services
d'accompagnement, font partie intégrante du
décor des grandes métropoles. Elles sont le choix "chic"
des hommes désireux de vivre des instants de plaisir
charnel, de goûter à l'interdit ou de tout
simplement se sentir moins seul et profiter d'une compagnie
attentionnée.
Qui
le fait? La fille en troisième année de fac,
la fugueuse désirant arrondir ses fins de mois, même
la mère célibataire d'à côté.
Critères de réussite: corps séduisant,
beauté des traits, discrétion, facilité
à mener une conversation et culture générale
suffisante pour charmer le client. Le travail d'escorte
est de la prostitution haut vol. Pour certaines, c'est l'homme
qui se déplace. Pour d'autres, ce sont elles qui
viendront à l'endroit indiqué, souvent accompagnées
d'un chauffeur, question de sécurité et de
protection du revenu.
D'un
point de vue légal, le travail d'escorte échappe
facilement à tout contrôle judiciaire. La sollicitation
publique condamnable n'est pas présente; consentir
à des rapports sexuels contre rémunération
n'a jamais été dans le code criminel. Tout
se passe derrière des portes closes avec au premier
plan, la discrétion, pierre angulaire du milieu.
Il est extrêmement difficile de définir les
règles de l'industrie: des femmes de milieux socio-économiques
très variés y travaillent et pour beaucoup
ce n'est qu'une occupation à temps partiel. Rares
sont celles qui y demeurent toute leur vie, jeunesse pimpante
oblige.
Ce secteur d'économie grise s'est régalé
de l'arrivée massive d'Internet. Et pas seulement
les agences. Les escortes peuvent facilement travailler
indépendamment, avoir leur propre site et maintenir
une clientèle régulière. D'ailleurs
beaucoup de celles qui décident de continuer dans
le métier, se créent un cercle d'hommes qui
leurs restent fidèles des années durant. Le
portrait des agences est aussi quasi impossible à
brosser. Des plus élitistes aux plus rudimentaires;
des vitrines qui témoignent des conditions d'indépendance
des employées. Elles perçoivent toujours un
montant sur les gages des filles. Pour frais d'administration:
publicité, photos, prise de rendez-vous. Ces "établissements",
qui peuvent parfois se résumer à un numéro
de portable, offrent toutefois un écran protecteur
aux escortes. Code strict à respecter par le client,
exigences des filles (surtout face à l'hygiène
personnelle), services choisis à la carte à
partir d'un menu pré-établi. "Quand vous
appelez, soyez sûr de ce que vous voulez exactement,
et ayez choisi deux ou trois filles, au cas où certaines
ne seraient pas disponibles." Le temps c'est de l'argent.
Beaucoup d'argent.
Les conditions d'utilisation regorgent de recommandations
envers les clients. "Ne soyez pas choqué si
votre invitée compte l'argent. Elle le fait sur la
demande de l'agence". C'est tout un savoir vivre. Et
habituellement, le visage des escortes n'est pas à
découvert. Les hommes commandent un corps et une
description. Les photos préservent leur identité
jusqu'à ce qu'elles frappent à la porte de
la chambre d'hôtel. Les pseudonymes sont monnaie courante,
les vrais noms importent peu.
Pour
les novices et les non-initiés, les forums de discussion
sont une mer d'abondance. Les grandes villes canadiennes
sont équipées de comités virtuels où
le consommateur fait part de son degré de satisfaction.
Les habitués ou les aventuriers d'un soir débattent
de leurs expériences, de la qualité des services.
Chaque escorte nommée est notée sur cinq ou
sur dix en fonction de son visage, son corps et sa performance.
Les détails pullulent, un langage jamais explicite,
toujours caché derrière un jargon propre à
l'industrie, fait d'acronymes. Aucune note de mépris.
Petits clichés de vie d'escorte: vie nocturne classe
où se succèdent restaurants branchés,
clients riches et cachets permettant une vie aisée.
Double identité mariée à une habitude
imposée du mensonge faute de pouvoir publiquement
admettre son vrai métier. Choix délibéré
et libérateur ou décision plus ou moins indépendante?
La prostitution de luxe est en tout cas facile d'accès.
Les agences recherchent toutes de nouveaux visages. Il suffit
d'envoyer un CV (surprise: certaines exigent un diplôme
universitaire!) et quelques photos: de préférence
en lingerie ou sans. Entrevue sur appel, estimation du potentiel
de personnalité et des attraits physiques. Bienvenue
dans la maison. Un milieu qui se veut très professionnel:
dans certains cas, si le client n'est pas satisfait de l'apparence
de sa compagne en face à face, il peut la renvoyer,
sans aucun coût. Officieusement plus l'âge est
bas, plus l'intéressé est prêt à
payer. Pour des raisons de réputation, en général,
l'âge légal est de rigueur. La moyenne semble
se situer autour de 22-23 ans. Les prix sont établis
par les agences ou l'escorte, si elle travaille en solo.
En fonction du
nombre d'heures, de la palette des services fournis, de
la popularité auprès des clients. Une chose
est sûre jamais le commerce des corps n'a été
si bien rémunéré. Un attrait monétaire
puissant qui emprisonne et ne permet pas toujours de décrocher
aussi facilement.
Témoignages
- Léa,
23 ans, escorte à Montréal
- Vanessa,
25 ans, escorte à Montréal
- Avis
d'expert
Votre
point de vue:
Que
pensez-vous du travail d'escorte s'il est choisi par une
femme et non imposé? Est-ce qu'il devrait-il sortir
de l'ombre? Est-il possible d'imaginer une abolition des
métiers du sexe dont les services d'escortes?
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