Les locaux


Les locaux19 aoû 2005 04:16 pm

Bon alors la Slovénie, c’est simple, si ils ne parlaient pas Slovène et bien on s’y installerait tout de suite. Et oui on est touché par le terrible syndrome « oh la la on voudrait y vivre » Vous avez remarqué comme tout le monde au retour de vacances veut aller vivre ailleurs ? On vient de passer quelques heures, quelques jours dans un endroit inconnu jusqu’alors et on s’y voit à plein temps. C’est un poil ridicule quand on y pense et souvent exaspérant. Mais découvrir un lieu réunissant tellement de choses qu’on aime fait que soudain on aimerait y être chez nous. Et plus que n’importe quel autre pays visité jusqu’à présent, la Slovénie a eu cet effet sur nous.

Alors on vous en dit un peu plus sur ce tout petit pays ? Tout petit, parce que pour vous donner un ordre d’idée, c’est de la taille d’un département français, genre la Lorraine. Autant dire à l’échelle du Canada, une miette de pays. Mais quel pays !
Tout est à portée de main, la mer, la montagne, la verdure mais aussi des lacs à l’eau cristalline. Quand on parle de montagne, c’est de la vraie, jusqu’à 3000 mètres d’altitude.
La verdure ? Plus de 50% du territoire est fait de forêt. Résultat même sur l’autoroute, on sent l’odeur de chlorophylle.
Qui dit verdure et forêt dit une sacrée faune. Des loups, des lynx et des ours. Oui, parfaitement des ours ! Il y en a même plus de 600 sur le territoire. Alors quand les français ont décidé de remettre deux ours dans les Pyrénées, où est ce qu’ils sont venus les chercher ? Et bien en Slovénie pardi. (Oui deux ours, ce n’est pas Byzance surtout que les chasseurs se sont mêlés à l’histoire, mais on va bientôt remettre cela semble-t- il !)
Autre grande fierté de la Slovénie : les grottes. Vu que le territoire est à majorité calcaire, on en dénombre plus de 6000. Elles sont inévitablement devenues un des étendards de ce tourisme naissant. Mais attention quand on parle de tourisme naissant, n’imaginez pas la promotion tous azimuts et les braderies en tous genres. Le gouvernement veut à tout prix éviter le tourisme de masse que l’on peut retrouver chez certains de leurs voisins. (Suivez notre regard…) Il n’y aura donc pas de disneylandisation de ce joli petit pays, tenez le vous pour dit !

En Slovénie, on aime plutôt bien les français. Enfin surtout un. Napoléon. Comme bien d’autre de ses voisins, la Slovénie faisait partie de l’empire Habsbourg. Marie-Thérèse tenait alors beaucoup à ce que les petits slovènes se germanisent au possible. Et quand Napoléon a réussi à conquérir le pays, il leur a enfin laissé la possibilité d’utiliser leur propre langue, le slovène.
Une liberté qui peu à peu a donné naissance au premier mouvement nationaliste slovène. Si on découvre une statue de Napoléon dans la capitale c’est parce que sans lui et bien on n’en serait peut être pas là aujourd’hui.

Ce qui est amusant c’est que dans un aussi petit pays, on dénombre une cinquantaine de dialectes, c’est même plus qu’en Russie. Allez comprendre…
Côté bizarrerie linguistique, l’alphabet slovène comporte 25 lettres, mais les consonnes Q, W, X, Y n’existent pas. Il y a en revanche des c, s, z chapotés. Les particularités de la langue slovène ne s’arrêtent pas là. Hormis les histoires de déclinaisons, il y a ce qu’on appelle les duels. La terminaison du mot ne sera pas la même selon sa quantité. Démonstration. Prenons l’exemple du café. Un café « kava », deux cafés « kavi » et trois cafés « kave » La forme « kavi » est une forme particulière qu’on appelle le duel. Le vrai pluriel ne commence qu’à partir de trois. Et après on dira que l’allemand est difficile…

Dans les nouveaux arrivants de la communauté européenne, force est de constater que la Slovénie est un de meilleurs élèves. Et quand on parle de Suisse des Balkans c’est en référence aux décors mais aussi à une véritable qualité de vie. En revanche difficile de savoir le taux exact de chômage. Les chiffres varient selon les sources de 5 à 11%.

