mai 2006


Découvertes22 mai 2006 03:22 pm

Bon d’accord le Canada n’a pas de film en compétition officielle, ni même de court-métrage mais ce n’est pas pour cela qu’ils ne sont pas présents. Bien au contraire. Dimanche, avait lieu le cocktail du stand du Québec.
Sachez que chaque année, le Québec a un stand sur la plage, très joliment fait et particulièrement agréable. On s’y donne rendez vous pour parler business ou se reposer quelques minutes en agréable compagnie.
Chaque année, le cocktail est un moment très sympa où l’on rencontre tout être lié de près ou de loin à la Belle Province en buvant du (bon) champagne. Et bien figurez vous que cette année, il y avait une invitée de marque avec qui j’ai eu la chance de discuter pendant une bonne quinzaine de minutes.
Je vous donne quelques indices. Elle est brune, jolie, souriante, elle aime bien parler cinéma… Non, ce n’est pas Carole Laure (même si elle était là aussi) mais bel(le) et bien la ministre de la culture québécoise.


Carole Laure

En effet, Line Beauchamp est venue pour rencontrer les principaux acteurs du monde cinématographique français et cannois. C’est ainsi qu’elle a passé un long moment avec Renaud Donnedieu de Vabre, notre bien moins joli ministre français de la culture. Elle lui a vivement conseillé d’aller voir le film québécois à l’affiche en ce moment en France : C.R.A.Z.Y. (NB Chers lecteurs français, courrez y, c’est un très bon film!)


Line Beauchamp

Mais les festivités ne s’arrêtaient pas là. Aujourd’hui, la sélection Ciné-Classic proposait une rétrospective d’une dizaine de courts-métrages de Norman McLaren. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Norman McLaren est le maître incontesté du cinéma d’animation des années 50-60.

Si vous n’avez jamais entendu parler de cet artiste, oubliez tout ce que vous avez jamais entendu sur le cinéma d’animation et jetez vous sur l’intégrale qui va sortir en dvd en France début juin.Attention, on est loin de Disney et autre guimauve. On est dans un monde de poèsie où se faufile l’art moderne. C’est beau, surprenant et plein d’humour!  C’est simple, la rétrospective McLaren était mille fois plus impressionnante que…. Le film entièrement consacré à Zidane.
Bonne nouvelle donc, dans les mois à venir, on va pouvoir voir des rétrospectives McLaren à Beaubourg à Paris, à Nice, au Moma à New-York, au Festival de Toronto, à Halifax etc…. Des fims que l’on devrait montrer dans les écoles, je suis sûre que cela engendrerait des enfants bien plus ouverts et sûrement plus curieux… L’antidote à la PSP et autre Gameboy, les courts métrages McLaren!!!

Ça fait rêver22 mai 2006 06:22 am

En fait, il semblerait que tout le monde s’attendait à un festival moyen. Et pour cause, à la veille du 60e on pensait que la direction allait en quelques sortes s’économiser. Faire quelque chose d’assez sage. Et bien force est de constater que bizarrement, il y a quantité de bons films. A tel point qu’il est beaucoup plus rapide de parler de ceux que l’on n’a pas aimé.
Au jour d’aujourd’hui, la perspective du palmarès est on ne peut plus flou. Non pas, comme certaines années par manque de candidats mais au contraire parce qu’ils sont plusieurs à pouvoir d’une manière ou d’une autre y prétendre.
Ken Loach, Almodovar, Nanni Moretti, Kaurismaki, pour ne citer qu’eux, ont chacun à leur manière su séduire leur public.
Bien sûr, il y a tout de même quelques cas à part. Ainsi le film de Nicole Garcia qui en plus d’être décevant est tellement franco-français que l’on imagine combien les étrangers ont du s’ennuyer. Et puis il y a un ovni. Southland tales avec Sarah Michelle GELLAR.
Un film qui commence de manière assez captivante. Nous voici au Texas. Un enfant prend la caméra de son père. Il filme une fête dans sa famille, il se déplace de salle en salle. La date indique le 4 juillet. Il sort et filme les voisins en train de festoyer. Il revient à l’intérieur, on aperçoit alors à travers les stores un éclair. L’enfant se précipite dans le jardin. La caméra tourne toujours et on assiste à une explosion nucléaire. Générique.


