un bambin en Chine, bien souvent, pourra venir s’établir avec ses nouveaux parents à l’intérieur d’un an et demi? «Nous sommes encore pris dans la mentalité des années 1950 où l’on disait que c’est la mère qui doit s’occuper de son bébé et personne d’autre». Et cela ne semble pas encore avoir changé avec les dernières générations. Nombreuses sont les mères qui hésitent encore de longs mois avant finalement d’accepter de plus avoir la garde de leur enfant. 

Pour les parents adoptants, il faut parfois faire face à des réactions inattendues de la part de l’entourage, des voisins… Plusieurs vont poser des questions insolites, par simple curiosité, mais sans penser aux répercussions. Madame Dupont explique: «Certains ne réfléchiront pas avant de parler, ils vont dire à la petite asiatique: Parles-tu chinois? Ou encore, ils vont carrément demander combien les parents ont payé pour avoir leur bébé.  Ce sont des choses qui ne se demandent pas.» À l’école, il peut également y avoir des situations embarrassantes pour l’enfant adopté, comme lorsque vient le temps de tracer son arbre généalogique, décrire les similitudes physiques avec maman et papa…  «J’ai offert d’aller parler d’adoption dans les écoles, mais non, rien, il semble que ce ne soit pas une priorité.»

La nouvelle maman qui choisit de confier son enfant à l’adoption devra rencontrer des intervenants afin de l’informer de ses droits et des conséquences de ses actes. Une fois les documents remplis, le service d’adoption récupérera l’enfant. La mère disposera de 30 jours exactement pour revenir sur sa décision. Une fois le mois passé, les parents biologiques perdront leurs droits. Ce n’est qu’une fois que l’enfant aura 18 ans qu’ils pourront tenter de le retracer ou alors, à l’âge de 14 ans, l’adolescent pourra entreprendre lui-même ses recherches. Christine Dupont s’occupe de retrouvailles depuis quelques temps: «Il faut que ça parte d’un besoin personnel; on ne peut ni forcer ni décourager personne de le faire. Mais souvent, on remarque beaucoup de similitudes entre la mère et l’enfant: tous les deux sont positifs, tous les deux sont détendus ou stressés…» 

L’information disponible sur les démarches d’adoption abonde dans les Centres Jeunesse, les sites Internet, les livres, les conférences… Mais au final, plusieurs parents ayant  adopté se sentent abandonnés, une fois la grande aventure terminée. «Ça fait environ deux ans qu’il y a des rencontres après une adoption internationale. D’ailleurs, plusieurs pays veulent un rapport d’intégration de l’enfant. Mais avant cela, on ne parlait jamais de post-adoption.» Ces rencontres ne sont toutefois pas offertes gratuitement, et dans certaines régions seulement.

-Suggestion de lecture de Madame Dupont: Ha Long de Linda Amyot, aux Editions Leméac

Infos supplémentaires

Québec*
Année 2000: 697 adoptions de 41 pays
Asie: 59,5 % (surtout Chine)
Amériques: 18,8%
Europe: 17,6%
Afrique: 4%
Principaux pays d’origine: Chine, Haïti, Russie, Corée du Sud, Viêt-Nam
Moyenne d’âge des enfants adoptés: 27,4 mois -> 68,4% de sexe féminin
Couples qui adoptent: 87,5%
Demande faite par une personne seule: 12,5%
Femmes seules: 10,9%
Hommes seuls: 1,6%
80% des adoptants ont entre 30-44 ans

* Secrétariat à l’adoption internationale

Canada*
2004: 1 955 enfants adoptés à l’étranger
Chine: 1001
Haïti: 159
Russie: 106
Corée du Sud: 97
États-Unis: 79
954 de sexe féminin, entre 0 et 4 ans

*Conseil d’adoption du Canada

Adoption internationale en France*
2004: 4079 adoptions de 77 pays
Europe, Afrique, Amérique Asie
Haïti: 507 enfants
Chine: 491 enfants
Russie: 445 enfants
Éthiopie: 390 enfants
Vietnam: 363 enfants

24 % étaient des bébés de moins d’un an
29 % avaient entre un et deux ans
29 % avaient entre deux et cinq ans
18 % avaient 5 ans et plus

* Enfance et Familles d’adoption

Suite du dossier:

- Adoption: Trois possibilités

Témoignages

- Élaine, mère de Jérémie
- Ève, maman d’Angélica
- Avis d'expert: Dupont, travailleuse sociale en adoption

Votre point de vue:

1- Selon vous, y a-t-il encore beaucoup de préjugés face aux mères laissant leur enfant en adoption? Que pensez-vous vous-même de l’adoption?

2- Et pour celles qui ont déjà adopté, comment s’est passé votre expérience? Trouvez-vous que les ressources d’aide à l’adoption sont suffisantes?

Réagissez sur les forums d'Amabilia.com

 
Ajouter à Kakinews
Envoyez ce texte à un(e) ami(e)

 



M'inscrire à la lettre d'information
hebdomadaire d'Amabilia.com





Amabilia et les renseignements personnels - Conditions de services - Nous écrire - Annonceurs - Les Blogs Amabilia.com
Copyright © 1999-2007 Les Consultations Amabilis Inc. Tous droits réservés - Partenaires: Saveurs Nomades


Chaine Mode & Styles Chaine Beauté Chaine Cuisine & Gastronomie Chaine Voyage Chaine Sociétés Forums Amabilia.com Blogs Amabilia.com RSS Amabilia.com