
Cette année, en guise de gage de bonheur organoleptique (du grec léptikos, qui calme, mais surtout capable d’impressionner un récepteur sensoriel), la version montréalaise du Salon International de l’Alimentation (SIAL) portait en son plumage le quintessenciel extrait des fruits du légendaire rameau. Il y avait dégustation d’huiles d’olive. Et c’était la principale raison pour laquelle j’y suis allé. Visite guidée, rien de moins, avec Céline Venne des Saveurs du Terroir (www.lessaveursduterroir.com)
Pour ma part, j’ai fait pour vous la dégustation à la dure, à l’instar du Salon des Vins, debout sur une patte, dans le bruit et la foule, besace en bandoulière, kiosque par kiosque; et, pour concentrer un peu l’effort (paresse du dégustateur oblige) j’ai profité d’un nombre (hélas limité) parmi les huiles concourantes, agréablement disposées dans un coin du salon pour en faciliter l’approche. Et puis, j’ai triché aussi, en dégustant, pour faire changement, trois huiles d’avocat, dont deux bio, en provenance du Chili. Le tout à découvrir dans le (désormais légendaire) tableau qui suit toujours en fin de rubrique.
Drôle d’idée ou idée de drôle: huiles d’olive / cigares ?!?
A ce stade-ci, vous vous demandez peut-être (en tout cas vous devriez) mais pourquoi donc nous fait-il la rubrique huiles d’olive (toutes pacifiques soient-elles, avec un rappel d’étymologie grecque dans une année bissextile de jeux olympiques)??? Mais bien évidemment (ah bon!) encore une fois dans le contexte des cigares. Pensez-y un instant: huile d’olive = nez + bouche + gorge… si ça n’est pas un appel du pied au complémentaire cigare, il y a de «l’organoleptie» qui s’est perdue dans les méandres de mon propos.
Plus sérieusement, je pense que les huiles d’olives de qualité, grâce à l’équilibre de leurs saveurs (noix, noisette, pistache, argane, etc, pour excellentes fussent elles, pêchent par des arômes prononcés, trop longs et présents en bouche); et leur acidité somme toute réduite, forment un excellent prélude gastronomique au fumeur de cigares. C’est le bon corps gras qui enveloppe les mêmes organes sollicités «leptiquement» par les volutes.
Retour sur le futur du passé déjà disserté
Quand je vous dissertai sur les vins et les cigares, j’insistai sur la quasi-absence de consommation des deux délices en même temps. Je réitère également, avec fougue et vigueur, mon conseil cette fois-ci: huiles d’olive d’abord, comme vous l’aimez, nature (à la cuillère ou à la louche), avec pain, et tous les aliments de votre choix … cigares ensuite.
Le SIAL sans huile
Une parenthèse clin d’œil toutefois sur le SIAL, hors huiles d’olive. Je ne m’épancherais pas sur les attributs de taille, d’espace et d’organisation; très honnêtement, je n’y ai prêté qu’une distraite attention. En sus de sa clientèle professionnelle, c’est un salon intéressant pour les amateurs de gastronomie et de techniques culinaires (dans le sens large, technologies mais aussi disponibilité de forme des aliments, surgelés, séchés, en conserves particulières, en paquets ré-utilisables…). Cette année, comme de coutume, il y avait des condiments en masse. Il y avait aussi dominance de la canneberge, incluant justement à titre de … condiment.
Le tableau
A moins de finir confit après une exhaustive tournée du salon, je me suis limité à un nombre d’huiles dégustées bien inférieur à toutes celles qui y étaient disponibles. Pour ma part, j’ai décidé de déguster à la cuillère, sans pain ni autre artifice, en me concentrant sur trois facteurs: nez, bouche, gorge (étant donné l’effet en gorge que produit l’huile d’olive pure). Et pour faire la pause, je prenais de temps à autre un petit carré de chocolat noir; un délice de combinaison (approprié, comme par hasard, aux cigares). Je vous invite, que dis-je, je vous conjure d’essayer: baguette de pain blanc ou pain de mie neutre, filet d’huile d’olive et quelques carrés de chocolat noir à peine chambré (dans le creux de la main). Un délice, vous en redemanderez !
Les limites de cette dégustation
L’environnement du salon et les contenants utilisés (la cuillère en plastique blanc ou le petit gobelet opaque en carton plastifié) ne me permettaient pas de vous entretenir des couleurs, reflets et autres attributs similaires. Il n’était raisonnablement pas possible (ou facile) d’avoir les prix au détail suggérés. Non plus les variétés d’olives pour chaque huile dégustée. Toutes ces huiles sont extra vierge et de 1ère pression à froid, certaines sont bio. Je n’ai pas osé m’aventurer sur les accords entre ces huiles et vos mets préférés, ni recommander (cette fois-ci) les cigares qui suivraient.
Voilà. Alors, je vous tends un rameau et on fait la paix!
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