En Slovénie, on favorise et on valorise la culture. A ce titre, les billets de banque représentent, non pas des hommes politiques ou des monuments, mais des écrivains, des peintres ou des compositeurs. La capitale, quant à elle, regorge de sculptures et de bustes honorant ses plus grands artistes.
On laisse une grande place aux nouvelles technologies et plus précisément à l’art numérique. Le centre international d’arts graphiques de Ljubljana est une référence tout comme la Biennale internationale d’art graphique qui s’y déroule.

Partout dans le pays, les spectacles et les festivals sont légion. Sans oublier les nombreuses activités sportives que l’on peut pratiquer dans une nature somptueuse. La Slovénie est en fait concentré de plaisirs pour le corps et l’esprit. Que demander de plus ?

plat du jour& Les locaux14 aoû 2005 06:42 pm

Si le week-end dernier nous avions trouvé Bratislava calme, que dire alors de Zagreb un week-end du 15 août ?

Coin de rue à Zagreb

À part quelques touristes français hagards, se promenant le guide du routard à la main, on a un peu eu l’impression d’une ville fantôme. Mais où étaient-ils en ce dimanche matin ? À la messe pardi. Et c’est ainsi qu’en voulant visiter une église nous nous sommes retrouvés en plein milieu d’un office orthodoxe.
Depuis la fin du communisme, les Croates sont connus pour être particulièrement pratiquant. Les orthodoxes en revanche ne représentent qu’un faible pourcentage de la population.
Mais même si les subtilités nous ont échappé, force est de constater que le spectacle était captivant.
Première surprise, pas une seule chaise dans cette église. Les fidèles debouts pendant tout l’office sont divisés en deux. D’un côté, les femmes et de l’autre les hommes.
Autre surprise, le prêtre est dans une sorte d’antichambre couverte d’icônes. Dos à la foule, tel un guide, il semble donner la direction du bon Dieu. Il ne cesse de psalmodier une litanie lancinante, tandis qu’à l’étage, une chorale chante inlassablement. De manière anarchique, les fidèles enchaînent les signes de croix. Mais étrangement, dans cette atmosphère hypnotisante, le recueillement ne fait pas l’unanimité.
Certaines femmes font ouvertement leur travail de commères et les gens se déplacent librement. Soit pour aller saluer une connaissance, soit pour aller déposer une petite pièce dans l’urne géante au cœur de l’église. Quant à la communion, elle se fait avec du pain et du vin.
Mais il faut avouer qu’au moment du sermon en Croate, on a rendu les armes. Irrésistiblement attirés par la terrasse du café du coin.

Que fait-on à Zagreb un dimanche du mois d’août ? On va au marché bien sûr. Les étales proposent des fruits gorgés de soleil. Alors que les messieurs d’un certain âge se retrouvent pour une petite bière dans les échoppes qui entourent le marché, nous avons pour notre part, décidé de nous offrir une des spécialités locales.
Le Burek. Une recette roborative et étonnamment grasse qui n’est autre qu’un feuilleté à la viande ou au fromage au choix. Il ne sera pas dit que le Mac Do a le monopole de la crise cardiaque. La cuisine de l’est apporte clairement sa pierre à l’édifice. Avec, cependant, une matière première de bien meilleure qualité.
Mais une fois qu’elle a prié, qu’elle a mangé, à quoi se consacre la population zagreboise le dimanche ? Procédons par élimination.
Les Zagrébois ne passent pas leur dimanche au musée. Pour la simple et bonne raison que les musées sont fermés à partir de 13 heures. Incroyable, non ? Surtout frustrant.
Les Zagrébois ne vont pas non plus se promener dans les parcs de la ville, puisque nous les avons tous fait et franchement il n’y avait pas grand monde voire carrément personne.
Les Zagrébois ne vont pas non plus s’installer aux terrasses des cafés à la mode. En effet, nous avons lu une bonne heure au soleil à la terrasse de l’Hemingway Bar et personne n’ait venu déranger ce moment de quiétude.
Les Zagrébois ne sont pas non plus dans les magasins car ils sont tous fermés puisque c’est, rappelez vous, dimanche.
Les Zagrébois ne sont ni dans le quartier historique, ni dans la partie plus moderne de la ville.
Le week end du 15 août, la majorité des Zagrébois n’est pas à Zagreb. Ils sont sur la côte. Au bord de la mer. Il n’y a que des touristes pour croire qu’il y a quelque chose à faire dans la capitale de la Croatie en plein mois d’août. D’ailleurs, c’est simple, on part demain sur la côte !