Sarah Michelle Gellar

Nous sommes alors en 2008. Et dieu que les choses, la mode, les gens ont changé. Soudain on ne sait plus si on est dans un nouvel Austin Power ou dans une série Z.  Comédie, parodie? Difficile à dire. (Ni l’un ni l’autre semble t il par la suite.)  Pour être clair sur l’histoire revenons au synopsis officiel:
“Pour répondre à la pénurie de carburant, la compagnie US-IDent élabore un générateur d’énergie inépuisable, qui fonctionne sur les flux de l’Océan mais altère imperceptiblement la rotation de la Terre.” 

Et à partir de là, nous voilà dans une histoire de 2h40, avec plus de 150 personnages qui semblent vouloir plein de choses mais on ne sait pas trop bien quoi. On se retrouve dans un marasme d’images et d’infos sans queue ni tête. Enfin des têtes oui, parce que soudain on découvre Christophe Lambert avec un look Subway qui semble œuvrer pour les marxistes puis on croise Mademoiselle Buffy contre les vampires qui, elle, est une star du porno qui veut la chute du gouvernement. Drôle de truc qui m’a laissé on ne peut plus perplexe.
Bref, par la suite, je suis allée voir toutes sortes de journalistes que je ne connaissais pas pour leur demander ce qu’ils avaient pensé du film du matin. Chacun dans ses termes a fini par avouer “Je n’ai pas tout compris”. Pourquoi choisit on un tel film? Y a-t-il quelqu’un qui a aimé qui pourrait me traduire en quelques mots l’histoire et son intérêt?

Beaucoup plus simple et particulièrement impressionnant: la séance spéciale d’hier soir à 22h15.
L’occasion de découvrir les 20 premières minutes du prochain film d’Oliver Stone sur le 11 septembre 2001. Le tout présenté par Monsieur Stone accompagné de Charlie Sheen et de William Dafoe.

Si certains clamaient ces derniers jours qu’il était trop tôt pour un tel film, une chose est certaine on ne les entendra plus aujourd’hui. En effet, non seulement l’émotion était palpable dans la salle, mais la réalisation a fait l’unanimité. La 20ième minute correspondait à l’effondrement des tours. Le silence qui s’en suivi fut assourdissant. Tout le monde souhaitait voir la suite, même si quelque part on connait l’histoire. Nul doute, le film d’Oliver Stone sera le grand rendez vous de l’été prochain.

Coups de gueule21 mai 2006 12:57 pm

L’avantage de Cannes, ne boudons pas notre plaisir, c’est la conférence de presse qui suit le film. L’occasion rêvée de voir les acteurs “en vrai”. Il y a les stars qu’on découvre en chair et en os et puis ceux qu’on ne connait que depuis deux heures qui parfois s’avèrent très différents de leur rôle.
C’est assez magique mais soyons honnêtes…. Parfois très ennuyeux.
Il faut dire que nombre de journalistes posent des questions assez hallucinantes de stupidité. Telle cette journaliste chinoise qui a demandé à Penelope Cruz “Dans le film, vous semblez beaucoup plaire aux hommes, qu’en est il dans la vraie vie depuis votre séparation avec Tom Cruise?”
Ou encore ce journaliste islandais qui dérouta Tom Hanks en l’apostrophant d’un ”Pourquoi aimez-vous l’Islande?” 

