inédites. Mais il ne suffit pas de s'arrêter
à un ingrédient, encore faut-il vérifier
son impact réel.
De
l'éprouvette à la peau
Il
est possible de le faire de façon objective par le
biais de tests in vitro (en éprouvette) effectués
sur des cultures de cellules.
Cela fait, des tests in vivo sont menés sur des "cobayes"
humains choisis
et ravis! À ce stade, plusieurs
outils de mesure (lipomètre, dermodiag, torquemeter,
doigt haptique) permettent de jauger l'impact d'un produit
sur la peau en terme d'excrétion sébacée,
d'hydratation, de fermeté et de douceur.
Simultanément, on mesure l'innocuité ainsi
que l'agrément cosmétique (texture, odeur,
pénétration, etc.) du produit. "Nonobstant
la technologie, la beauté est de plus en plus une
affaire sensorielle" reconnaît Patrick Bousquet-Chavanne,
PDG d'Estée Lauder. Conséquemment, il serait
suicidaire de commercialiser une crème oculaire irritante
ou un baume labial au goût infect.
Vert
menthol, rose moelleux
Il
demeure que le cosmétique n'a pas à prouver
son efficacité comme doit le faire un médicament.
"En ce sens, un fabriquant peut dire que sa crème
réduit l'apparence des rides jusqu'à 80% (nuance subtile
), précise Lionel de Benetti,
PDG des laboratoires Clarins. Rien ne vous assure qu'elle
le fera forcément."
Une fois usiné en quantités industrielles
(chose délicate pour certaines formules), le cosmétique
est enfin emballé. Étanches et hygiéniques,
les pompes airless (sans air) remplacent de plus
en plus les antiques pots de verre. Par contre, les codes-couleur
faciles à décoder restent de mise, qu'il s'agisse
de vert fraîcheur (favori des peaux grasses) ou de
rose crémeux (recherché par les peaux sèches).
En ce qui concerne le maquillage, "le packaging doit
être d'une élégance parfaite, notamment
pour les rouges à lèvres et les compacts,
précise Vincent Ditrichstein, vice-président
au design conceptuel international chez Estée Lauder.
C'est la raison pour laquelle nos étuis de rouges
Electric sont inspirés de l'art Déco, de Le
Corbusier et de l'uvre architecturale de Frank Lloyd
Wright."
Le
murmure marchand
Règle
générale, une nouveauté est publicisée
à grands renforts de réclames. Faut-il conclure
que scientifiques et publicitaires vivent sur la même
planète? "Les chercheurs jugent parfois excessifs
les slogans émanant des départements de marketing,
admet en souriant M. de Benetti. Ensemble, nous devons donc
trouver le juste message à transmettre aux consommateurs."
Mais quel que soit ce message, le public a parfois déjà
fait son choix. Ainsi, les acides de fruits ont fait fureur
dès leur mise en marché par Avon. Immensément
populaire, le rétinol de Roc a ouvert la voie à
toutes les autres vitamines, incluant la vitamine C pure.
Quant aux filtres solaires, ils n'ont pas fini de briller
au soleil comme le prouve le Mexoryl-XL breveté par
le groupe L'Oréal (en cours d'homologation au Canada).
Cela ne signifie pas que des ingrédients classiques
(collagène, avoine, etc.) soient sans intérêt.
L'industrie cosmétique se plaît à raffiner
les molécules valables. Ce pourquoi un collagène
micronisé (de plus petite taille) a pris le relais
du collagène classique. Comme quoi, on n'arrête
pas le progrès
| La
belle et la bête
Les
cosmétiques (soit les formules finies, pour
reprendre le jargon du milieu) ne sont plus testés
sur les animaux depuis plusieurs années. Il
en va de même pour certains ingrédients
renommés (huile d'amande, lanoline, etc.).
La loi exige néanmoins que toute nouvelle molécule
prouve son innocuité sur deux espèces
animales puisque les tests en éprouvettes n'ont
pas l'acuité des tests in vivo. Les
nouveaux produits ne sont donc plus testés
sur animaux; mais les ingrédients inédits
qu'ils contiennent doivent l'être à tout
prix. |
|