Les locaux& shopping12 aoû 2005 04:54 am

Qui est Mamie ? Qui est notre logeuse ? Mamie est une maniaque de la propreté. Et franchement, après les auberges de jeunesse, ce n’est pas désagréable. C’est la première personne que l’on voit qui emballe le couvercle de sa poubelle d’un sac plastique. Côté poubelles, c’est une spécialiste, elle les vide plus vite que son ombre !
Chez elle, tout est vieux mais rien n’est usé. Mamie est précautionneuse et organisée. Mamie regarde la télé. Beaucoup. On se demande quoi d’ailleurs. Parce qu’avec les trois chaînes que l’on capte ici, c’est souvent des programmes qui ne sont pas de son âge. Mais en fait, quel âge a-t-elle ? Probablement plus de 75 ans sûrement moins de 80. Allez savoir, elle est pleine de surprises.
Aujourd’hui, étant rentré à l’improviste, nous l’avons croisé en train de descendre les poubelles. Une chance qui nous a laissé exactement une minute pour jeter un coup d’œil dans sa pièce à vivre. Faute avouée à demi pardonnée mais la tentation était bien trop forte.
Le salon de Mamie est comme le reste de l’appartement. Spartiate. Pas de photos de famille. Mamie n’a donc probablement pas de défunt mari, ni d’enfant. Au mur, un canevas d’un berger allemand. Sur l’étagère, trois plantes vertes. Et… un rubik’s cube. Parfaitement, Mamie a un rubik’s cube. Est-ce que le gouvernement en a offert à chaque hongrois dans les années 80 ou fait elle des casse-tête chinois en regardant la télé ? Mystère…
Mamie a également un téléphone rouge. Un téléphone à cadran des années 70. Inutile de vous dire qu’il nous a clairement fait envie. Aussi quand un peu plus tard, nous sommes partis au marché aux puces, notre objectif était clairement défini : trouver un téléphone rouge… Si Mamie l’avait c’est que cela existait, si cela existait, on allait le trouver !
On vous fait grâce de l’épisode sur l’itinéraire jusqu’aux puces. Grosso modo on a mis deux heures pour y aller et finalement se rendre compte au retour que c’était à 500 mètres à vol d’oiseau de chez nous. Habiter en dehors de la carte n’est pas facile tous les jours.
Les marchés aux puces sont un excellent moyen d’en savoir plus sur un pays. Moins rutilant qu’un magasin de souvenirs mais bien plus parlant. Alors qu’est ce que l’on trouve dans les brocantes hongroises ?
Et bien beaucoup de croûtes, de la vieille vaisselle et des bustes en tous genre. D’ailleurs, il y en avait un, cela en était presque comique, qui ressemblait tête coupée à Hitler. Il lui ressemblait tellement qu’à bien y regarder, c’était bel et bien le führer, moustache et mèche de cheveux incluses. Et c’est là que peu à peu, on a découvert toutes sortes d’attirails nazis. Des médailles, des insignes, des tenues… Et pour cause, à l’époque de la guerre, la Hongrie s’était engagée aux côtés de l’Allemagne. Soi-disant pour profiter de l’occasion pour récupérer quelques provinces qu’on leur avait piquées.

Nostalgiques du Reich...

