Aujourd’hui, dans toutes les ambassades et consulats français du monde, on fait la fête. Petits fours, Champagnes, amabilités et bousculades. Le top du top des festivités est évidemment à l’Elysée. Imaginez être l’un des happy few qui foulent la pelouse impeccable du palais présidentiel.
Je n’ai jamais eu le privilège de faire partie des 2 000 et quelques sélectionnés, mais je connais un copain très bien qui, il y a deux ou trois ans, avait eu l’occasion d’y assister. Forcément, il avait trouvé cela impressionnant. Déroutant.
Imaginez un peu cette incursion dans ce monde qui ne sera jamais le vôtre. Un peu comme aller s’installer dans le hall d’entrée d’un palace ou visiter un zoo exotique. Vous en prenez plein les mirettes, ramassez les miettes et retournez à votre vie.
Toute la journée, alors que les médias se gargarisaient des restrictions budgétaires et l’allègement de la liste des convives de la fête en question, j’avais une pensée toute particulière pour un des invités.
Il s’appelle Robert, il a 44 ans. Il vient d’une ville pas folichonne qui s’appelle Sarreguemines, en Lorraine. Il est ce que l’on appelle un “chômeur longue durée”. À savoir qu’il n’a plus d’indemnités, pas l’ombre de la perspective d’un travail et des enfants à nourrir.
En désespoir de cause, Robert a décidé de faire une marche de chez lui à l’Elysée. 400 km le long de la Nationale 3. Une ambition: rencontrer le Président Sarkozy pour lui demander de l’aider à trouver un travail.
Une fois arrivé à Paris, il a été reçu par un conseiller de l’Elysée. On imagine combien il a dû être impressionné par les ors et les tapis du Palais. Il a probablement marché sur la pointe des pieds et a du se sentir terrassé par sa propre témérité. Au bout d’un entretien forcément trop court par rapport à ses attentes, il est ressorti.
Toujours sans travail mais avec, on peut apprécier l’ironie de la situation, une invitation pour la Garden Party du 14 juillet à l’Elysée.
400 km à pied et à l’arrivée, la promesse d’une bousculade pour trois petits fours.
J’ai pensé fort à Robert aujourd’hui. Est il allé à la fête ? Avait-il mis son plus beau costume ? A-t-il réussi à passer un bon moment ? A-t-il enfin eu l’occasion de voir quelqu’un qui considère sa situation difficile ? Et surtout a-t-il décroché un boulot ?
Si oui, alors pas de doute, le feu d’artifices, qui doit célébrer les 120 ans de la Tour Eiffel ce soir, sera pour lui le plus beau du monde.




July 14th, 2009 at 4:58 pm
Katia
Votre article est touchant, comme d’habitude!
Vous êtes une grande journaliste qui
savez toujours trouver des sujets humains.
Bravo!
Bernard Bujold
July 15th, 2009 at 2:06 am
Bravo et merci ; pour le rayon de soleil, les larmes aux yeux, la boule au ventre… Une émotion différente pour chaque article !
July 15th, 2009 at 3:44 am
Très jolie histoire. Ton blog plein de bons mots est toujours un régal à lire.
July 15th, 2009 at 4:50 am
Découverte touchante du blog de Ma vie Parisienne. Billets humains, paroles sensibles qui font du bien et qui me font échos. Je bookmark votre blog pour vous lire régulièrement. A très vite
July 15th, 2009 at 5:01 am
La Garden Party de Robert!
Moi je voudrais bien savoir la suite.
Une enquête siouplait, et dans quelques temps, une réponse.
Merci
July 15th, 2009 at 6:22 am
Robert généreusement invité à la Garden Party de l’Elysée…Outre l’émotion que cette touchante histoire génère en moi, il y a comme une colère, un goût amer, quelque chose qui me dérange…
Bonne chance à Robert.
July 15th, 2009 at 8:48 am
Robert à la garden party, il a dû trouver tout cela un peu décalé ! C’est vrai qu’on aimerait bien savoir si le président va l’aider à trouver un boulot… Merci Katia pour ces billets qui nous racontent les événements sous un angle original et toujours très touchant.
July 15th, 2009 at 9:27 am
Chère Katia
Seul soucis dans votre article : la photo m’a donné une faim terrible…
Je vous laisse mon adresse hors antenne, au cas où vous ayez des restes.
Merci de prévoir une boite isotherme car il fait chaud au delà de la méditerranée.. d’ailleurs si la bouteille est intacte… ok là j’abuse.