Aucune catégorie25 aoĂ» 2005 12:52 pm

« Partir c’est mourir un peu. » comme disait l’autre. Et bien rentrer… ce n’est pas tellement mieux. Fin du périple. Retour à la case Paris, avec son humeur de chien et le temps qui va avec. Trois tonnes de courrier et le frigo vide. Les soucis du quotidien sont beaucoup moins amusants quand ils ne sont plus ni en Croate ni en Hongrois. Avec 5200 kilomètres au compteur et moult souvenirs, il y a comme un léger décalage. L’Europe n’a plus le même sens. Aujourd’hui, on connaît un peu mieux nos nouveaux cousins. Différents, mais pas tant que cela finalement. Enfin pour en être sûr, faudrait peut-être voir à y retourner en fait…

conseils pratiques20 aoĂ» 2005 05:04 am

Partir en vacances, c’est deux choses. Un choix de destination (le fantasme) et faire ses bagages (la réalité) Quand on part pour près de quatre semaines en Europe de l’est, on a forcément intérêt à faire preuve d’un minimum d’organisation, un minimum qui se transforme vite en un maximum. Et c’est bien dommage quand on a une voiture de fashion-victime, à savoir très jolie mais … quasiment sans coffre.

Bien sûr, il y a deux trois choses que l’on a apprises avec les années.
Par exemple : ne plus faire impasse sur la pharmacie car sinon c’est sûr on va être malade. Alors en bon globe-trotter hypocondriaque, la trousse d’urgence est de la taille d’un sac de sport. Un médicament par organe, c’est bien le minimum.
Avoir ses produits de beauté, shampoing, masque, peeling et crèmes en tous genre ET échantillons offerts par l’esthéticienne, car c’est bien connu c’est en vacances et sûrement pas le reste de l’année que l’on a le temps de se tartiner. Un deuxième sac de sport donc. Et là monsieur commence à douter. De l’utilité des sacs ou de sa chérie, allez savoir.

Quel temps va-t-il faire ? Et c’est là que les vraies questions commencent. Climat continental, qu’est ce que cela veut dire ? Pluie possible, canicule envisageable, frais assuré.
Combien de pantalons, de tee-shirt, de chemises ? Les chemises souffriront, c’est sûr et ce, quel que soit le pliage. On pense un instant à faire tout voyager sur cintre, voir en penderie. Et oui, monsieur n’aime pas ses chemises froissées…On imagine alors le cortège des malles, des valises grandes comme des armoires qu’ils suffirait d’ouvrir comme si on était à la maison.
Et là, Monsieur pâlit.
On pense aussi aux vêtements que l’on a jamais l’occasion de mettre. Et les sacs se remplissent, remplissent…et débordent ! Un premier, puis un second, puis pour les quelques paires de chaussures, la glacière, les ordinateurs, toute la connectique, les multiples chargeurs, les appareils photos, la tente, le sac de couchage géant… Et puis les livres. Allez savoir ce que vous aurez envie de lire dans les pays de l’est. Un polar ou la bio de Marie-Antoinette ? De l’intellectuel ou du romantique ?
Donc nous disons deux voyageurs, quatre semaines, sous ce fameux climat continental, de la mer, de la montagne, de la ville, de la campagne… On empile et on arrive à une bonne dizaine de sacs.

Avec un coffre digne d’un vanity-case d’hôtesse de l’air, le rangement de la pyramide de bagages est un défi comme monsieur les aime. Et c’est donc admirative que madame regarde monsieur s’y prendre avec un sens de l’espace tout à fait masculin. Enfin, madame ne reste pas trop longtemps parce que des fois ça peut tourner à l’orage.

Mais comment en est t-on arrivé là ? C’est la question que pose monsieur, épuisé, le premier soir, une fois coupé le contact, après 600 km de route. Il s’agit juste de trouver pour le lendemain, la brosse à dent et peut-être un pull parce que forcément il fait un peu frais tard le soir.

Mais bien vite on s’adapte. Monsieur fait preuve d’une ingéniosité sans cesse renouvelée. Au fil du voyage, il arrive à hiérarchiser les places.
Il y a ce que l’on doit garder à porter de main et les affaires que l’on ne touchera finalement jamais. Le barbecue de voyage, par exemple, sagement rangé sous le siège passager, car au bout du compte, on n’est pas sûr-sûr d’avoir envie d’aller chercher du charbon et tout le tralala.
En revanche, toujours un paréo à portée de main. Cela sert de nappe pour pique-nique, de serviette aux bains de Budapest. On l’utilise pour recouvrir les affaires sur les sièges arrière, pour essuyer la vaisselle ou comme cloison mobile dans une auberge de jeunesse.

A mi-parcours, plus rien n’échappe à Monsieur. Il devient incollable sur toutes les questions qui commencent par « où est ? ». On le soupçonne même de réviser quand il est sous la douche. Heureusement, Madame est là pour corser le jeu. Elle n’hésite pas à faire quelques emplettes. En quatre semaines en Europe de l’est, on rajoute des pots de confiture de poivron de Croatie, un téléphone rouge et quelques tasses de Budapest, une cruche en céramique de Prague, des magnets du musée d’art moderne de Salzbourg, des savons artisanaux du lac Balaton, des paquets de sel de Slovénie… Quant aux biscuits de Vienne, on a fini par les manger histoire de faire un peu de place !

