partage avec les autres, famille et amis, se ressent comme un besoin. La convivialité, la simplicité de recevoir chez soi sont essentiels pour tester les recettes lues dans des livres de recettes ou essayées dans des ateliers de cuisine. Par ces rencontres culinaires, le plaisir sans complexe ramène dans les menus des aliments trop longtemps bannis par les multiples régimes. Le pain retrouve sa place sur les tables mais en prenant des allures «santé», aux grains entiers, aux fruits ou aux légumes. Le beurre s’insère à nouveau dans les préparations, les pommes de terre sont cuisinées sans hantise.
Exit les interdits, du moment que la qualité soit au rendez-vous, que les quantités et la fréquence soient équilibrées.
Parce que la sant é passe par l’assiette, sans obsession, la recherche du bon, du vrai et du varié prime sur le calcul des calories. Nous aurons même fait la paix avec les desserts, qui s’allègent mais restent gourmands, qui reviennent en fin de repas, préparés par nos soins ou procurés chez un grand pâtissier. D’ailleurs, en plus des chefs de cuisine, les nouvelles stars sont les pâtissiers et leurs desserts renversants. Épater ses convives ne se limitera plus seulement au plat principal mais commencera dès l’apéritif pour se terminer à la dernière bouchée du dessert. L’exigence est de mise mais le plaisir règne.
Mais comme la vie ne permet par d’être toujours devant les fourneaux, les restaurants ne désemplissent pas. La cuisine «de tradition», surtout française, continue d’influencer mais s’assouplit et se libère grâce à une nouvelle et jeune génération de chefs, Générations.C, qui à l’heure de la mondialisation prend sa place. D’autres pays aussi verront leurs chefs être reconnus, comme l’Espagne (outre Ferran Adrià), la Chine et l’Angleterre. D’ailleurs, les cuisines chinoises et africaines connaîtront un succès sans précédent dans les années à venir. Leur diversité et leurs nuances seront enfin explorées, décryptées, mieux comprises.
Et il arrive aussi à (presque) tout le monde d’être adepte parfois du prêt-à-manger qui se raffine, toujours plus frais, avec moins de sel et de sucre, sans conservateur. Les plats évoluent, le plaisir peut aussi s’y retrouver et des recettes typiques africaines, indiennes et chinoises imposeront un choix plus vaste. Qui dit rapidité, dit aussi repas pris au travail, sur la route, debout ou assis; les emballages se modulent pour plaire aux gastronomes nomades. Nomades aussi par leur envie d’explorer le monde des saveurs, de s’en inspirer et de découvrir d’autres cultures.
La recherche du vrai oblige à retracer la chaîne de production. Pas forcément équitable, le commerce devra répondre aux questions et aux préoccupations de tous les «consommacteurs», ces consommateurs engagés qui exigent des produits de qualité, tout en évitant de polluer et en devenant responsable de leurs achats.
Cette harmonie entre santé et plaisir, lenteur et rapidité, sédentarisme et nomadisme, conscience et ouverture, permet à la cuisine de s’étendre et d’explorer de nouveaux horizons.
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