La première fois que je l’ai rencontré, c’était il y a 7-8 ans. Je voulais le convaincre de venir participer à une émission de télévision pour laquelle je travaillais. L’idée était simple: faire un tour d’horizon pour voir ce qui était possible. A l’époque, Stéphane Plassier était sous les feux de l’actualité pour avoir renouvelé et innové dans le domaine des dessous masculins. J’étais arrivée à son bureau et ô surprise, Stéphane avait prévu un déjeuner sur sa terrasse: Melon, jambon d’Espagne et douceur de vivre. Il m’avait accueillie comme si nous nous étions toujours connus et nous avions passé le plus délicieux des repas à refaire le monde. J’ai tout de suite adoré sa manière de voir la vie, son regard aussi curieux que gourmand et sa capacité à réussir une ligne de vaisselle ultra chic mais jamais “m’as-tu-vu”, comme des vêtements, des décors et des mises en scène. Cet homme transforme en élégance toutes les choses sur lesquelles il pose son regard. Déjà à l’époque, son lieu de travail, lieu de vie respirait le bonheur.
J’ai toujours préféré les designers aux hommes de mode. Ils ont un regard sur la vie transversal et curieux qui les rend souvent beaucoup plus intéressants et moins futiles.
Stéphane est l’archétype de ce genre d’homme ouvert, inventif et véritable détecteur de l’air du temps. Il a cette qualité rare de capter l’air du temps pour le transformer en classique de demain.
Suite à notre rencontre, Stéphane était donc venu sur notre plateau. Il avait activement préparé la séquence et fait preuve d’une flexibilité hors norme.
Mais j’avais juste oublié de lui préciser une chose: je travaillais avec la copie conforme de l’affreuse héroïne du Diable s’habille en Prada. Une productrice méprisante, méchante, hystérique et sans une once de savoir vivre. A quelques minutes de commencer l’émission, elle avait fait une esclandre dont elle avait fait le secret quant à l’un des mannequins que j’avais choisi.
Stéphane avait assisté à ce moment aussi vulgaire que désagréable et là où une majorité de créateurs auraient quitté le plateau en faisant “acte 1 scène 2″ comment traitez vous les gens?, il avait su faire preuve d’une infinie finesse et en quelques mots avait réussi à désamorcer la bombe dingo. Il m’avait ensuite souri le plus simplement du monde et était reparti finir son travail.
J’avais été aussi bluffée qu’émerveillée par cette grande intelligence du coeur. Au fil du temps, des mois, des années, j’ai eu le bonheur de découvrir que l’on pouvait avoir un talent incontestable sans pour autant le faire rimer avec arrogance. Chaque fois que dans ma vie, j’ai ensuite eu la chance de le croiser, j’ai toujours eu plaisir à découvrir des créations aussi intelligentes que belles et utiles. Chaque fois, nous avons échangé des moments de vie et de bonheur. Je suis systématiquement repartie avec du baume au coeur en me disant “oui il y a des gens biens dans ce monde de la création”.
Je crois que Stéphane a toujours réussi ce qu’il touchait. Les vêtements, les décorations d’hôtels ou de maison, les mises en scène, les lignes de vêtements ou de sous vêtements.
Il a toujours su, quelque que soit les sirènes du moment, faire confiance à des artisans de qualité et privilégier le savoir-faire français.
A Paris, il a ouvert un concept store qui mérite le détour. On s’y sent bien et on y trouve autant d’idées que d’occasion de rêver.
Mais je dois avouer que ce qui me bluffe le plus c’est sa dernière création: Set in Black. L’idée est aussi simple que géniale: décliner le noir dans toutes ses subtilités.
Et pour cela, créer une garde robe qui peut s’installer dans nos placards pour les années à venir. Robe capuche, robe col roulée, chemise homme et femme, cardigan etc… autant de classiques parfois simples, parfois sophistiqués, symbole d’un luxe accessible que l’on peut “habiller” d’accessoires à notre guise. A l’heure où l’on rêve de de se créer son propre style, cette gamme laisse libre court à toutes les interprétations.
Pour transmettre cet amour du noir élégant et synonyme de tous les possibles, Stéphane ouvre une magasin en ligne, une boutique sur Paris mais aussi très bientôt des franchises dans toutes les capitales qui le méritent. Pourquoi pas Montréal? Cela paraitrait évident, non?
Ses adresses parisiennes
-Au Petit bonheur la chance
Pour les objets désuets et les souvenirs d’écoliers.
13 rue Saint-Paul, 75004 Paris. Tél: 01 42 74 36 38
-OFR
Stéphane aime y dénicher des magazines étrangers comme l’espagnol Metal
20 rue dupetit-thouars, 75003 Paris. Tél: 01 42 45 72 88
-le Bar du Théâtre du Rond Point
Stéphane l’apprécie pour sa terrasse avec vue sur le square…
2 avenue Franklin Roosevelt, 75008 Paris. Tél: 01 44 95 98 44
-Rose Bakery
Une cantine bio qui lui rappelle le quartier new yorkais de Soho
46, Rue Martyrs, 75009 Paris. Tél: 01 42 82 12 80







July 28th, 2009 at 1:47 pm
Katia
Moi j’adore le chocolat noir!
Je ferai mention dans le prochain blog LeStudio1.com du mercredi 5 août.
Bernard
P.S. Bonnes vacances dans votre cachette secrète (je vous ai entendu ce matin à Franco Nuovo.)
July 29th, 2009 at 7:20 am
Quand l’humain est au centre de toutes les idées et décisions, c’est la magie qui s’opère. Merci Katia et merci Stéphane. Dans une vie où les sirènes s’évertuent à transformer nos vies en méfiance, défiance et rivalité, vous lire et comprendre ce qui vous anime me met en joie.
July 29th, 2009 at 9:31 am
Quel joli portrait de Stéphane !!!
August 5th, 2009 at 8:46 pm
Bel article, collection intéressante.
Elle est où cette boutique sur Paris???
May 7th, 2010 at 4:50 pm
Stéphane un homme de talent qui arrive à être constamment original !!!
La black caravane fait rêver et la marque Set In Black incroyablement réussie
Longue vie à Monsieur Plassier