Peu à peu, monsieur frôle la perfection. Il sait où se trouve chaque chose, il sait aussi prendre soin de ce qui est fragile. Il devient l’homme-orchestre, l’escargot, sa maison sur le dos ! Plus personne n’a le droit d’approcher, de toucher le chargement. La mini n’est plus une voiture, elle est devenu un microscopique camping-car… Chaque chose a au bout du compte trouvé sa place mais c’est déjà le moment de rentrer

coups de coeur& A ne pas rater20 aoĂ» 2005 05:00 am

Après Ljubljana et ses charmes de citadine, en route pour Bled !

Bled, on n’a pas idée d’appeler un endroit comme ça. La Slovénie, c’est bien, on l’a déjà dit mille fois mais on doute un peu de leur capacité à choisir des noms internationalement viables. Vous auriez envie d’aller dans un endroit qui s’appelle Bled ? En plus, on ne peut pas s’empêcher d’entendre le qualificatif habituel « paumé » Bled paumé…
En fait, c’est probablement une ruse du gouvernement pour décourager les visiteurs et sauvegarder le plus beau paysage qu’il nous ait été donné de voir pendant ces vacances.
Un lac glacière à l’eau cristalline encaissé dans des montagnes. Au milieu, une petite île avec une église. Un paysage de carte postale à rester bouche bée. Et la lumière s’amuse de ce décor de rêve et du coup, chaque fois que vous relevez la tête de votre livre c’est pour découvrir une autre image. C’est tellement somptueux qu’on a l’impression qu’aucune photo ne peut lui rendre hommage. Chacune d’entre elle mérite la légende. « Bled, c’est comme cela mais en mieux »

Bled

Le rêve est de faire du canoë à l’aube pour être aux premières loges de la nature qui se réveille ou bien le soir dîner au bord de l’eau pour regarder la lune jouer à cache-cache avec les montagnes.
Ici toutes les générations trouvent leur bonheur. Il y a des activités pour tous les âges. Promenade à vélo, à cheval, en barque. Ski, escalade, rafting, pêche etc… A Bled, on peut vivre doucement ou sportivement. On peut choisir le camping ou le 5 étoiles. On peut venir une journée ou tout un mois, une chose est sûre, on n’échappera pas à l’enchantement de cette féerie.

Les locaux19 aoĂ» 2005 04:16 pm

Bon alors la SlovĂ©nie, c’est simple, si ils ne parlaient pas Slovène et bien on s’y installerait tout de suite. Et oui on est touchĂ© par le terrible syndrome « oh la la on voudrait y vivre » Vous avez remarquĂ© comme tout le monde au retour de vacances veut aller vivre ailleurs ? On vient de passer quelques heures, quelques jours dans un endroit inconnu jusqu’alors et on s’y voit Ă  plein temps. C’est un poil ridicule quand on y pense et souvent exaspĂ©rant. Mais dĂ©couvrir un lieu rĂ©unissant tellement de choses qu’on aime fait que soudain on aimerait y ĂŞtre chez nous. Et plus que n’importe quel autre pays visitĂ© jusqu’à prĂ©sent, la SlovĂ©nie a eu cet effet sur nous.

Alors on vous en dit un peu plus sur ce tout petit pays ? Tout petit, parce que pour vous donner un ordre d’idée, c’est de la taille d’un département français, genre la Lorraine. Autant dire à l’échelle du Canada, une miette de pays. Mais quel pays !
Tout est à portée de main, la mer, la montagne, la verdure mais aussi des lacs à l’eau cristalline. Quand on parle de montagne, c’est de la vraie, jusqu’à 3000 mètres d’altitude.
La verdure ? Plus de 50% du territoire est fait de forêt. Résultat même sur l’autoroute, on sent l’odeur de chlorophylle.
Qui dit verdure et forêt dit une sacrée faune. Des loups, des lynx et des ours. Oui, parfaitement des ours ! Il y en a même plus de 600 sur le territoire. Alors quand les français ont décidé de remettre deux ours dans les Pyrénées, où est ce qu’ils sont venus les chercher ? Et bien en Slovénie pardi. (Oui deux ours, ce n’est pas Byzance surtout que les chasseurs se sont mêlés à l’histoire, mais on va bientôt remettre cela semble-t- il !)
Autre grande fierté de la Slovénie : les grottes. Vu que le territoire est à majorité calcaire, on en dénombre plus de 6000. Elles sont inévitablement devenues un des étendards de ce tourisme naissant. Mais attention quand on parle de tourisme naissant, n’imaginez pas la promotion tous azimuts et les braderies en tous genres. Le gouvernement veut à tout prix éviter le tourisme de masse que l’on peut retrouver chez certains de leurs voisins. (Suivez notre regard…) Il n’y aura donc pas de disneylandisation de ce joli petit pays, tenez le vous pour dit !

En Slovénie, on aime plutôt bien les français. Enfin surtout un. Napoléon. Comme bien d’autre de ses voisins, la Slovénie faisait partie de l’empire Habsbourg. Marie-Thérèse tenait alors beaucoup à ce que les petits slovènes se germanisent au possible. Et quand Napoléon a réussi à conquérir le pays, il leur a enfin laissé la possibilité d’utiliser leur propre langue, le slovène.
Une liberté qui peu à peu a donné naissance au premier mouvement nationaliste slovène. Si on découvre une statue de Napoléon dans la capitale c’est parce que sans lui et bien on n’en serait peut être pas là aujourd’hui.

