L’autre Venise - Venise comme la vivent les Vénitiens
par Marion Kameneff - Amabilia.com
«-Ciao Enato!
-Roberto! Come stai?!» D’un bord à l’autre du canal qui resurgit à la fin de la Via Garibaldi, les passants se saluent. Accoudé à la rambarde qui délimite l’avenue comblée de l’eau, un jeune vénitien regarde la scène en sirotant un ballon de prosecco. Il est 19 h, les fumeurs sortent du petit bar de Sergio et Amalia, le verre à la main. Autour, les enfants jouissent d’être, le soir venu, libérés de l’école. La nuit tombe, les images de la journée se posent doucement dans les mémoires. |
Venise est une brèche dans l’espace-temps, une fenêtre sur le passé d’où l’on plonge dans un bain de couleurs, de parfums et d’images en laissant à la surface la fureur et la modernité. C’est ce qui retient peut-être chez elle ses 66 000 habitants, malgré l’invasion annuelle de près de 4 millions de touristes, venus profiter de ce même répit.
Retranchés dans les quartiers moins touristiques du Dorsoduro hier (aujourd’hui très prisé par les Américains) et du Castello aujourd’hui, ils profitent de la vie dans un décor inchangé depuis près de 800 ans.

Retranchée derrière l’Arsenale, ancien chantier de construction navale de Venise, et aujourd’hui
encore immense zone militaire interdite au public, la partie Est du quartier tranquille du Castello
abrite les maisons des Vénitiens.
«Dans ce musée flottant, Castello est la galerie de la vie, la Via Garibaldi la passerelle de l’authentique et du quotidien», me confiait, presque comme la clé de son trésor, le vieux patron d’un des cafés les plus populaires de l’avenue.
Incursion dans le quotidien des Vénitiens, ou comment profiter de Venise loin de San Marco et du Rialto.
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