Mais Hitler n’est pas le seul héros de ces marchés. Non, pêle-mêle Lénine, Churchill, le Christ ou encore l’impératrice Marie-Thérèse témoignent de l’histoire mouvementée du pays.
Quant au téléphone rouge, repéré dans un premier temps sur un stand grillagé ouvert seulement le samedi, il a finalement été débusqué dans la toute dernière échoppe visitée. Une victoire triomphante à 2500 forints, à savoir 10 euros. C’est finalement un peu une manière de rapporter un souvenir de Mamie.

Le téléphone rouge!

A notre retour, Mamie regardait la télévision (encore) mais cette fois-ci avec une copine. Et d’un coup, on s’est senti comme rassuré. Cette femme sans photo de famille a quand même des amies.
Comme on a passé un séjour agréable chez elle, on lui avait rapporté trois fleurs. Et là, elle a souri. Comme jamais. On a alors pu deviné la jolie fille qu’elle avait du être. Probablement un peu timide avec des yeux qui en disaient long.
Du coup, le soir l’atmosphère était totalement détendue. On se parlait naturellement. Nous en français, elle en Hongrois. On ne s’est pas forcément compris à 100 % mais ce n’était pas grave. On s’est même rendu compte que l’on commençait tous les trois à prendre des habitudes dans cette cohabitation. Et finalement pendant ces quelques jours on a eu comme l’impression de retrouver l’époque où on passait du temps chez nos grand-mères. On s’attendait presque à se faire vilipender si on ne remettait pas exactement les choses à leur place.
Dans quelques heures, nous reprenons la route. Mamie qui s’appelle en fait Madame Karolyne Brunecker continuera sa vie tranquille. Nous n’en saurons pas plus sur elle. Pourtant, on aurait eu mille questions à lui poser et elle probablement autant d’histoires à nous raconter. Nos vies auront bien peu de chance de se recroiser mais on aura partagé un joli moment d’humanité. Et ça, ça n’a pas de prix.
Mais en attendant, faut faire fissa, d’autres arrivant vont prendre la suite et balai au poing Mamie veut faire le ménage…

Les locaux11 aoû 2005 11:30 am

Le Hongrois pourrait être allemand. Si ce n’est bien sûr qu’il parle hongrois et qu’il habite en Hongrie ! Difficile de faire son portrait robot sans sombrer dans des généralisations grossières et maladroites mais nous avons quand même réussi à glaner quelques informations sur ce fameux autochtone.

Savez-vous par exemple que c’est à un Hongrois que l’on doit l’invention du tout premier ordinateur ? Dans le même esprit, mais un poil plus manuel, c’est aussi un hongrois qui a inventé le Rubik’s cube. Souvenez dans les années 80, ce cube à facettes multicolores qui a failli nous rendre fou. (Certains se vantaient même de pouvoir le refaire les mains dans le dos, j’attends toujours une démonstration !)

Plus sérieusement, on leur doit aussi la pénicilline, un certain Semmel Weiss, qui a aussi beaucoup œuvré pour l’amélioration des accouchements mais on leur doit aussi la bombe atomique (Monsieur Teller, on ne vous félicite pas !)
Aujourd’hui, le hongrois s’illustre dans le sport, avec une véritable prédilection pour la natation, le water-polo et l’escrime. Ils ont aussi quelques champions dans les échecs, mais ce n’est pas très étonnant puisque c’est le passe-temps par excellence des après-midi dans les cafés.

En Hongrie, et ce depuis la Renaissance, il y a toujours eu une véritable passion pour la science et la culture. Le pourcentage d’ingénieurs est d’ailleurs plutôt élevé, si ce n’est qu’ils ont une certaine tendance à émigrer vers les Etats-Unis.