Ce qui est amusant c’est que dans un aussi petit pays, on dénombre une cinquantaine de dialectes, c’est même plus qu’en Russie. Allez comprendre…
Côté bizarrerie linguistique, l’alphabet slovène comporte 25 lettres, mais les consonnes Q, W, X, Y n’existent pas. Il y a en revanche des c, s, z chapotés. Les particularités de la langue slovène ne s’arrêtent pas là. Hormis les histoires de déclinaisons, il y a ce qu’on appelle les duels. La terminaison du mot ne sera pas la même selon sa quantité. Démonstration. Prenons l’exemple du café. Un café « kava », deux cafés « kavi » et trois cafés « kave » La forme « kavi » est une forme particulière qu’on appelle le duel. Le vrai pluriel ne commence qu’à partir de trois. Et après on dira que l’allemand est difficile…

Dans les nouveaux arrivants de la communauté européenne, force est de constater que la Slovénie est un de meilleurs élèves. Et quand on parle de Suisse des Balkans c’est en référence aux décors mais aussi à une véritable qualité de vie. En revanche difficile de savoir le taux exact de chômage. Les chiffres varient selon les sources de 5 à 11%.

En Slovénie, on favorise et on valorise la culture. A ce titre, les billets de banque représentent, non pas des hommes politiques ou des monuments, mais des écrivains, des peintres ou des compositeurs. La capitale, quant à elle, regorge de sculptures et de bustes honorant ses plus grands artistes.
On laisse une grande place aux nouvelles technologies et plus précisément à l’art numérique. Le centre international d’arts graphiques de Ljubljana est une référence tout comme la Biennale internationale d’art graphique qui s’y déroule.

Partout dans le pays, les spectacles et les festivals sont légion. Sans oublier les nombreuses activités sportives que l’on peut pratiquer dans une nature somptueuse. La Slovénie est en fait concentré de plaisirs pour le corps et l’esprit. Que demander de plus ?

coups de coeur18 aoĂ» 2005 05:13 am

Franchement, on avait été un peu déçu par la Croatie. Même si Pula au petit matin vide de ses touristes nous avait séduit. On avait aimé déambuler dans les petites rues presque désertes. On s’était délecté de notre cappuccino au soleil, avec un bon bouquin. Mais c’était un peu comme le lundi au soleil de la chanson de Claude François, on savait qu’on ne l’aurait jamais, qu’il suffirait de deux trois heures pour que la foule envahisse, paralyse et abîme ce petit bijou.
Alors que faire ? On avait presque envie d’aller directement en Italie, vers le connu puisque l’inconnu pouvait être décevant. Et puis la Slovénie, ce n’était pas d’une évidence même. En effet, nous avions un guide mais… sur la table de la cuisine à Paris. Je me voyais encore en train de me dire, « il ne faut pas que je l’oublie celui là » Je me voyais y penser mais je ne me voyais pas le prendre et pour cause il y est resté. C’est donc avec trois ou quatre infos glanées à la va-vite sur Internet que nous sommes partis en Slovénie. En toute honnêteté, vous nous demandiez hier de vous citer quelque chose sur la Slovénie, on en aurait été bien incapable. La capitale ? Le gouvernement ? Le nombre d’habitants ? La seule chose que l’on savait sur la Slovénie, c’est qu’on a toujours besoin de réfléchir deux secondes avant de terminer le mot pour ne pas dire Slovaquie. Mais on n’est pas les seuls parce que Georges Bush a dit à un journaliste qu’il venait de voir le premier ministre slovène alors que c’était le premier ministre slovaque qui avait fait le déplacement. On raconte même que lors de la venue du premier ministre slovène en Roumanie, on lui aurait joué l’hymne slovaque. Avec un peu de chance, les deux premiers ministres en question se bidonnent de ce genre de bourde autour d’une petite bière.
Donc direction, Ljubljana, capitale de Slovénie. On s’attendait à tout et à rien. D’ailleurs, une fois passé le panneau annonciateur de la ville, on trouvait cela vert, très vert, trop vert pour être une capitale. Si vert qu’il y avait, véridique, des champs de maïs. Quel genre de pays peut avoir des champs de maïs dans sa capitale ?

Ljubljana

Un petit pays de 1 981 830 habitants dont 269 970 vivent à Ljubljana. Un pays de l’union européenne dont le niveau de vie est équivalent et bientôt supérieur à celui du Portugal ou de la Grèce. Un pays où on privilégie la nature et où on encourage l’entreprise individuelle. Un pays où il semble faire bon vivre. Certains parlent de la Suisse de l’est, erreur la Slovénie semble être bien plus séduisante.
Donc une fois passé les champs de maïs, on a repéré le plus haut clocher avec pour objectif le centre ville. Nous avons garé notre voiture, marché un peu pour découvrir un petit joyau. Une petite merveille qui nous a instantanément charmé comme aucune ville n’avait encore réussi à le faire. Prenez une impression d’Amsterdam, un zest de Venise, une pincée d’art nouveau, une rasade de Baroque, le tout saupoudré de verdure, de rues piétonnes. Et vous avez Ljubljana, tellement jolie qu’on lui pardonne son nom imprononçable.
Bien sûr il y a quelques touristes mais pas tant que cela. Pourtant Ljubljana les accueillent avec élégance et délicatesse. Prenez par exemple, le palace de la ville, le Lev. Il offre pendant le mois d’août une promotion. La chambre double à 100 euros. Un 5 étoiles à 100 euros. Coupe de champagne de bienvenue incluse. Après le camping, la vie de château. Petit déjeuner phénoménale sur une table à roulette comme dans Pretty Woman.
A 440 km de Budapest, 610 de Prague, 370 de Vienne, nous venons de trouver ce que nous cherchions désespérément. Une magnifique ville à taille humaine, préservée du tourisme, avec des prix plus que raisonnables. Et si Slovénie rimait avec Paradis ?

