Quatre excellents films sur cinq, je ne vais pas me plaindre…
La fiancée syrienne de Eran Riklis
Situation parfois drôle tellement elle est absurde, et le comble, c’est qu’elle est vraie! C’est un film très fort, où les femmes sont l’équilibre, elles permettent ce semblant de paix, elles apaisent les hommes et leurs (bêtes) convictions. Par l’histoire de cette fiancée qui espère, qui n’en peut plus, qui semble même dès le début ne pas y croire, c’est l’histoire de ces peuples, de ce père et ce fils, de cette autre femme qui veut se libérer… Un beau film sur une région oubliée.
Viva laldjerie de Nadir Moknèche
Film choc sur une Algérie féminine, qui se cherche, celle des prostituées, des désespérées, des nostalgiques. Et parmi tout ce brouhaha, une jeune femme qui cherche son bonheur, qui désire se libérer. Une vraie énergie de l’espoir. Un réalisateur que je découvre et qui n’en est qu’à son second film. Avec une actrice qui mûrit et qui a beaucoup de talent, Lubna Azabal.
Free zone de Amos GitaĂŻ
J’ai beaucoup aimé ce film de Gitaï, pour qui j’ai un faible. Natalie Portman est bouleversante dans cette première longue scène (c’est la signature Gitaï), et la musique qui l’accompagne résume le film et la situation. Que signifie la Free Zone pour une Israëlienne juive, une Palestinienne et une Américaine un peu paumée ? Ce film est fluide, et ces histoires malgré tout se rejoignent, elles se ressemblent, tant le passé et le présent de chaque personnage, que leurs vies mises en commun. Mise en scène superposée finement ficelée, Amos Gitaï a réalisé un film abouti.
Raja de Jacques Doillon
Bon, l’histoire: Un Français glande dans son immense maison de Marrakech. Pour occuper son temps, il traîne parmi les jardinières, de jeunes filles marocaines, et les drague minablement. Il rigole avec ses deux cuisinières (scènes qui décrochent un sourire) et s’éprend un jour d’une nouvelle : Raja.
Alors, lĂ , au dĂ©but, c’est pas mal ses jeux d’allusions, d’abandon, de dĂ©sir, on ressent mĂŞme un malaise mais qui reste juste. Sauf qu’au bout d’un moment, les longueurs s’étirent, c’est trop. Stop. Ça n’en finit plus de finir, c’est pĂ©nible.Â
Kekexili - la patrouille sauvage de Chuan Lu
Un film basé sur l’histoire vraie d’une patrouille de volontaires, au Tibet, qui parcourt la région pour empêcher le massacre des antilopes endémiques, recherchées pour leur lainage. L’histoire se déroule lors d’une sortie de cette patrouille de jeunes hommes sur les plateaux de Kekexili à la poursuite d’un groupe de braconniers. Les conditions sont extrêmes. Et il y a le chef de la patrouille, un homme, intransigeant et profondément respecté.
Aucune morale ne transparaĂ®t, ces hommes qui se battent sont admirables mais ils ont aussi leur travers, obligĂ©s par leur vie dure. Et les braconniers aussi ne sont pas jugĂ©s puisque l’on comprend qu’il est question de leur survie, qu’ils sont aussi exploitĂ©s. La vie est complexe…