Si pendant l’ère communiste, le Hongrois buvait de la bière en grande quantité, c’est parce qu’elle était moins chère et que le vin était souvent frelaté. Aujourd’hui, c’est du passé et c’est tout un peuple qui redécouvre les plaisirs de son vin local et s’évertue à recréer sa gastronomie. Une gastronomie passée à l’arrière plan ces dernières décennies pour une raison évidente de pénurie. En Hongrie, on a tendance à considérer que les buveurs de vins sont des gens plus raffinés, plus spirituels et plus profonds. A ce titre, on tend à se moquer des Tchèques, des Allemands et à se sentir proche des Français.
Le Hongrois est, parait-il, individualiste mais néanmoins généreux. Surtout quand il s’agit de séduire une fille. Ici l’égalité des sexes est encore une notion exotique. L’homme est un homme et la femme, une femme. Traduisez, il paye au restaurant, elle s’occupe du foyer. (On schématise à peine !) Mais la galanterie reste une valeur phare de la société. Quant aux femmes, si elles ont la charge de l’entretien de la maison, cela ne les empêche pas d’aller de plus en plus travailler.
La famille est une valeur primordiale et dans la mesure du possible une jeune mère essaye de rester à la maison les trois premières années de la vie de son petit.
Côté politique, le gouvernement est socialiste. Mais principalement sur le papier, parce que dans la vraie vie, le premier ministre Monsieur Gyurcsany a une vraie marotte : la privatisation. Les hôpitaux, le gaz, l’électricité, la poste, les biens culturels, il faut, selon lui, tout vendre. Peu importe si les acheteurs sont étrangers. Une politique qui est loin de faire l’unanimité et qui exaspère son principal opposant le Parti Libéral. Ce dernier lui, rêve d’un monde où les entrepreneurs hongrois seraient rois ou tout au moins un tantinet soutenus.
Côté potins, des linguistes et des médecins se sont penchés sur le cas du premier ministre. Ils ont analysé ses discours et il semblerait qu’il soit schizophrène. Une information, qui comme par hasard, réjouit ses adversaires.

En ce qui concerne les chiffres du chômage, on parle de 5%. Mais bon, cela date de 2003 et on est en droit de douter de leur véracité.
Contrairement, à la République Tchèque qui pendant l’ère communiste avait un profil industriel, la Hongrie était, elle, axée sur l’agriculture. A ce titre, aujourd’hui, ce sont les paysans qui trinquent le plus. Déjà, leur parc de machines agricoles date de l’époque soviétique mais en plus bien peu d’entre eux sont tenus au courant des subventions auxquelles ils pourraient avoir droit. Et visiblement, le gouvernement a d’autres préoccupations que de leur faciliter la vie.

En ce qui concerne l’Europe, contrairement à leurs voisins, les Hongrois ne sont pas particulièrement enthousiastes. Pour eux, elle est surtout synonyme d’une forte hausse des prix. Et quand on parle de l’Euro pour 2010, ils n’y croient pas une seconde et ne l’espèrent finalement pas plus que cela.
Certains déplorent qu’après avoir été l’esclave de la Russie, le pays tendrait à tomber sous la coupe des Etats-Unis. A titre indicatif, la Hongrie a envoyé des troupes en Irak pour finalement les faire revenir en mars dernier. (Une décision qui, dès le départ, a partagé le pays.)
Pourtant, les Hongrois ne se sentent pas menacés par le terrorisme. Et malgré leur engagement en Irak et le fait que ce soit une destination touristique, aucune mesure particulière de prévention n’est prise.

Poupées russes politiques...

Etrangement, le hongrois aime particulièrement le cinéma français et il tend même à le préférer au cinéma américain. D’ailleurs, chaque année en avril, les journées du cinéma français sont, parait-il, un grand succès.

Aujourd’hui, le peuple hongrois a un objectif évident, retrouver ses racines et son identité. Une quête pas si simple qui n’est ni facilitée par la politique du gouvernement, ni forcément encouragée par le spectre de l’Europe.

Folklore Hongrie

Les locaux06 aoû 2005 06:53 am

Au moins quand on est en Autriche, on sait où on en est. Même si on parle mal, peu, voire pas du tout allemand, on maîtrise le Guten Tag ou Danke Schön. On connaît le les mots vitaux qui assurent le minimum quotidien.