conseils pratiques17 aoĂ» 2005 05:14 am

Bon reprenons, personne à Zagreb donc en route pour la côte. Et là, la foule… La vraie de vraie. Je suis sûre que l’on pourrait faire la compétition avec les JMJ de Cologne. On vous entend d’ici « Sont jamais contents ces deux là, toujours à se plaindre » C’est vrai qu’on est un peu du genre à vouloir un décor de rêve, pas cher et avec pas trop de monde.
Toujours est-il qu’à Pula il y avait tellement de monde que la première pancarte chambre chez l’habitant où on s’est arrêté, la dame a carrément éclaté de rire. Dans un savant mélange de croate, d’allemand, d’italien et d’anglais, elle nous a expliqué qu’on avait aucune chance, ni chez elle, ni chez les voisins, ni à 50 kilomètres à la ronde !
Nous étions donc fait comme des rats, en fait disons plutôt que j’étais piégée comme une souris, dos au mur. « Et bien formidable, on va étrenner la tente ! » Formidable, oui, wunderbach, schön et tout le tintouin, j’allais faire mon baptême de camping !
Disons que ma seule expérience de camping remontait à mes douze ans. J’avais convaincue ma correspondante anglaise de dormir dans le tipi reçu quelques noëls plus tôt. A même le sol, avec une légère couverture et les pieds qui dépassaient, on s’était gelé comme pas permis. A l’époque ma fierté mâtinée d’orgueil avait eu raison de mon confort. Depuis cette expérience-là, j’avais toujours regardé les campeurs avec un mélange de pitié et d’admiration.
Mais devant un chéri, pas question de baisser les bras, ni même de rendre les armes. Il fallait y aller.
Force est de constater que depuis les tipis des magasins de jouet, on a fait de considérables progrès. Aussi bien sur l’étanchéité que sur les possibilité de lutter contre le froid. Par ailleurs, il est plaisant de remarquer que les gens les plus admirés ne sont pas forcément ceux qui ont la plus grosse caravane ou la voiture la plus chère mais ceux qui font preuve de la plus grande ingéniosité. Certains ont un sens de l’organisation qui mérite d’être salué.
Mais contrairement à une idée reçue, le camping n’est pas forcément bon marché. A 19 euros la nuit, il est moins cher de dormir chez mamie à Budapest qu’entourés de campings-cars allemands à Pula.
Avant d’aller de l’avant dans les éternelles complaintes, je dois quand même reconnaître que l’emplacement était superbe, vue sur un petit bras de mer où la lumière nous a fait des déclinaisons tout à fait sublimes.
Mais il n’y a pas que la lumière qui nous a fait des déclinaisons, le climat aussi. Nous avons eu droit à de la pluie pendant le montage, puis pendant la nuit et enfin une bonne partie de la matinée…. Après les bains de Budapest, la tente sauna à Pula.
Côté plaisirs sonores, je dois avouer que le chant des oiseaux dès 5h30 du matin était assez agréable. En tous cas, mille fois plus que nos chers voisins de gauche. Une troupe d’allemands ivres morts et hilares jusqu’à 2 heures du matin. Ils avaient par malheur débusqué on ne sait où une encyclopédie des meilleurs blagues d’outre- Rhin. Donc si on résume. 2h30 les allemands s’endorment. 3h30, la pluie commence. 5h30 les oiseaux se réveillent et nous avec. On somnole. 6h30, c’est au tour des enfants de se lever de toutes parts, en hurlant, en piaillant, en riant, en chantant. L’essentiel étant de faire vibrer les tympans de ceux qui ne sont pas concernés.
(Oui vous avez du remarquer combien les parents développent une surdité salvatrice au contact de leur progéniture ce qui a pour effet de faire brailler ces chers bambins deux fois plus fort…)
Une fois la pluie calmée. Direction les sanitaires. Question de principe, de physique ou d’hygiène, une salle de bain partagée par plusieurs centaines de personnes ne peut pas être propre. Mais une fois sous la cascade d’eau chaude, on tend à oublier les désagréments. Première douche, cassée. Deuxième douche cassée, troisième douche pas cassée. De l’eau chaude.. qui se tarit au bout de trois minutes….. A partir de quel moment, on a le droit de dire que l’on n’aime pas le camping sans passer pour une enquiquineuse, une snob ou une enfant gâtée ?
Bref, en route pour une balade à Pula. Pula est une très jolie petite ville. Avec des ruines romaines, de nombreuses rues pavées, des coins ombragés. Un délice de chaque instant mais plutôt en septembre, en juin ou même en décembre. Mais sûrement pas en août. Trop de gens. Enfin plus précisément trop de touristes. Chacune de ces personnes est probablement individuellement charmante mais en masse cela donne le touriste. Le touriste est un énergumène en relâche de tout. De politesse, de savoir-vivre et de bon goût. Il ne fait plus d’effort, en aucun domaine que ce soit. Son seul et unique objectif est de prendre un maximum de photos pour épater ses collègues à la machine à café en septembre. Peu importe si pour cela il doit vous marcher dessus ou si pendant une prise de vue son enfant se jette sous les roues de votre voiture.
Le touriste parle fort et reste persuadé que personne d’autre ne peut comprendre sa langue. Le touriste se nourrit uniquement de poissons frits, de beignets et autres mets du genre qui transforment n’importe quelle petite bourgade en véritable usine à friture. Mais surtout le touriste veut voir les plus beaux endroits et se retrouve donc toujours sur votre chemin.

