| Est
métrosexuel un homme entre 20 et 40 ans. Le mot est
dérivé de métropole et non de transport
en commun! C'est le type urbain branché qui aime
magasiner, choisit ses vêtements avec goût et
paye le prix pour de grandes marques connues. Il s'hydrate,
s'exfolie, va chez son coiffeur-styliste et non chez le
barbier du coin. Il se fait faire des manucures, il s'épile,
s'entraîne au gym, il concocte de bons petits plats,
connaît les bons vins, les bons cigares, les belles
voitures, il lit ses magazines pour homme comme le populaire
GQ dans lequel les articles de fond sur la politique étrangère
côtoient des bancs d'essai de crèmes pour monsieur.
Il aime autant le hockey ou le soccer que n'importe quel
autre homme "viril" mais il a ce petit je-ne-sais-quoi
qui le différencie de ses acolytes mâles. Il
possède plusieurs caractéristiques traditionnelles
du comportement gay ou féminin, mais c'est un homme
tout ce qu'il y a de plus hétérosexuel. Un
homme parfait serez-vous tenté de penser! Qui ne
rêve pas de magasiner avec son homme (sans se chicaner),
de le voir mettre sa crème anti-rides, ses pieds
tout doux vous effleurant sous les couvertures la nuit
Un
homme rose? Pas tout à fait, l'homme rose nous ramène
tout droit dans les années 80 et le terme, vous en
conviendrez n'était pas très flatteur, un
peu trop psycho-pop
On n'a rien contre un homme sensible,
qui aime communiquer et qui parle de ses émotions
mais de là à le qualifier d'homme rose
.
On comprend pourquoi l'expression est vite passée
de mode. La différence entre l'homme rose et le métrosexuel
est que le premier parle de ses émotions et s'ouvre
à l'autre, bref, il découvre la part féminine
en lui par le biais de la communication, alors que le second
est plutôt le produit de notre société
de consommation où l'image (contenant) est plus importante
que le message (contenu). D'autres diront qu'il est narcissique,
égocentrique et vaniteux.
L'origine
de la métrosexualité
L'expression est née sous la plume de l'écrivain
Anglais Mark Simpsons en 1994 dans un article sur salon.com.
Durant la fin des années 90 et le début des
années 2000, on a vu réapparaître le
terme à quelques reprises mais c'est le 22 juillet
2002, toujours sur salon.com que l'expression de Simpsons
"Metrosexual" entra définitivement dans
l'histoire des médias et dans l'inconscient collectif.
Tous les médias se sont alors penchés sur
ce phénomène, essayant de nommer ce nouveau
type d'homme. Voici la définition qu'il en donne:
"An urban male with a strong aesthetic sense who spends
a great deal of time and money on his appearance and lifestyle."
Donc, "Un homme urbain qui possède un grand
sens esthétique et qui dépense temps et argent
sur son apparence et son mode de vie." (source: salon.com)
Pourquoi
en parle-t-on autant? C'est un amalgame de facteurs réunis
ensemble qui donne cette impression de convergence. Tout
dans la société nous indique la venue de cet
homme nouveau. D'un côté l'essor des cosmétiques
pour hommes qui s'adressent directement à eux, à
leurs besoins (où humour et pratico-pratique rejoignent
leur côté masculin). La valorisation de la
jeunesse éternelle (40 ans et en paraître 28),
l'éducation des jeunes hommes par des mères,
des surs et des copines qui leur ont appris que prendre
soin de soi est tout à fait normal, il n'y a rien
de gay à troquer son savon Irish Spring décapant
pour un savon au lait de chèvre hydratant. Et que
l'Old Spice irrite la peau alors qu'il y a tant d'après-rasages
adoucissants. Et puis le mode de vie urbain ou sortir en
jeans-tee-shirt-running shoes est "out", à
moins que le tee-shirt soit un Diesel, les jeans de marque
Mavi et des Puma aux pieds. Et puis comme les femmes, les
hommes ont leurs icônes masculins, leurs modèles,
leur inspiration, que ce soit Brad Bitt , Lenny Kravitz
ou l'idole du foot, David Beckam, qui a lui seul incarne
le concept de métrosexualité au grand complet.
Il peut se permettre de porter jupe, coiffure inspirée
et vernis aux ongles de pieds tout en étant viril.
Tour de force!
Dans une société où l'image compte
de plus en plus, faut-il s'étonner que l'on qualifie
les hommes qui prennent soin de leur apparence comme étant
des métrosexuels? Après tout, si on recule
dans le temps, au 19ème siècle par exemple,
les Dandys étaient des métrosexuels avant
l'heure comme le personnage de Des Esseintes, un esthète
raffiné et paumé, dans le roman À
Rebours de Joris-Karl Huysmans (1884). La mince barrière
entre les "genres" sexuels (en anglais: gender)
étant ici aussi un fait marquant; pour glisser entre
l'homosexualité et l'hétérosexualité,
il n'y a qu'un petit pas à faire. Et si on observe
l'histoire des cosmétiques à travers l'histoire
de l'humanité, on ne s'étonnera pas d'apprendre
que les hommes étaient les plus grands utilisateurs
de crèmes, d'onguents et de maquillage. Être
beau et prendre soin de soi est une façon de démontrer
son amour-propre et sur un ton plus négatif mais
plus honnête; c'est aussi une façon de marquer
son statut social, de montrer qu'on a du pouvoir et de l'argent,
que l'on soit homme ou femme. En psychanalyse, on dira que
c'est un sujet en quête de reconnaissance: "Dis-moi
que je suis à l'image que je pense que tu te fais
de moi
."
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