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Miracles de la vie parisienne….

Thu, Aug 20, 2009

Ambiances parisiennes, En vedette

J’ai un ami qui dit souvent que la vie n’était pas toujours un pique-nique, et que c’était parfois une grosse tartine de m…. C’est un de ces jours où l’on m’a donné rendez vous à une terrasse d’un café montmartrois, La Fourmi, vaguement à la mode. Les clients s’y croisent et s’y dévisagent. On y trouve tout ce qu’il y a de plus fashion ou de plus arty. Certains jours, on peut voir cela comme un spectacle, d’autre comme une sensation vaguement étouffante. Alors que je me plonge dans mon journal le Parisien, je reçois un coup de fil porteur de mauvaise nouvelle. Vous savez la vraie qui fait que l’on entend comme un bruit de cristal brisé dans son cœur… Je raccroche et j’essaie de cacher mes larmes derrière mes mains. Mais la futilité du lieu ne fait que rajouter de la terreur à la nausée et à la sensation de désespoir.

À ce moment-là, je sens une main sur mon bras. « Cela ne va pas, hein ? «

Amusez-vous à répondre à un inconnu quand vous ne savez pas comment vous allez engranger la prochaine bouffée d’oxygène…

Il a les yeux doux. Aussi pétillants que ceux d’un Jamel Debbouze, la générosité en plus. La trentaine, la quarantaine au plus. Et voilà comment un inconnu vous jette une bouée avec une telle assurance que la question ne se pose pas. Je finis par lui lâcher en trois mots mon désarroi. Il prend alors une demi-heure de sa vie pour me parler. Il me raconte des petites histoires. Comme celle de ce type en Afrique qui marche tous les jours 4 heures pour aller faire son boulot de pizzaïolo. « Il gagne 300 euros par mois, en donne 10% aux pauvres et tu sais quoi ? Il est heureux. Le bonheur existe. Partout » Plus, il me parle et plus je ressens comme des onguents qui apaisent mes brûlures. Il a voyagé dans le monde entier, travaillant dans l’humanitaire. Et cet homme a, vraisemblablement, compris l’essence même de la vie. Avant de filer à son rendez vous, il me lance un petit clin d’œil «  T’es jeune, jolie, t’as pas l’air trop conne, la vie va te sourire, il suffit de mettre ta force au bon endroit et tu vas le faire. »

Comme quoi, même quand on traverse les charbons de l’enfer, il y a toujours des petites fleurs sur le bord de la route.

C’est ainsi que deux jours, plus tard, gare de l’est, je vois un vieux monsieur en train de se débattre avec un sac incontestablement trop lourd dans les escaliers. Spontanément, je l’aide à prendre la poignée, et là le sac se déboîte de ses roulettes. Un Africain d’un certain âge dans un même élan rattrape le paquetage et lui dit «Ne vous inquiétez pas monsieur , on va vous aider… » Et alors là, on s’est pris tous les deux une volée de bois verts. « Mais foutez- moi la paix tous les deux, tirez vous, laissez- moi enfin ! » Le décalage entre la violence, les cris et notre bonne volonté nous a fait sentir comme deux petits enfants. Partagés entre le fou rire et terreur, nous n’avons pas demandé notre reste… et on a filé fissa vers le métro.

Mais la vie a ses jolies surprises. Je ne résiste pas au plaisir de vous raconter le dernier miracle qui saupoudré mon quotidien. Quand j’habitais au Mexique, j’avais Oscar mon meilleur ami. Celui avec qui je sortais tous les soirs. On refaisait le monde sur la plage et l’on n’avait notre quotidien émaillé d’habitudes et de rituels qui avaient rapidement scellé une amitié profonde et sincère.

L’année suivante, Oscar était venu vivre en France. Caraïbes-banlieue parisienne, le choc avait été terrible. Il était reparti sur un coup de tête et hasard de la vie, nous nous étions perdus de vue.

Avec les années, il me croyait au Canada et moi je ne le trouvais pas sur Internet.

Il y a quelques jours, je pensais à lui et me disais « S’il y avait une seule personne que j’aimerais vraiment retrouver c’est bien lui. » Mais je n’avais aucun espoir. Chacun de mes voyages au Mexique s’était soldé par une déception, j’avais perdu sa trace. Trois jours après mon élan de nostalgie oscarienne, on me laisse un message à 4h18 du matin sur mon portable.

Mon frère, en vacances au Mexique, venait de rencontrer Oscar au moment où il quittait l’hôtel. « Vous ne seriez pas de la famille de Katia ? «  Une phrase, une seule petite phrase et les wagons se sont raccrochés. Oscar me laissait un message sur le répondeur. « Je désespérais de retrouver… » La providence avait donc entendu mon appel…

Comme disait le psychiatre italien Willy Pasini : Y a t il que des hasards ou simplement des moments de vie où l’on est plus disponible à accueillir ces signes de la vie ? Allez savoir…

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Katia Chapoutier - a ecrit 60 messages sur Ma vie parisienne par Katia Chapoutier.


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3 Commentaires dans cet article

  1. Stephane Ribeiro ecrit:

    Ca me fait penser à “La vie est belle” de Capra, la neige en moins, forcément, c’est pas la saison… Mais le message est le même… Revois le, ça aussi, ça remonte bien !

  2. Fanny Calhau ecrit:

    Il a raison ton inconnu de Montmartre…Il suffit de mettre sa force au bon endroit…Voilà un bon thème de méditation pour les jours à venir.

  3. Kit Thomas ecrit:

    ça réchauffe bien cet article, j’étais en apnée, je viens de reprendre mon souffle! Génial!

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