Pula Ville

Mais revenons à Pula. Pula n’est plus tout à fait la Croatie mais pas encore l’Italie. A ce titre, les italiens la considèrent donc comme un lieu de villégiature et viennent en très, très grand nombre. Pula a d’ailleurs plus de Pizzeria que toutes les capitales de l’Europe de l’est réunie. Ici on peut donc tout naturellement délaisser l’allemand pour l’italien. Pour l’anglais, on repassera ou on choisira l’Irlande. Etrangement, la population touristique française augmente mais aucune indication ou dépliant touristique ne leur est réservé. Peut-être est-ce affaire de temps.
Finalement, épuisés par la foule, on est revenu dans notre camping au bord de l’eau. Durant la journée, l’atmosphère y est beaucoup plus calme. Et c’est alanguis dans l’herbe que nous nous sommes laissés bercer par les cigales. Jusqu’à la douceur du couché de soleil. Pas si désagréable en fin de compte… En fait, i l manquerait juste une petite salle de bain privative dans la tente….

Vue du camping

plat du jour& Les locaux14 aoĂ» 2005 06:42 pm

Si le week-end dernier nous avions trouvé Bratislava calme, que dire alors de Zagreb un week-end du 15 août ?

Coin de rue Ă  Zagreb

À part quelques touristes français hagards, se promenant le guide du routard à la main, on a un peu eu l’impression d’une ville fantôme. Mais où étaient-ils en ce dimanche matin ? À la messe pardi. Et c’est ainsi qu’en voulant visiter une église nous nous sommes retrouvés en plein milieu d’un office orthodoxe.
Depuis la fin du communisme, les Croates sont connus pour être particulièrement pratiquant. Les orthodoxes en revanche ne représentent qu’un faible pourcentage de la population.
Mais même si les subtilités nous ont échappé, force est de constater que le spectacle était captivant.
Première surprise, pas une seule chaise dans cette église. Les fidèles debouts pendant tout l’office sont divisés en deux. D’un côté, les femmes et de l’autre les hommes.
Autre surprise, le prêtre est dans une sorte d’antichambre couverte d’icônes. Dos à la foule, tel un guide, il semble donner la direction du bon Dieu. Il ne cesse de psalmodier une litanie lancinante, tandis qu’à l’étage, une chorale chante inlassablement. De manière anarchique, les fidèles enchaînent les signes de croix. Mais étrangement, dans cette atmosphère hypnotisante, le recueillement ne fait pas l’unanimité.
Certaines femmes font ouvertement leur travail de commères et les gens se déplacent librement. Soit pour aller saluer une connaissance, soit pour aller déposer une petite pièce dans l’urne géante au cœur de l’église. Quant à la communion, elle se fait avec du pain et du vin.
Mais il faut avouer qu’au moment du sermon en Croate, on a rendu les armes. Irrésistiblement attirés par la terrasse du café du coin.

Que fait-on à Zagreb un dimanche du mois d’août ? On va au marché bien sûr. Les étales proposent des fruits gorgés de soleil. Alors que les messieurs d’un certain âge se retrouvent pour une petite bière dans les échoppes qui entourent le marché, nous avons pour notre part, décidé de nous offrir une des spécialités locales.
Le Burek. Une recette roborative et étonnamment grasse qui n’est autre qu’un feuilleté à la viande ou au fromage au choix. Il ne sera pas dit que le Mac Do a le monopole de la crise cardiaque. La cuisine de l’est apporte clairement sa pierre à l’édifice. Avec, cependant, une matière première de bien meilleure qualité.
Mais une fois qu’elle a prié, qu’elle a mangé, à quoi se consacre la population zagreboise le dimanche ? Procédons par élimination.
Les Zagrébois ne passent pas leur dimanche au musée. Pour la simple et bonne raison que les musées sont fermés à partir de 13 heures. Incroyable, non ? Surtout frustrant.
Les Zagrébois ne vont pas non plus se promener dans les parcs de la ville, puisque nous les avons tous fait et franchement il n’y avait pas grand monde voire carrément personne.
Les Zagrébois ne vont pas non plus s’installer aux terrasses des cafés à la mode. En effet, nous avons lu une bonne heure au soleil à la terrasse de l’Hemingway Bar et personne n’ait venu déranger ce moment de quiétude.
Les Zagrébois ne sont pas non plus dans les magasins car ils sont tous fermés puisque c’est, rappelez vous, dimanche.
Les Zagrébois ne sont ni dans le quartier historique, ni dans la partie plus moderne de la ville.
Le week end du 15 août, la majorité des Zagrébois n’est pas à Zagreb. Ils sont sur la côte. Au bord de la mer. Il n’y a que des touristes pour croire qu’il y a quelque chose à faire dans la capitale de la Croatie en plein mois d’août. D’ailleurs, c’est simple, on part demain sur la côte !