Bien souvent les questions profondes sont rares, quant aux réponses… cela dépend bien sûr de la volonté des interviewés.
Ainsi prenons l’exemple de la conférence de presse du film de Nicole Garcia Selon Charlie(qui soit dit en passant est ennuyeux à mourir)
Belle brochette prometteuse puisqu’on y croisait, outre la réalisatrice Benoît Magimel, Benoît Poelvorde, Vincent Lindon et Jean-Pierre Bacri.
Hormis Poelvorde qui a su être drôle, vivant, surprenant, généreux comme à son habitude, le reste de l’équipe semblait fort contrariée d’être là.
Nicole Garcia a enfilé les banalités et les poncifs comme personne.
Benoît Magimel n’a pas su se départir de sa mine sombre et ennuyée.
Quant à Vincent Lindon et Jean-Pierre Bacri, ils ont passé l’heure à se murmurer des plaisanteries à l’oreille.
Mais la palme de la mauvaise éducation est incontestablement décernée à Bacri. A la première question qui lui a été posée, il a répondu de manière assez laconique qu’il choisissait un rôle parce qu’il lui plaisait et qu’il n’avait sûrement pas envie de disserter pendant des heures dessus. A bon entendeur, le rideau était tombé.
Alors pourquoi venir? Quel est l’intérêt d’être à Cannes si c’est pour faire la gueule et refuser de répondre aux journalistes. On pourrait prétexter une mauvaise journée, une rage de dents, des chaussures qui lui font mal, seulement la dernière fois qu’il était présent pour son film Comme Une Image (Prix du scénario), Bacri n’avait pas fait mieux. Il avait d’ores et déjà affiché un mépris doublé d’une mauvaise humeur flagrante.

Autre conférence, autre ambiance, celle de Nos Amis les hommes, le dernier dessin animé de Dreamworks.
Au générique et dans la salle, Bruce Willis, Avril Lavigne et Nick Nolte.
Quand on a une star de l’envergue d’un Bruce Willis, on peut être sûr qu’il y aura de l’animation et du plaisir. En effet, contrairement à certains acteurs français aigris, les stars américaines savent jouer le jeu et semblent même y prendre du plaisir. Ainsi dès les premières secondes, Bruce Willis a su séduire son public, en se présentant comme George Clooney. Réactif, drôle, généreux, il n’a pas hésité à faire une imitation du chat dans Shrek II interprété par Antonio Banderas ou encore à faire le chat qui recrache une boule de poils.

A ses côtés, Avril Lavigne a, de son côté, parfaitement joué son rôle d’apprentie comédienne qui fait ses premiers pas dans le métier.
Quant à Nick Nolte, il était, quant à lui, tellement investi de son rôle dans le dessin animé qu’il n’en semblait pas tout à fait sorti. En effet, dans Nos amis les hommes, il est un ours terminant son hibernation… A la conférence de presse, il était un Nick Nolte qui s’endormait.

Inévitablement, personne n’osait lui poser de questions, respectant son petit somme. Jusqu’à une journaliste qui s’est levée pour poser une question à…. Chuck Norris!! Devant la surprise de la salle, Bruce Willis a simplement déclaré “Bon et bien je vais prendre la question” Elle a insisté “Non, non Chuck Norris” en montrant Nick Nolte du doigt. Notre gros ours fatigué a, alors, ouvert un œil pour finalement entonner quelques notes d’harmonica et se rendormir peu après.
Pour terminer la conférence de presse, une journaliste chinoise fort intrépide a tout de même souhaité lui poser une question. Si la question n’était pas très claire, la réponse le fut encore moins. Nick Nolte, vraisemblablement épuisé, a marmonné quelques phrases bien difficiles à comprendre. L’ours avait définitivement besoin d’aller terminer son hibernation avant la montée des marches!!!

