
Photo: © Karyne Duplessis Piché
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La Bourgogne - Millésime 2007
par Karyne Duplessis Piché - Collaboration spéciale Amabilia.com
Seulement deux mois après les vendanges, alors que les cuvées en sont encore aux balbutiements de leur potentiel, les plus grands acheteurs de vins s’arrachaient les grands crus à la vente des vins des Hospices de Bourgogne. Et pendant que les prix s’envolent, les spécialistes, eux, analysent.
Aux prémices de l’été, les excellentes conditions climatiques du printemps étaient réunies pour forger un grand millésime. Et puis, il y a eu un revirement de situation soudain avec un été froid, de nombreuses pluies et des vendanges effectuées trop tôt pour certains. Le virtuose s’est alors transformé en désastre.
Bien que plusieurs s’attendaient au pire, dans les nouvelles caves des Hospices de Beaune, les plus fins palais de France, voire du monde entier, s’étaient réunis pour mettre à l’épreuve cette nouvelle cuvée |
2007 des vins de Bourgogne où les surprises étaient au rendez-vous. En effet, la cuvée 2007 ne sera pas un grand millésime, mais plutôt un millésime de vignerons où certains domaines sauront se tailler une place.
Les experts commentent
D’après l’incontournable Georges Pertuiset, meilleur sommelier de France en 1980 et ancien président de l’Association des Sommeliers de France de 1996 à 2004, «l’ensemble des blancs regroupe de bons produits. Pour les rouges, c’est beaucoup moins homogène. En général, ce ne sera pas un millésime de très grande garde, mais il y aura de belles réussites.»
M. Jean-Pierre Renard, fin connaisseur des vins de Bourgogne et professeur de dégustation au Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole et à l’École des vins de Bourgogne, confirme que «les rouges seront dans l’ensemble assez souples et très fruités avec des tanins d’une certaine élégance.» Si la tendance se maintient dans les cuves, les rouges pourraient donc se bonifier pour les cinq ou six prochaines années. Il faut toutefois faire la nuance, ce sera un millésime de garde moyenne qui sera rapidement prêt à la consommation.
Du côté des blancs, le soleil de septembre a donné au chardonnay tout le potentiel pour s’épanouir. Ceux qui auront su vendanger plus tard et faire un tri méticuleux obtiendront des vins fort bien structurés et équilibrés avec d’excellentes qualités aromatiques. M. Renard ajoute: «C’est une grande année pour le chardonnay! Il y a très belles choses. Tout particulièrement dans le Macônnais, la Côte Chalonnaise et la Côte de Beaune. Mais nous en reparlerons lorsque l’élevage sera plus avancé.»
La vente des vins confirme
Lors des Trois Glorieuses, le troisième week-end du mois de novembre, Roland Masse, régisseur du Domaine des Hospices, a ouvert la vente des vins d’Hospices sur ce ton: «C'est un millésime de choix, un millésime de patience.» Le secret: tout comme plusieurs vignerons, les vignobles des Hospices ont beaucoup trié. Et les résultats parlent d’eux-mêmes! Lors de la 147ème vente des vins d'Hospices de Beaune, les 41 cuvées mises aux enchères auprès d'un parterre d'acheteurs internationaux ont atteint des sommes remarquables. Le tri, combiné à un savoir-faire axé sur la qualité et non la quantité, a fait grimper les prix des rouges qui se sont envolés avec des augmentations moyennes de plus de 25 % pour chaque pièce. Le Clos de la Roche, par exemple, a été vendu à 36 000 € (54 000 $) chaque tonneau*. Une augmentation de 40 % par rapport à l’année précédente. Il est certain que pour les amateurs et spécialistes, qui sont de plus en plus nombreux, la rareté des produits engendrent des hausses faramineuses. Aussi, note M. Renard, «cette envolée du cours des rouges traduit l'intérêt pour les grands Bourgogne rouges sur la scène internationale.»
Quant aux blancs, malgré leur potentiel de réussite à la hausse, ils ont accusé une petite baisse par rapport à 2006. Ainsi la première cuvée de bâtard-montrachet est partie à 52 000 € (78 000$), ce qui représente 20 % de moins qu'en 2006.
Sur les tablettes
Puisque tout millésime n’est pas prêt à boire dès l’année de sa vendange, les Bourgogne 2007 feront leur apparition en 2009. Les rouges auront déjà acquis une belle maturité, et les blancs devraient avoir développé cette complexité qui leur est propre en Bourgogne.
* Un tonneau de vin équivaut environ à 300 bouteilles. Spécialistes comme amateurs achètent ceux-ci et, 18 mois plus tard, les Hospices mettront le vin en bouteilles. Ainsi, les acheteurs auront une importante quantité de bouteilles destinées à la vente ou à la consommation.
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