
Maya
Selva
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Point de rencontre: Maya Selva, artisane du cigare
par
Pascal Baudoin - Amabilia.com -
Nom: Selva
Prénom: Maya
Nationalité: franco-auvergnate-hondurienne
Profession: artisane du cigare
Si
un vin doit avoir le caractère de son terroir
et la trempe de son vigneron, il en est de même
pour le cigare. "C'est un produit agricole"
commente Maya Selva, les yeux pétillants.
Et elle ajoute: "J'ai été la
première à communiquer sur le terroir".
Et quel terroir! |
Quand tous les amateurs de gros cigares (ils seraient
à peu près 40 000 en France dont 5
000 fumeurs réguliers) ne jurent que par
Cuba (les snobs!), Maya a décidé de
créer ses propres produits au... Honduras.
Par hasard? Pas du tout.
Née dans le Cantal, en Auvergne, la mère
de Maya prépare Sciences-Po à Paris
quand elle rencontre un pianiste (pour satisfaire
l'hémisphère droit) et ingénieur
(pour stimuler le cortex gauche et nourrir sa famille).
L'Auvergnate le suit au Honduras où Maya
va vivre jusqu'à 16 ans.
Plus
romantique que révolutionnaire
Retour
en France. La pension à Tulle est un horrible
souvenir mais - visiblement - la garante d'une scolarité
réussie (à défaut d'être
épanouie). Bac, études en sciences
économiques, diplôme d'ingénieur,
mastère en recherches opérationnelles.
C'est tout? "Oui" s'amuse Selva qui avoue
un spleen profond pour les statistiques et mathématiques
plus ou moins appliquées aux oscillations
des cours des matières premières.
Elle affirme ne pas être concernée
par l'ennui. Faut voir. Début des années
90, Maya fait ses valises pour retrouver les racines
de son enfance. Son terroir. "Pendant trois
ans, j'ai fumé le cigare" dit-elle.
"Des mauvais cigares" ajoute-t-elle. "Des
produits exportés aux Etats-Unis, fades et
sucrés. Un jour, on m'a dit: ''Si nos cigares
ne sont pas bons, fais-les à ton goût!''
Je n'y connaissais rien. J'ai appris: plantation,
transformation, roulage, commercialisation".
Cette révolutionnaire - tendance romantique
- qui juge que, sans mai 1968, elle n'aurait toujours
pas le droit de parler à table, a ainsi créé
le trait d'union entre l'Europe ("terrain en
friches pour le cigare") et le Honduras ("le
savoir-faire du deuxième pays producteur,
après Saint-Domingue), entre ses deux cultures.
"Je
les appelle mes laitues"
Exigeante,
elle passe vingt semaines par an sur place pour
tout surveiller. "Quand j'arrive, les Honduriens
se planquent pendant trois jours" s'amuse-t-elle.
"Ils ont tendance à me rouler dans la
farine" avoue-t-elle sans vraiment s'en offusquer.
"Avant de rouler un cigare - ce qui prend dix
minutes -, il y a deux ans de travail. Et de nombreux
incidents possibles. Ajoutez les problèmes
de stockage ou de transport, les variations de températures
qui font éclater les cigares. Ils sont fragiles.
Parfois, quand j'en ai marre, je les appelle mes
laitues".
Vous l'aurez compris, Maya Selva a de la trempe.
Et ses cigares lui ressemblent. Floraux, boisés,
goût de noisette grillée ou de pain
chaud. "Je suis sans doute la seule femme artisan
du cigare fait-main au monde. Mais je préfère
parler de mes produits. Parce que le vrai émerge
toujours du faux".
Au marketing, Maya préfère l'authentique.
Et toc!
-Flor
de Selva, 4 place de Valois, 75001 Paris. Téléphone:
01.40.15.05.65. |