Aucune catégorie14 aoĂ» 2005 06:41 pm

Donc nous avons repris la route. Direction Zagreb par la nationale. Histoire de profiter du paysage, des odeurs de verdures et du coup d’oeil sur un nombre incalculable de maisons en construction.
Arrivés à 19 heures dans la capitale, trouver une chambre risquait de s’avérer sportif. Les hôtels sont hors de prix, rien en dessous de 80 euros et le camping trop loin de la ville. Il restait donc l’éternelle et formidable solution de la chambre chez l’habitant. La ville est tellement petite que l’agence à laquelle nous nous sommes adressés ne pouvait que nous trouver quelque chose en dehors du centre. Peu importe tout se fait de toutes façons à pied.
« C’est une maison comme dans les contes de fées, assez délabrée en extérieur mais ne vous inquiétez pas, à l’intérieur ça va » C’est marrant comme parfois il n’y a rien de plus inquiétant que la phrase « Ne vous inquiétez pas. »
« Je vais vous faire le plan pour y aller parce qu’ici il y a beaucoup de rues en chantier c’est compliqué » Et là on s’inquiète encore un petit plus.

C’est comme cela que l’on s’est retrouvé dans la verdure au pied d’un manoir, dans une atmosphère totalement surréaliste. La propriétaire qui loge dans l’appartement à côté nous a expliqué le fonctionnement du logement, en croate comme il se doit. Je ne sais pas si c’est la fatigue de la route ou l’odeur d’alcool qu’elle dégageait mais on a tout compris très vite.

Manoir Ă  Zagreb

Rien à dire sur la chambre. Plutôt propre et avec la télévision câblée…. Par contre plus à dire sur les personnes qui partageaient la cuisine et la salle de bain. En l’occurrence deux jeunes anglaises particulièrement…. présentes.
Le soir, elles sont rentrées tard et fort. On s’est dit qu’au final ce n’ était pas si mal car au moins elles dormiraient le matin. Erreur, à 7 heures elles pliaient bagages avec la discrétion d’un car entier de jeunes adolescentes qui ne trouveraient pas la sortie…

Nous avons, en revanche, rencontré notre charmant petit voisin croate. Il s’appelle Filip, il a de très jolis yeux et il a huit ans ! Au moment où nous prenions nos affaires dans la voiture, il est venu faire des tours de vélo de plus en plus proches. Quelques échanges de sourires plus tard, il s’est lancé fièrement. « Je parle allemand ! »

Filip

Dans la cervelle, on ré-ouvre alors le dossier allemand. « Accchhhh sooooo, du sprichst Deutsch ? » Bon an, mal an, le premier contact croate était enclanché.
Filip apprend l’allemand à l’école et il est le meilleur de sa classe. La France ? Il connaît. La Tour Eiffel mais aussi Astérix et Obélix. Il rêve d’aller à Paris mais au mieux il ira voir ses cousins en Allemagne.
D’une politesse ahurissante, il demande la permission de poser des questions et n’ose pas s’aventurer dans le tutoiement. Là où c’est devenu plus compliqué c’est quand il a demandé ce que l’on connaissait de la Croatie.
Pas grand-chose. Euh, si l’équipe de foot à qui on a mis la pâté au mondial 98… Euh ben, non en fait rien, on ne sait rien !
Puis, patiemment, comme seul un enfant sait le faire, il a voulu nous enseigner quelques mots de croate. Mais l’adulte n’est pas bon élève. Nous avions beau essayé, notre diction était maladroite. Il souriait, il encourageait. En désespoir de cause, il a fini par lâcher « Ce n’est pas si mal, c’est si difficile. »
Et c’est vrai que le Croate est difficile. Surtout qu’il existe trois dialectes, et c’est beaucoup pour un petit pays de 4 millions d’habitants.
Difficile aussi d’expliquer l’histoire du pays, tellement difficile que l’on s’y aventurera pas.
En revanche, comme on a été un peu pris en flagrant délit d’ignorance, on a mené l’enquête et on a réussi à glaner depuis quelques informations.
On a appris que Marco Polo était Croate. Parfaitement, madame ! On a également découvert que la cravate et la technique des empreintes digitales étaient des inventions croates. Quoi d’autres ? Josiane Balasko et John Malkovitch sont d’origine croate. Sans oublier bien sûr le chien dalmatien qui vient comme son nom l’indique de Dalmatie, une des régions du pays où il était utilisé comme chien de garde. C’était bien sûr bien avant que Walt Disney ne les transforme en idoles des jeunes.
Encore quelques recherches et on sera prêt pour avoir une conversation digne de ce nom avec le petit Filip. Une rencontre au sommet qui ne devrait pas tarder puisque tel un garde du corps, il est posté devant l’entrée de notre appartement à nous attendre….

A ne pas rater13 aoĂ» 2005 05:05 pm

Quelle bien belle expérience que cette baignade dans le lac Heviz !
Mais d’abord, commençons par le commencement. Notre petite pension digne d’un décor d’une scène de Derrick en Bavière s’est, en fait, avérée un petit coin de paradis.
Chambre avec terrasse, télévision avec TV5 et même petit déjeuner gargantuesque. Le tout pour 40 euros, autant dire que j’étais pas peu fière d’avoir repoussé l’option camping à plus tard.
Comme un bonheur ne vient jamais seul, nous avons pu commencer la journée par un massage à 7 euros. Les garçons, on se calme, les filles, on se détend, on ne parle pas de simili Geishas à blouse sexy mais plutôt d’un rugbyman hongrois en tenue de sport prêt à en découdre avec nos muscles. C’est bien dommage qu’il n’existe pas de championnat du monde de la pâte brisée, parce que franchement il raflerait toutes les médailles.