Potins21 mai 2006 12:26 pm

Chaque matin, on peut se procurer toutes sortes de presse professionnelle gratuite où on apprend mille nouvelles choses sur les projets en préparation.
Et pour cause, en parallèle du festival et de ses nombreuses sélections, il y a aussi le plus important marché du film du monde. Ici se négocient toutes sortes de projets, des financements se bouclent et nombre d’aventures commencent. A titre d’exemple, l’année dernière, pendant le festival, le financement de Fast Food nation s’est bouclé, le tournage a commencé pendant l’été et c’est ainsi que l’on a pu voir ce film dans la sélection officielle de cette année.

Nous reviendrons à l’occasion sur le marché du film.
En attendant, voilà ce qui nous attend pour les mois à venir.

. Olivier Assayas, grand habitué de Cannes (Les Destinées sentimentales, Clean…) va transposer à l’écran le roman de Douglas Kennedy A La  Poursuite du bonheur. Le film sera tourné en anglais et sera une coproduction entre la Grande-Bretagne, le Canada et la France. L’auteur, et c’est une première pour Douglas Kennedy, fera lui-même l’adaptation. En attendant, Assayas va tourner dès cet été un film avec Asia Argento et Michael Madsen.

. Après Vers le Sud, film inspiré des nouvelles de Dany Laferrière, Laurent Cantet va adapter un autre livre. Entre les murs, succès récent de François Bégaudeau, qui raconte le quotidien d’un collège de zone sensible.

. Marjane Satrapi, dessinatrice iranienne, voit ses bandes dessinées adaptées au cinéma. La sortie est prévue pour mars 2007 et le casting des voix est plutôt pas mal: Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni, Danielle Darieux, Simon Abkarian etc…

. On n’en a pas fini avec la Joconde. Un film italien Stealing the Mona Lisa devrait en remettre une couche. L’accroche est simple “Quand le chef d’œuvre de Da Vinci disparait, le thriller commence…” Hormis une pléiade d’acteurs italiens que l’on ne connait pas, on notera au générique le nom de Cécile Cassel, la petite sœur de Vincent… On avait déjà aperçu la jolie jeune fille dans quelques rôles et entre autres dans le dernier (ou avant dernier?!) épisode de Sex in the City.

. Jean Dujardin est incontestablement devenu une star puisqu’on le retrouve dans les colonnes du journal Variety. On y apprend en effet qu’il jouera dans un thriller réalisé par Olivier Marchal aux côtés de Laurent Lucas. Oliver Marchal est un ancien flic à qui on doit  36 Quai des Orfèvres. Jean Dujardin jouera également dans Astérix 3 dont le tournage démarre le mois prochain.

. Hollywood Reporter propose quotidiennement des critiques…. Gastronomiques des soirées. Selon la cuisine et l’élégance des soirées, ils décernent de 1 à 5 martinis. Ainsi la soirée Volver obtient 4 martinis alors que celle de Fast Food Nation se contente de 2.5 martinis. Preuve s’il en est que les reporters du journal arrivent jusqu’au buffet à tous les coups, ce qui, franchement, n’est pas donné à tout le monde.

Coups de gueule21 mai 2006 11:50 am

Franchement à Cannes, on rêve de rêve plus qu’on ne le côtoie véritablement. Sur la Croisette des centaines voire des milliers de badauds se promènent à la recherche de leur portion  de paillettes.
Tout est bon pour à son tour transmettre un peu de merveilleux autour de soi.
On fait la queue à la sortie des hôtels, parfois pendant des heures. On reste des journées entières devant les plateaux de télé avec l’espoir de voir quelque chose que les autres n’auront pas.
Une voiture officielle, un mouvement de foule, tout est synonyme d’espoir.

Mais à force de traquer la star, on finit par ne plus la voir. C’est ainsi qu’hier tout les regards étaient braqués sur un attroupement. Qu’y avait-il à voir? Qui arrivait? Et personne n’a vu le très beau Benoît Magimel passer à quelques mètres d’eux après être allé faire des emplettes (totalement incognito) du côté de la rue d’Antibes. Ce soir-là, ces gens-là allaient hurler son nom alors qu’il monterait les marches, ils se déhancheraient pour prendre une photo floue et lointaine, sans savoir qu’ils l’avaient frôlé quelques heures plus tôt. Hasard et coïncidence qui plairait sûrement à Lelouch.

