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Passeport Culture: Thaïlande, le Royaume des éléphants
par Christine Castiglioni


Bangkok est un gigantesque patchwork de traditions et de modernité, une ville magique. L’incroyable Palais Royal (un kilomètre carré de merveilles où vit toujours la famille régnante), les innombrables Buddhas, assis, couchés ou debout, en or, en jade, en pierres précieuses, ou le vieux marché aux fleurs, petit éden dans le quartier le plus vieux de la ville, voisinent avec les centres commerciaux et les buildings de verre. La ville a sa partie lacustre: les khlongs, des canaux qui abritent des serpents et des iguanes, la parcourent en tous sens. Sur les rives, des maisons sur

pilotis, faites de bric et de broc, et des résidences luxueuses, construites en bois précieux. C’est le seul endroit où le calme règne. Partout ailleurs, la circulation et le bruit sont impressionnants, de jour comme de nuit. La vie nocturne de la capitale est légendaire. En

Thaïlande, peu importe l’heure quand il s’agit de faire du shopping, de s’amuser ou de manger. Avec sa multitude de gargotes où l’on mange sur le pouce pour trois fois rien, le marché de nuit est d’ailleurs une véritable institution.

Les femmes y préparent des plats simples dont l’incomparable “som tam”, une salade de papaye verte très épicée à manger avec du riz gluant (pas gluant du tout!).
Mais à Bangkok, pas d’éléphants. C’est la seule ville du pays où l’animal n’a pas le droit d’entrer. Partout ailleurs, il est le bienvenu. Il est même vénéré.

Le pays des éléphants

Au nord-est, la province de l’Isan est restée telle que par le passé, imprégnée de la civilisation Khmer. Les hommes s’affairent dans les rizières tandis qu’assises sur le pas de leurs portes, les femmes tissent une soie incroyablement épaisse sur leurs métiers de bois. Chaque matin, les enfants partent à l’école dans leur uniforme bleu et blanc et la vie s’écoule au rythme des saisons. On y vient surtout pour visiter le jardin royal de banians, vieux de 350 ans, et les temples – Phimai, Phnom Rung… - qui jalonnent la région ou pour acheter à moindre prix des objets et des bijoux en argent ciselé, comme au marché de Chong Chom, à la frontière du Cambodge.

Et sur le passage, l’arrêt à Surin est obligatoire. La ville est un peu la patrie des éléphants. En novembre, se tient un festival à leur gloire. Dès six heures du matin - le soleil est déjà haut -, la cité est en effervescence. Des milliers de spectateurs attendent impatiemment le début de cette fête unique pendant laquelle des éléphants vont montrer ce qu’ils ont appris à l’école des éléphants, la seule en Thaïlande. Ils sont déjà une bonne centaine et il en arrive encore! Avant leur entrée, ils avalent d’impressionnantes quantités de canne à sucre, pendant que leurs cornacs, leurs seuls maîtres, les préparent. Au programme, douche et brossage y compris pour les petits attachés à leur mère – comme le veut la tradition. Et les passants se promènent au milieu. Comme on se sent petit au cœur d’un immense troupeau d’éléphants!
Quand les trompettes des bonzes sonnent, accompagnant les écrans de fumées sacrées, les éléphants, cornacs juchés sur leur cou, se ruent dans le stade, accompagnés d’une multitude d’enfants costumés.

Les stars du jour


Les éléphants savent jongler, jouer au basket, peindre des tee-shirts, enjamber des hommes à terre sans les piétiner. Et ils n’ont qu’une matinée par an pour le montrer. Plus ils sont âgés, plus ils ont de talents. Les plus jeunes se contentent de danser avec des enfants. L’effet est saisissant: au bleu des cornacs s’opposent les soies orangées des danseurs, qui portent le traditionnel vêtement Khmer. Le clou du spectacle, qui marque aussi la fin, est la reconstitution de la grande bataille qui opposa les Birmans et les Thaïlandais. Ces derniers gagnèrent grâce à leurs éléphants. Les animaux sont harnachés et équipés royalement, comme à l’époque.
La fête se poursuit dans les rues, transformées en immense foire que l’on visite à dos d’éléphant, tout en dégustant des sauterelles ou de vers frits, une gourmandise très prisée.
Pour finir en beauté, rien ne vaut un véritable massage thaï qui remet les os et les muscles en place. Décidément, dans ce pays, tout est inoubliable.

-Pour plus de renseignements, contactez l’Office du tourisme:
www.tourismthailand.org

Photos: Christine Castiglioni

 
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