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Le voile islamique, sujet de discorde? - Mona, 23 ans, syrienne
par Katarzyna Klim - Amabilia.com
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" C'est à moi à aller vers les gens,
à m'impliquer dans des activités sociales,
donner l'occasion aux gens de me connaître et de ne
pas uniquement voir mon voile. " Légèrement
maquillée, elle est étudiante en dernière
année à l'université. Son choix de
porter le voile elle l'a fait à 17 ans. " Ma
mère m'a prévenue à l'époque
que j'étais peut-être trop jeune et pas assez
forte. Surtout pour affronter le regard des autres. Le voile
choque, il dérange, certaines personnes le |
trouvent même agressant. " Elle le prend comme un défi
de plus, une façon pour elle de forger son identité
de musulmane. " Je n'ai jamais regretté ma décision
de porter le hidjab. Bien sûr autour de moi les regards
ont changé. Je le sais d'autant plus qu'avant je
ne le portais pas. Je sens cette différence. Le voile
inspire le respect. Je n'attire plus les regards des hommes
parce que le voile me donne un espace de protection. "
Voilà comment elle voit le rôle du voile :
s'habiller subtilement, ne pas attirer l'envie, avoir un
espace privé. Et le maquillage? " J'adore ça,
s'exclame-t-elle, mais je n'en met que très peu et
je garde ça très simple. L'Islam n'empêche
pas les femmes d'être féminines.
C'est
d'abord aussi pour me faire plaisir à moi-même.
De la même façon, j'essaie toujours d'assortir
mon voile au reste de mes vêtements. Ça fait
plus chic, plus féminin. " Elle veut être
de la vague des femmes musulmanes éduquées
à l'occidentale mais assumant leur identité
et leurs traditions. " Un de mes objectifs est de prouver
que mon voile ne cache pas mon intelligence, qu'il ne m'empêche
pas d'avoir une carrière et un rôle à
jouer dans la société. " Elle veut briser
l'image négative des femmes voilées que véhicule
l'Occident. " Il y a quelques années j'ai appliqué
pour des postes de vendeuses dans les boutiques du centre-ville
comme emploi d'été. Aucune réponse.
C'est comme si je n'avais rien fait du tout. Les gens ont
peur de la réaction de la clientèle face au
voile. Je pense que tout passe par l'échange et le
dialogue. Je ne suis pas seulement entourée de musulmans.
C'est en discutant, en heurtant nos idées contre
celles des autres que peut-être un jour le voile n'aura
plus cette connotation uniquement négative qu'il
a aujourd'hui. " Les inégalités entre
les hommes et les femmes dans le monde musulman n'ont rien
avoir avec le voile. " C'est une évolution sociale
qu'il faut. Porter le voile signifie que j'accepte de suivre
ma religion. Je ne vais pas en boîte de nuit et je
ne bois pas d'alcool par exemple. Mais ça ne veut
pas dire que je ne vais pas aller voter ou dire tout haut
ce que je pense de tel ou tel évènement. Parce
que ça je le fais tous les jours. " Le voile
est pour elle un peu comme une barrière raciale.
" Parfois c'est la seule chose que les gens vont voir.
Mon voile et puis plus rien. Si on me demande d'enlever
mon voile c'est comme si on demandait à une personne
de race noire de changer de peau. C'est impossible à
accepter. " Même si dans son cas, elle sait très
bien que les mentalités n'évolueront peut-être
pas tout de suite, elle fait un pari pour l'avenir. "
Surtout parce que je voudrai qu'on arrête de condamner
ou d'avoir peur de l'Islam comme une religion dangereuse.
"
Témoignages
- Faridah,
36 ans, marocaine
- Mona,
23 ans, syrienne
- Avis
d'expert
Votre
point de vue:
Peut-on,
en Occident, dissocier le voile de l'image négative
qu'il projette du sort des femmes dans les sociétés
musulmanes?
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