Horloge - Prague

En République Tchèque, c’est une autre histoire, l’anglais est encore peu répandu et même si l’allemand est sensé être la solution, c’est loin d’être aussi évident. Prenons, par exemple, notre logeuse. Elle parlait Tchèque, on lui répondait en allemand. Le tout agrémenté d’une gestuelle de sourds et muets et de sourires démesurés. « Nous gentils, nous biens élevés, nous amis. » Grosso modo, l’affaire a fonctionné.

C’est après que cela se complique. Dès que l’on veut sortir du circuit touristique. On pense que tout devrait bien se passer alors qu’en vérité on ne sait pas dire bonjour. On a beau avoir lu 45 fois que cela se dit Dobry den ou Ahoj, impossible de le sortir. C’est comme le japonais, aucun point de repère avec nos langues habituelles. A part, taxi et sushi ou Mac Donald, on n’a aucun mot en commun.

Pour entrer en contact avec les Tchèques à part notre sourire, on n’a pas grand-chose d’ autre à offrir. Et pour un peu qu’on ne nous le retourne pas, on se sent comme à poil au milieu de la place Saint Pierre. Et comment dire ? Le Tchèque n’est pas, à proprement parlé, souriant. On pourrait même dire qu’il est circonspect envers cette invasion touristique. Il faut dire qu’au temps du communisme, les tchèques ne voyaient pas vraiment d’étrangers.

Mais notre situation pourrait être pire. En effet, The PraguePost, seul journal anglophone de la ville fait état de la véritable difficulté d’être maghrébin à Prague ces jours ci. Quant aux populations Rom, près d’un tchèque sur deux souhaite les voir partir. On n’ira pas jusqu’à parler de xénophobie mais de peur de l’inconnu. Et on soulignera, tout de même, à titre anecdotique que dans les années 2000, la réédition de « Mein Kampf » en Tchèque a été un best seller. Quitte à être étranger en République Tchèque, autant être asiatique, en effet ils sont considérés comme des travailleurs forcenés et donc respectés.
Les actes racistes existent et comme bien souvent en Europe ils sont perpétrés par les Skin Head, à une différence près, ici ils sont plutôt libres de leurs mouvements.

Malgré l’obstacle de la langue, on a réussi à glaner quelques informations sur le tchèque. Evidemment, dans ce genre d’exercice on tombe toujours dans des généralités faciles et pourtant…
Ici on se lève tôt. La légende raconte que c’est un héritage de François-Joseph (famille Habsbourg, vous le remettez ? ) qui avait l’habitude de se lever à l’aube. Les magasins ouvrent à 7 heures et les bureaux une heure plus tard. L’école et l’université commencent soit à 8 heures, soit à 7heures et quart pour les moins chanceux. Par conséquent, la journée de travail se termine plus tôt. Les spectacles et séances de cinéma sont entre 19 heures et 20 heures. Et même à Prague, il est plutôt compliqué de dîner après 21H30.
Dans ce planning assez sage, l’arrivée du tourisme est un peu comme un bambin dans un jeu de quilles.

Folklore à Prague

Héritage de l’époque communiste, les Tchèques sont, parait il, méfiants envers le nouveau venu. On nous a confirmé qu’ils ne souriaient pas aux étrangers et ne vont jamais engager la conversation avec un inconnu. Si votre but est de vous faire des amis, vous avez intérêt à avoir une connaissance locale qui vous introduira auprès de son entourage. Mais ce n’est pas pour autant que vous serez accueilli à bras ouverts. On n’est pas dans un pays d’effusions et il faut un temps certain avant que les rapports dépassent les relations formelles. Ici, on aime l’humour de préférence noir, la discrétion et la modestie…
Ainsi, si on vous fait un compliment, vous vous devez de non seulement remercier mais rajouter « Je ne crois pas. »

On préserve son chez soi et on n’invite pas facilement. En effet, nous avons logé chez l’habitant mais hors mis notre espace toutes les portes nous étaient fermées. On se doit de quitter ses chaussures pour ne pas salir et plus que cela, traditionnellement on va prendre son bain ou sa douche le soir pour ne pas souiller les draps après une journée d’activité. (Ce qui dans le fond n’est pas un tord !)