C’est donc avec l’énergie d’un panneau solaire un jour de pluie que nous sommes partis vers le lac. Ce fameux lac miraculeux. Une eau à 33° quand l’air est à 25° Du calcium, du magnésium, du souffre et une légère radioactivité, la formule magique qui soigne les rhumatismes.
Le guide nous promettait un lac fumant recouvert de nénuphars. Et bien comment dire ? C’était plutôt un parterre de bouées desquelles émergeaient moult représentants du troisième âge. Allemands ou hongrois, au choix. Comme il nous en faut plus pour nous décourager, nous avons décidé nous aussi d’avoir notre part de traitement anti-rhumatisme.
De ce que nous avions pu décrypter des indications en allemand, il ne fallait pas se baigner quand on avait bu de l’alcool (à 1O heures, on était assez tranquille). Il ne fallait pas faire de mouvements brusques et surtout ne pas se baigner si on n’avait de l’hypertension. C’est donc tout à fait sereins que nous avons, comme à Lourdes, attendu notre tour.
Au moment, où j’allais mettre l’orteil dans l’eau, une femme m’agrippe le bras et me parle précipitamment en hongrois, en faisant non de la tête. « Qu’est ce qu’il y a ? C’est quoi le problème ? » Après une étude approfondie de sa gestuelle, j’ai compris qu’il ne fallait surtout pas garder sa montre. La radioactivité la rendrait folle.
Deuxième tentative. Un pied. Un regard circulaire. Un deuxième pied. Une odeur étrange, une texture huileuse. Mais ce n’est pas grave, je me lance quand même. Et c’est là que telle une boule de flipper, je me fais envoyer de gauche à droite, sans contrôler mes gestes, propulsée par des bouées sérieusement plus conséquentes. J’essaie de reprendre le contrôle, c’est pour mieux donner des coups de pieds dans des masses ventrales d’un certain âge. « Pardon, euh sorry » Panique, j’essaie de filer vers la rambarde où sont accrochés les rares personnes non propriétaires de bouée. Je nage à tout allure quand soudain je me souviens « Pas de mouvement brusque » Mais pourquoi ? Quels sont les risques ? La panique se fait plus forte. J’arrive au bout du compte à me raccrocher à la rampe. Je suis cernée de partout, je ne sais pas ce que j’attends et pourquoi j’y suis.

lac Heviz

C’est alors que je ressens les réminiscences d’un sentiment particulièrement désagréable. Vacances à la Grande-Motte, j’ai 8 ans. A la piscine de l’hôtel, toutes les petites filles ont des bouées. Plus rigolotes et plus colorées les unes que les autres. Et moi, je n’en ai pas. Je me souviens de certains regards remplis de pitié. Je suis alors aux bans de la société pour un satané morceau de plastique. Plus de 20 ans après, cela recommence. Toutes ces mamies semblent me narguer. Ca en est trop. Je rejoins l’escalier en slalomant tant bien que mal entre les mamies et les gros ventres. Je sors et me dirige vers les douches, histoire d’enlever cette eau un peu trop visqueuse à mon goût.

Et là, permettez moi un conseil. N’allez pas avec n’importe qui dans une station thermale. En effet, une relation amoureuse doit être sérieusement aguerrie pour survivre à la douche au souffre. Le potentiel de séduction chute de manière drastique avec l’odeur d’œuf pourri. La confiance en soi aussi.
Il suffit, cependant, de jeter un regard sur la population environnante pour voir son ego remonter en flèche. Et pour cause, les femmes sont, soit très âgées, soit particulièrement enrobées. A tel point que soudain, on se dit que ce n’est pas si mal comme destination de vacances. Beaucoup plus reposant que les plages tropéziennes où la concurrence est démentielle… D’un coup, comme regonflée, on se dit qu’on resterait bien encore quelques jours mais bizarrement monsieur n’a pas la même envie. Il a même l’air assez pressé de reprendre la route direction la Croatie. C’est dommage, on commençait à se plaire ici…

Aucune catégorie13 aoĂ» 2005 07:47 am

Ah les bains de Budapest…. Vous verrez c’est formidable, extraordinaire, bla, bla, bla, bla…. Mais personne ne vous dit comment cela marche. Ni les gens qui y sont allés, ni les guides. Résultat, vous faites partie de la bande d’abrutis de touristes, totalement perdus dans le hall à essayer de comprendre les subtilités des billets d’entrées.

Personne ne comprend, personne ne sait et comme personne ne parle la même langue, personne ne peut s’entre aider. Et ce n’est sûrement pas les caissières bouledogues qui vont vous éclairer.
Vous vous retrouvez délesté de 5000 forints sans en savoir plus. Avec en main une carte magnétique, un ticket de caisse et votre tête d’ahuri. Vous passez alors un tourniquet comme chez Disney. Sauf que chez Disney, quoiqu’on en dise, on sait où on va, pour quoi y faire et comment le faire. Aux bains, les employés ont un seul objectif : vous faire circuler et en hongrois je vous prie !
Du coup, tout devient compliqué. Où se changer, comment avoir un casier, savoir ce que l’on a le droit de faire ou de ne pas faire…
Finalement en désespoir de cause, il reste un option : suivre une personne du troisième âge, du même sexe et surtout du coin. D’un âge mûre, elle n’y verra aucune avance sensuelle et habituée des lieux, les us et coutumes n’ont pas de secret pour elle.