L’avantage d’une foule qui rêve de rêve, c’est que soudain elle devient un marché potentiel exceptionnel et particulièrement réceptif. Ainsi, les sponsors ne s’y trompent pas. Nescafé distribue volontiers des cappuccinos gratuits que les consommateurs achèteront par la suite en souvenir de leur escapade cannoise. L’Oréal fait tous les 50 mètres la promotion de ses nouveaux rouges à lèvres. Malins, chaque couleur est officiellement celle qu’utilise l’une des stars de l’écurie. Vous pouvez ainsi choisir le rose nacré Laetitia Casta ou  le marron moiré d’Hale Berry, avec en prime chaque tube de rouge estampillé de l’autographe de la star.
Et oui, c’est bien connu, le rêve fait vendre. Et pour quelques euros, on peut s’offrir d’une manière ou d’une autre un peu de magie cannoise. Chaque enseigne commerciale essaie ainsi de s’approprier le festival à sa manière, comme on pourrait le faire avec les décorations de Noël. C’est ainsi que l’on retrouve la photo d’Almodovar pour promouvoir un slip ou Liz Taylor comme icône du fromage de chèvre.

 

Tout cela serait plutôt amusant et bon enfant si cela n’engendrait pas  des dérives inquiétantes. Reprenons. Une foule massive en quête de rêve, à la recherche de nouveautés et d’inattendu…  A part les rois du Marketing, qui peut être tenté par un tel réservoir de population potentiellement crédule? Les sectes bien sûr. En l’espace d’une demi-heure sur la Croisette, je me suis vue remettre des tracts des disciples de Raël puis des témoins de Jéhovah. Et pas de doute, à les observer, ils n’avaient aucun mal à faire leur marché parmi tous ces gens qui rêvaient d’un peu de rêve….

Potins19 mai 2006 12:45 pm

Et si Ethan Hawke était le fils caché de Nick Nolte? Pour avoir vu hier soir Nick Nolte et regardé attentivement Ethan Hawke durant la conférence de presse de Fast Food Nation, une certaine ressemblance m’a sauté aux yeux…
En tous cas le film Fast Food Nation basé sur le best seller d’Eric Schlosser est une petite merveille. Une fiction basée sur des faits réels qui vous démontre par A + B que définitivement aller manger chez Mac Do ou même tout simplement du steack haché industriel est une très mauvaise idée. D’ailleurs, aucune personne de l’équipe n’est retournée dans un fast food après le tournage.

Ah oui et puisqu’on est dans les potins, Almodovar a avoué avoir envisagé pendant quelques mots d’accepter de réaliser Brokeback mountain. Sans nul doute, le film aurait été bien différent. Peut être qu’Antonio Banderas en travesti espagnol les aurait rejoint pour la partie de pêche….

Coups de coeur19 mai 2006 12:38 pm

A Cannes quand un film est bon, on le sait avant même la projection. Phénomène assez étrange, surtout quand personne n’est sensé avoir vu le film auparavant. Cela dit concernant Pedro Almodovar, ce n’était pas très compliqué puisque le film est sorti depuis 10 semaines en Espagne où il a allégrement dépassé le million de spectateurs.
Almodovar est un enfant chéri de la Croisette qui, bizarrement, n’a jamais reçu la palme d’or. Pour Tout sur ma Mère, il l’avait bien en travers de la gorge l’ami Pedro, à tel point qu’à l’époque il l’avait dit avec beaucoup de franchise en conférence de presse.
Mais bon, il n’est pas rancunier, il est revenu et aller savoir si le titre n’est pas aussi un clin d’œil inconscient à ce retour?
Tout cela pour dire que hier soir, alors qu’on sirotait une coupe de champagne à la soirée Paris, Je t’aime, inlassablement quelqu’un finissait par lâcher “Faudrait y aller là, parce que demain la projo de 8h30, elle va être prise d’assaut!… Il faudrait penser à aller dormir.”
A force d’y penser, on a fini par aller faire dormir les yeux bien après l’heure de Cendrillon… Mais bon comme on y tenait vraiment à cette projection, on s’est quand même levé à 6h40 pour être sur place à 7h55 et finalement s’endormir sur le coup des 9h05… 

