
Photo: Sur les interminables plages de sable fin, fréquentes le long du littoral, le temps semble s’être arrêté. © Marion Kameneff |
Passeport Nature & Découvertes: Douceur de vivre à l’Île-du-Prince-Edouard
par Marion Kameneff - Amabilia.com -
Au pays d’Anne
Difficile d’évoquer l’Île-du-Prince-Édouard sans rappeler ce roman de 1908 qui l’a rendue célèbre à travers le monde : Anne… La maison aux pignons verts. Aujourd’hui, près d’un siècle après sa première parution, les traces de l’héroïne imaginée par Lucy Maud Montgomery sont omniprésentes, surtout dans la partie centrale de l’île. À Cavendish, on peut admirer le décor de l’intrigue et même voyager dans le temps en visitant la maison Green Gables, où sont reconstitués les costumes de l’époque. À Dalvay-by-the-Sea, on peut visiter |
l’hôtel qui apparaît dans le film illustrant le roman, paru en 1985.
Au Centre des Arts de la Confédération, la comédie musicale Anne et Gilbert connaît toujours autant de succès. Dans le hall du théâtre, on remarque tout de suite la réplique en sucre de Green Gables, offerte par un des nombreux clubs d’admirateurs nippons. Il faut dire qu’au Japon, le roman de Lucy Maud Montgomery est inscrit au programme scolaire. Le franc parler d’Anne ainsi que son caractère insulaire et déterminé en fascinent plus d’un.
Savoir vivre, c’est aussi savoir manger!
Longtemps connue sous le nom de «ferme au million d’acres», l’Île-du-Prince-Édouard est réputée dans le monde entier pour ses pommes de terre. On ne se doute pas qu’avec sa situation insulaire, le Fish and Chips y est de rigueur, et d’une fraîcheur remarquable. Mais ce n’est pas tout, un tour au marché fermier de Charlottetown permet d’apprécier la richesse de la production locale. Des fruits de mer aux savonnettes à l’anis, en passant pêle-mêle par les carottes multicolores, les confitures de bleuets, les haricots croquants, la bière ou les objets en bois tourné, il est difficile de repartir les mains ou l’estomac vides.
A ne pas manquer: le saumon fumé médaillé de Kim Dormaar, que l’on retrouve dans les meilleurs restaurants de l’île.
Depuis qu’une école de cuisine a ouvert ses portes à Charlottetown, la gastronomie a pris une place exceptionnelle sur l’île. Autant pour leur emplacement, leur service que leur menu, les endroits recommandables ne manquent pas.
Charlottetown, petite ville aux allures grandioses
La capitale de l’île ne compte peut-être que 32 500 habitants mais pendant la période estivale, les activités se bousculent au Centre des Arts, souvent orchestrées par la jeune Compagnie de la Confédération, qui offre sous le soleil des spectacles gratuits de grande qualité sur le thème de la colonisation du Canada. L’air empreint de fédéralisme, les rues arpentées de gens en costumes d’époque, la province est fière de son rôle historique dans la fondation du pays. En effet, on désigne l’Île-du-Prince-Édouard comme le Berceau de la Confédération canadienne, puisque c’est à la Province House de Charlottetown que s’est déroulée en 1864 la Conférence réunissant les Pères de la fédération, gouverneurs des différentes provinces de la région. On peut encore aujourd’hui visiter ce lieu historique d’architecture néoclassique où la majorité du mobilier et de l’aménagement a été conservé comme à l’époque, ainsi que la salle de l’Assemblée législative où siègent depuis 1847 les députés du gouvernement provincial, la deuxième plus vielle Assemblée législative encore active au Canada.
Charlottetown est aussi une ville où il fait bon de se promener dans les rues juchées de superbes maisons anciennes, dont la prestigieuse Great George, une succession de petites maisons d’époque luxueusement aménagées en hôtel depuis 1857. Ne manquez pas non plus la grandiose Basilique de St Dunstan, reconstruite en 1919 dans un style gothique, dont les plus hautes tours servent de mesure aux architectes de la ville puisque la loi veut qu’aucun immeuble ne les dépasse. Et quand le soir vient, il suffit de choisir une des nombreuses terrasses de la rue piétonne ou du centre ville pour déguster les nombreuses bières brassées sur place.

Photo: Même sous un ciel menaçant, les fameuses dunes paraboliques de
Greenwich conservent toute leur splendeur. © Marion Kameneff
Quelques repères
Dès le 17ème siècle, les pêcheurs français profitèrent des importants stocks de morue des alentours de l’île mais il faudra attendre le début du 18ème siècle pour que les Européens ne s’y installent durablement. Alors connue sous le nom d’Île-Saint-Jean, elle deviendra en 1799 l’Île-du-Prince-Edouard lorsque les britanniques, propriétaires depuis 40 ans, la rebaptisent en l’honneur du quatrième fils du roi Georges III. Il est coutume de dire qu’en réaction à l’indifférence du prince Edouard, les habitants se contentent de s’auto désigner du nom neutre d’«insulaires». Environ 80 % de la population est d’origine anglaise, principalement écossaise. Il resterait 15 % d’Acadiens, la plupart issus des familles qui se sont cachées dans la forêt grâce à l’aide des Autochtones pour échapper à la déportation. Si l’anglais est la langue la plus courante, le programme d’immersion en français connaît beaucoup de succès et on estime que 20 % des jeunes sont bilingues, un chiffre en importante augmentation. Généralement, toutes les activités sont aussi proposées en français.
D’abord exploitée pour son bois, la région a profité du très ample défrichage pour se tourner vers l’agriculture lorsque l’industrie navale a connu son déclin, à la moitié du 19ème siècle. La terre rouge riche en fer et sablonneuse qui couvre le tiers de l’île est idéale pour la culture de la pomme de terre. En parcourant les routes de l’île, on longe un nombre infini de champs de patates, tandis que la terre rouge prend toute sa splendeur Les principales activités économiques sont à ce jour l’agriculture, dont le dynamisme aide à conserver la répartition de la population sur le territoire rural, le tourisme et la pèche.
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- Questions pratiques
- Carnet d'adresses: Île-du-Prince-Edouard
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