Mais comme dans toute civilisation, il y a l’individu et… l’animal sur la route. Ici le monde se divise en deux. Les voitures d’avant, lentes, polluantes et brinquebalantes et les autres, ceux qui ont la chance d’avoir une automobile digne de l’ouest. Les déplacements sur l’autoroute sont tel un jeu vidéo où il faut jongler entre ceux qui vont trop vite et ceux qui ne peuvent pas avancer. On est bien loin du civisme nord américain et les gestes obscènes sont légion. La hiérarchie liée au modèle de la voiture est plus importante que n’importe où ailleurs. Et la grossièreté de certains conducteurs de BMW est ici remplacée par l’arrogance sans borne des propriétaires de Skoda « Octavia ». La version haut de gamme créée par Volkswagen depuis qu’ils ont racheté la mythique marque de l’est. Bref, sur les autoroutes en piteux état, le principe est tout simplement « Chacun pour soi et dieu pour tous. »

Il ne restait plus qu’à vérifier une chose. La République Tchèque a la réputation d’avoir les plus belles filles d’Europe. Et bien, messieurs, détendez vous, on ne trouve pas d’Adriana Karembeuh à chaque coin de rue. Même si force est de constater que le pourcentage de physique agréable est assez important. Et les amateurs de belles gambettes ne seront pas en reste !

Place - Vieille Ville de Prague

Les locaux03 aoû 2005 04:50 am

Dire que les viennois ne sont pas très sympathiques, franchement de la part de parisiens c’est un peu comme le camembert qui dit au roquefort « Tu pues ! » Et pourtant… Ici la ville est tellement sublime et riche de surprises que l’on se laisserait volontiers aller à rêver d’y rester. Puis il suffit d’une serveuse, d’une caissière qui aboie et le rêve disparaît comme une bulle de savon.
Est-ce notre inaptitude évidente à aligner des mots de plus de 2 syllabes dans des phrases de plus de quatre mots qui est exaspérante ? Ou notre incapacité à comprendre cet allemand mâtiné d’accent autrichien ?
Toujours est il que nos contacts avec la population locale ont été clairement réduits. Sauf avec les immigrés. En particuliers, ceux d’Amérique Latine. Plutôt nombreux dans les restaurants et autres repères à touristes. Tant mieux l’espagnol sort plus facilement.
Non soyons honnêtes. Un autrichien est sérieusement sorti de son chemin, au sens propre.
En effet, nous sommes arrivés à Vienne sans carte de la ville. « How stupid is that ? » diraient nos chers touristes américains. Alors on fait confiance à son instinct et on roule. Jusqu’au moment où on a fait 32 fois le tour de la gare de l’ouest à côté de laquelle se trouve l’auberge de jeunesse et rien. Les rues se ressemblent, ont des noms improbables mais toujours pas de Fügergasse.

Tour 1

Et là idée de génie de mon chéri. Il s’arrête et demande à un motard. Deux minutes plus tard, tel le meilleur des GPS vivants, il nous emmène à destination.
Souriant, compréhensif, discret. Notre arrivée sur Vienne est sauvée.
« Les motards, ils sont toujours comme cela ». Moralité, il faut demander aux motards et pas forcément à la mamie qui promène son chien.
Dans un élan de mauvaise foie évidente, je me suis posée la question de savoir qui étaient les autrichiens célèbres. Alors bien sûr, il y en a eu énormément. Prêt pour l’énumération ? Freud, Billy Wilder, Romy Schneider, Herbert Von Karajan, Gustav Klimt, Fritz Lang, Stefen Zweig, Strauss, Schubert, évidemment Mozart, Egon Schiele. Mais honnêtement en personnage vivant ? En ce moment ? Peut être est ce du à notre inculture mais nous n’avons trouvé que deux personnes
Arnold Schwarzzenegger et Jorg Haider.
Le premier 5 fois Mister Univers devenu gouverneur de Californie de la dynastie Bush, l’autre dirigeant de l’extrême droite la plus dynamique d’Europe. Brrr, un frisson dans le dos. Il y en a sûrement d’autres, aidez nous… Donnez nous de belles images d’autrichiens contemporains.