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Bertrand Thomas,
co-fondateur de Caudalie

Point de rencontre: Bertrand Thomas, co-fondateur de Caudalie
par Marie-Christine Copti - Amabilia.com -


Ils sont deux: Bertrand Thomas et Mathilde Cathiard-Thomas. Ils sont jeunes et ils ont cru dès le début de leur aventure à leurs actifs: le raisin et la vigne… et ils ont eu raison! Aujourd'hui, la marque Caudalie est distribuée dans 20 pays; on retient son nom dès la première fois, les plus grandes stars ne jurent que par elle et il suffit d'un échantillon pour y succomber.



Bertrand Thomas nous lève le voile sur ce projet qui semblait tellement fou au départ: monter une ligne de soins à base de pépins de raisin et plus tard, un centre de vinothérapie.

Marie-Christine Copti : Racontez-nous comment a débuté l'aventure Caudalie

Bertrand Thomas : L'aventure Caudalie a commencé en 1993 quand on a rencontré un chercheur de la Fac de Pharmacie de Bordeaux qui nous parlé des vertus des pépins de raisin et de la vigne en général. Il nous a parlé du " french " paradoxe, vous savez le fait que le vin rouge consommé modérément est bon pour la santé, essentiellement contre les maladies cardio-vasculaires.
Les parents de Mathilde étant propriétaires du Château Smith Haut Lafitte, on a eu l'idée de réutiliser toutes ces vertus thérapeutiques de la vigne et du raisin dans le cadre de produits cosmétiques, à priori anti-rides.
Donc, pendant deux ans, on a réfléchi à ce projet, on a cherché les réseaux de distribution et à savoir les investissements qu'il fallait faire. Et en 1995, on a accouché de nos trois premiers produits.
On n'avait pas beaucoup d'expérience, on n'est pas un grand groupe et je pense que c'est ce qui a fait notre force au départ. On a tout fait étape par étape, on s'est mis dans dix pharmacies à Bordeaux, ensuite dans une ou deux pharmacies à Paris, on a appris notre métier.
On recherche vraiment la qualité de la formule, ensuite on fait beaucoup d'échantillons pour essayer les produits et en troisième position, on écoute beaucoup les consommatrices. Notre service-consommateurs recueille toutes les suggestions des consommatrices sur nos produits. Petit à petit, la marque s'est développée et on est aujourd'hui dans vingt pays. On a même été copié!

M.C.C. : Et quelles sont les fonctions de chacun d'entre vous?

B.T. : Au départ, à la création de l'entreprise, on s'est réparti les rôles de manière rigoureuse et complémentaire. Les six premiers mois d'étude avant la création, on s'est rendu compte que moi, j'aimais la partie gestion, finance. Je suis plus organisé, plus ordonné et j'aime beaucoup la vente. Mathilde avait plus de sensibilité pour les formules, les produits, les textures, les odeurs. On a l'habitude de dire pour résumer qu'elle dépense l'argent et que moi, je le gagne! (rires)

M.C.C. : Vous collaborez toujours avec le laboratoire à Bordeaux?

B.T. : Absolument. On a une convention de recherche, c'est un contrat géré par l'état. Nous, on donne de l'argent à un organisme administratif qui le reverse à la Faculté de Pharmacie de Bordeaux et cela nous donne le droit d'utiliser les laboratoires, les éprouvettes, les ordinateurs,… On a embauché en plus à l'interne une chercheuse qui est notre salariée depuis 1996 et qui travaille avec la Fac. On a déjà déposé trois brevets.

M.C.C. : Quelles sont les parties de la vigne et du raisin qui sont utilisés dans vos produits?

B.T. : Tout d'abord au niveau du pépin de raisin, les châteaux utilisent le raisin et le pépin pour faire du vin. Juste après eux, on récupère le pépin et on va réussir à en extraire les polyphénols qui sont dans la cuticule, la peau, du pépin de raisin. Notre méthode d'extraction par macération fait que le pépin de raisin est intact. Une tonne de pépins de raisin donne seulement un kilo de polyphénols. Après, on va pouvoir envoyer notre pépin de raisin à l'huilerie qui en l'écrasant va faire de l'huile.
On taille aussi les sarments de vigne de janvier à mars, on récupère deux cent tonnes de sarments et là, on va extraire du resvératrol qui est un actif. Il permet entre autre d'accélérer le renouvellement des cellules de la peau.
On utilise la vinolevure qui est un extrait de l'écorce de levure de vin. Elle est désensibilisante et apaisante, elle permet à la peau d'améliorer ses défenses immunitaires.
On utilise aussi le parfum de la fleur de vigne qu'on essaie de reconstituer.
Il y a aussi l'eau de raisin qu'on récupère au moment des vendanges. Cette eau est pure, végétale et elle a été filtrée par les racines du pied de vigne et par le fruit.
On utilise de la bentonite qui est de l'argile que les vignerons utilisent pour clarifier le vin dans la barrique. On l'utilise dans le masque purifiant; cette argile va absorber toutes les impuretés de la peau.
Il y a les extraits de vigne rouge aussi. La vigne rouge est très bonne pour le drainage lymphatique et nous la mettons dans notre bain minceur et hydratant.

M.C.C. : Parlez-nous du spa Caudalie, en France, qui a suivi le lancement des produits

B.T. : On a lancé la gamme en 1995 et on a ouvert le spa en 1999. La vinothérapie est l'utilisation des vertus thérapeutiques de la vigne et du raisin associée aux vertus de l'eau de source chaude qu'on va puiser à 540 mètres de profondeur. C'est une idée qu'on a eu parce qu'on avait cette grande expérience pharmaceutique sur les actifs de la vigne et du raisin et on trouvait que le milieu viticole est constitué de gens passionnés, dans des environnements magnifiques et que c'était dommage de ne pas développer ce tourisme.
Au départ, l'idée était d'avoir un hôtel au milieu des vignes du Château Smith Haut Lafitte et dans lequel il y aurait eu une ou deux cabines.
Ensuite, on s'est dit qu'il fallait faire un vrai institut au milieu des vignes et puis pendant un an, on a travaillé les soins. On a fait des enveloppements, des bains, des soins du visage, des massages sous affusion. Le concept de vinothérapie s'est construit en quelques années. On a crée une nouvelle mode originale et unique au monde.


M.C.C. : Est-ce que le raisin et la vigne, et donc Caudalie, nous réservent d'autres surprises?

B.T. : Oui. Les asiatiques n'ont pas les mêmes besoins que nous. Ils ont peu de rides, voire pas du tout, ils ont d'autres problèmes. Et dans la vigne, on a trouvé des actifs qui peuvent répondre à leurs besoins. On travaille sur des nouvelles méthodes cosmétiques, de nouvelles textures, sur des revendications que les asiatiques et les africains ont. Aujourd'hui, le challenge Caudalie est d'ouvrir des marchés qu'on n'a pas ouvert jusqu'à présent.

Les produits Caudalie sont vendus en exclusivité à la boutique Jeff, chez Ogilvy, 514-842-7711, poste 317.


 
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