Vaillamment, je suis donc repartie à la foire d’empoigne à 15 heures pour réussir à me faufiler dans la foule compacte des futurs fans de Volver. In extremis, j’ai retrouvé les copains qui avaient préféré dormir dans leur lit ce matin et qui, pour certains, ont fait leur sieste durant la projection de 15 heures.
Pas que le film soit soporifique, non pas du tout. Il est même très joliment réussi. Penelope Cruz est une nouvelle Sofia Loren sublimissime (à qui on a quand même du rajouter un joli petit faux-cul!), l’histoire est drôle, touchante et riche en rebondissements.


 Penelope Cruz

Almodovar sait incontestablement filmer les femmes comme personne. Il les rend belles, généreuses, charmantes et ce quel que soit leur âge. Il sait aussi nous faire passer des rires aux frissons comme un rien. Mais arrêtons les clichés, courrez plutôt voir Volver, qu’on peut aisément aller voir plusieurs fois… même si on n’a pas dormi.


Pedro Almodovar

Coups de coeur& Découvertes19 mai 2006 12:21 pm

Il y a quelque chose de particulièrement magique à Cannes, c’est la naissance d’une star.  On est en conférence de presse et toute la salle sait sans le moindre doute que la personne présente est vouée à un avenir exceptionnel.
Ainsi, il y avait eu 1992 Sharon Stone avec Basic Instinct.
Dans un autre registre, en 2003, on avait vu débarquer un jeune homme timide et charmant avec Emmanuelle Béart pour Les Egarés. On percevait de la graine de star et effectivement aujourd’hui Gaspard Ulliel est incontournable.
Et bien aujourd’hui, c’était encore dans une autre catégorie et un autre style que l’on a assisté à l’éclosion d’une nouvelle star. 

Peut-être l’avez-vous déjà vue. En effet, son film Maria, pleine de grâce raconte l’histoire d’une jeune colombienne qui pour gagner un peu d’argent accepte d’avaler de la drogue pour la transporter aux Etats-Unis. Personne ne pouvait rester insensible à sa prestation qui lui valut un succès considérable à Deauville, à Sundance puis une nomination aux Oscars.
Catalina Sandino Moreno, puisque c’est d’elle dont il s’agit, incarnait parfaitement le titre Maria pleine de grâce.

Difficile d’oublier ce regard à la fois fragile et déterminé, et c’est avec grand bonheur que j’ai retrouvé Catalina dans le court-métrage de Walter Salles (Paris, Je t’aime). Elle y joue le rôle d’une sud-américaine qui vit en banlieue parisienne. Alors qu’il fait encore nuit, elle dépose son bébé de six mois à la crèche. Son bébé pleure, elle lui chante une comptine en espagnol pour l’apaiser. Puis vient, le bus, le train, le métro pour finalement arriver dans un appartement ultra-chic du 16e arrondissement où elle s’occupe d’un autre bébé de 6 mois. Une histoire simple où une fois de plus Catalina dit peu mais ses yeux racontent le reste.