Fin limiers, nous avions choisi les bains plus réputés, les plus touristiques, les plus mythiques. On s’était dit que ce serait plus pratique. Et bien en fin de compte : pratique, non. Bondés, oui !
C’est donc passablement exaspérée, que l’on arrive du côté des thermes. Et c’est en marmonnant intérieurement mais néanmoins fermement que l’on pénètre dans un bassin…à 38°.
Et là, au fil des marches, gagné par un sentiment délicieux, on ramollit. Une fois la tête sous la petite cascade, on rend les armes, on se laisse aller.
Et c’est avec un air béat que l’on se demande pourquoi on s’est finalement donc tant énervé.
Retour aux sources, on a l’impression d’un sentiment de plénitude qu’on a déjà connu, il y a si longtemps… à bien y réfléchir cela devait être dans le ventre de maman…
On passe du hammam aux différents bains, dans un état de liquéfaction fort agréable.
Il ne manquerait plus qu’un petit massage pour mourir d’extase, mais pour cela il aurait fallu lire les inscriptions en hongrois pour savoir qu’il fallait garder 2500 forints (10 euros) pour ce bonheur supplémentaire.
Après les bulles, les cascades, les vapeurs, les brasses, les douches, on vous tend un drap en coton et c’est tellement agréable que l’on serait partant pour le parcours du combattant chaque jour. Juste pour ce doux sentiment de plénitude.

Histoire de fêter cette bien belle tradition hongroise, nous sommes passés à la suivante : le Tokay. Vin local dont la réputation n’est plus à faire. Mais la notre, en revanche, encore à perdre. En effet, quelle naïveté de consommer un verre de ce doux nectar après un passage aux bains. Si votre cerveau était le seul organe non liquéfié et bien là c’est sûr, il est totalement déconnecté et les jambes avec. On rêve alors de sortir du restaurant pour s’effondrer dans son lit…

Heureusement, il restait encore une nuit chez Mamie. Le lendemain, il n’y paraissait plus. Il n’y avait alors plus qu’une chose à faire avant de quitter la ville.
Prendre une photo de Mamie. Et mine de rien, ce n’était pas gagné.
Sur le pont depuis 7 heures du matin, elle avait un ordre établi extrêmement précis. Un, nous mettre dehors. Deux, faire le ménage. Trois, accueillir les nouveaux pensionnaires.
A la seconde, où nous avons ouvert un œil, mis un pied au sol, elle nous annonçait déjà l’horaire à ne pas dépasser. Il était huit heures. Nous devions être dehors à dix. Entre temps, telle une abeille prise au piège sous une cloche à fromage, elle faisait des allers-retours incessants de la cuisine à notre chambre. Si elle avait pu faire nos sacs, les jeter par la fenêtre et nous avec, elle ne s’en serait pas privée.

Une fois la voiture chargée, alors qu’elle pensait voir le bout du tunnel, nous avons osé lui demander l’impossible. 30 secondes de plus pour la photo souvenir. A deux doigts de craquer, elle a finalement accepté. Et c’est fermement qu’elle nous a dirigés vers notre (ex) chambre.
Et puis comme intimidée par l’objectif, elle a mis une main sur mon épaule. La photo était floue mais peu importe, elle n’avait pas que cela à faire….

Mamie & Katia...

Cette dernière mission accomplie, direction le lac Balaton. La destination estivale préférée des hongrois et, pour nous, un arrêt idéal avant la Croatie.
Nous voilà donc en route sur l’autoroute, les cheveux au vent. Non pas parce que nous avons une décapotable mais simplement parce que notre lessive devait sécher. Un système tout à fait efficace.
Au loin, le lac semblait turquoise, sublime, lisse, immense. Un peu comme un rêve. Une fois rendus à la première station balnéaire. L’horreur ! Des hordes de touristes hongrois et allemands. Ils étaient des centaines, des milliers, des millions. Enfin, c’était tout comme. Des familles entières se télescopaient pour acheter des souvenirs. Au choix, la vilaine poterie estampillée Lac Balaton ou bien le Paprika. Et oui en Provence, on a les sachets de lavande. Ici c’est le poivron. En version séché ou en version sachet.

Poivrons

Mais l’analogie avec le sud de la France ne s’arrête pas là. En effet, comme sur certains coins de la Méditerranée, les promoteurs avides, pressés et bien trop cupides ont torpillé un décor somptueux en construisant vite et n’importe comment. Sans aucune considération pour le lieu, ni les gens et avec un seul maître : le profit. Et bien là, c’est exactement la même chose. Presque pire.
Alors au lieu d’y passer une nuit comme prévu, nous avons fuit vers la station thermale Heviz. On y trouve le deuxième plus grand lac thermal au monde, le premier étant, parait-il, en Nouvelle Zélande. Ici, l’eau est à 24° l’hiver et à 33° l’été. Une eau évidemment miraculeuse que nous avons bien hâte d’expérimenter.

La ville est remplie de curistes d’un certain âge, voire d’un âge certain, mais l’atmosphère y est plutôt agréable. Nous avons trouvé un petit hôtel charmant et très abordable.

Mais n’oublions pas que nous avons acheté une tente en partant de Paris, et tente il faudra essayer. Un spectre que j’ai, pour l’instant, réussi à repousser jusqu’à la Croatie. Affaire à suivre…

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