
VIENNE, AUTRICHE, par Christine Castiglioni
Qui se cache sous la toile?
Patrie de Mozart, Freud, Klimt mais aussi de Sissi, la capitale autrichienne s'offre une nouvelle jeunesse et se révèle créatrice, voire avant-gardiste. A côté des cafés tricentenaires, fleurissent bars branchés et guinguettes alternatives. D’anciennes écuries royales abritent le fameux Museums Quartier (MQ), dédié à l’art contemporain, et l’un des dix plus grands complexes culturels de la planète. Pour autant, Vienne n’en oublie pas ses classiques et rend hommage à la peinture renaissance italienne avec l’exposition “Le dernier Titien et la sensualité en peinture” au Musée des Beaux-Arts, jusque début janvier 2008. Des toiles majeures nous montrent à quel point le style de Le Titien était en avance sur son temps.

Photo: Musée de l'Albertina. © Albertina (Alexander-Ch.-Wulz)
Elles prouvent aussi que le maître ne peignait pas tous ses tableaux. Croulant sous les commandes, il avait en effet installé un grand atelier à Venise. Il confiait ses œuvres à un cercle étroit de sept à dix peintres. Parmi eux figuraient notamment ses proches parents: son frère Francesco, son fils Orazio et son cousin Cesare. En outre, une dizaine, voire une quinzaine d’artistes travaillaient occasionnellement pour lui. Quelles parties du tableau furent peintes par le maître et quelles autres furent confiées à son atelier, voilà ce que nous révèle l’exposition viennoise.
En raison de ses touches de peinture, le style du grand peintre fut qualifié dès le XVIe siècle de tachisme et s’apparente même à certains égards à l’expressionnisme. Le Titien était un visionnaire qu’il est bien agréable de redécouvrir sous les ors de la capitale autrichienne.
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