Mais comme un bonheur ne vient jamais seul, Catalina sera ce soir sur les marches rouges pour présenter l’excellent film Fast Food Nation où elle campe le rôle d’une mexicaine qui vient illégalement aux Etats-Unis pour une vie meilleure.
Si on ne peut s’empêcher de voir de véritables points communs et passerelles entre ces trois rôles, on peut  mesurer toute la finesse et l’intelligence de son jeu.
Tôt ou tard, Catalina pleine de grâce ne jouera plus les immigrés et aura, sans nul doute, des rôles aussi variés et riches que son talent semble prometteur.

Coups de coeur19 mai 2006 12:02 pm

La presse américaine n’en revient décidément pas de combien Paris peut être sous les feux de l’actualité cannoise de cette année.
Il y a évidemment Da Vinci Code, à l’occasion duquel Ron Howard n’a pas tari d’éloges sur les compétences des équipes techniques françaises. 

Il y a aussi bien sûr Marie-Antoinette dans le somptueux château de Versailles. A ce propos, les mauvaises langues qui ont déjà vu le film disent que non seulement c’est terriblement ennuyeux mais ce n’est rien autre que le retour de Lost In Translation. Remplacez Bill Murray qui s’ennuie au Japon par l’Autrichienne qui s’ennuie à Versailles. Et si lui se réconfortait en buvant quelques coups, elle préfère se goinfrer de macarons. Et voilà! Changement de décors, de nationalité mais semble-t-il pas d’histoire. Affaire à suivre.
Et donc Paris était bien sûr particulièrement mis en valeur hier soir lors de l’ouverture de la section Un Certain Regard avec le film Paris, Je t’aime.
Soyons honnêtes, tout le monde était sceptique mais tout le monde était malgré tout très impressionné par la liste de personnalités présentes. Comme disait Thierry Frémaux le directeur du Festival “Nous avons eu la plus belle montée des marches depuis le début du festival…. Nous en sommes au deuxième jour!!!”
Cela dit, jugez plutôt, pêle-mêle et dans le désordre:
Gus Van Sant, Gaspard Ulliel, Marianne Faithfull, Juliette Binoche, Nick Nolte, Fanny Ardant, Gena Rowlands, Olivier Assayas, Sylvain Chomet, Alfonso Cuaron, Vincenzo Natali, Ludivine Sagnier, Hippolyte Girardot, Miranda Richardson, Elijah Wood et bien sûr Alexander Payne.
Si je vous dis que c’est son court- métrage qui a été le plus applaudi vous allez hurler au favoritisme….. et pourtant.

 

Sans nul doute donc, la présentation de Paris, je t’aime a été un véritable succès avec une standing ovation particulièrement enthousiaste. Il faut dire que même si les court-métrages sont de qualité inégale, aucun n’est à proprement parlé. On navigue habilement entre le rire, l’émotion, la surprise.
Le jeune monteur du film, Simon Jacquet a fait un travail exceptionnel puisque c’est lui qui a monté (pratiquement) l’ensemble de court-métrages. D’ailleurs, à la fin du générique, les réalisateurs les uns après les autres venaient le féliciter chaleureusement alors que la salle entière continuait à applaudir à tout rompre. Il a su garder la tête froide, avec beaucoup de gentillesse, discrétion et élégance. Ce n’est pas si souvent. 

Le tout s’est bien sûr terminé, comme il se doit, par une fête sur la Croisette. L’occasion pour moi de rencontrer Nadine Eïd, l’amie de longue date et co-scénariste d’Alexander. Une femme absolument charmante à qui on doit l’écriture de plusieurs pièces de théâtre, dont la dernière Célibattante a connu un véritable succès à Paris.

Ça fait rêver18 mai 2006 08:45 am

Mais bon à Cannes, on ne fait pas que la guerre. Quoique… quand on voit combien de fois par jour, par heure on est bousculé par des gens qui ne s’excusent jamais!!! Enfin, Cannes n’est pas une école de savoir-vivre et comme dit mon papa “Il n’y a rien de plus bête que la foule.” Arrêtons de nous plaindre quelques instants pour aussi parler de choses biens. C’est ainsi que ce matin, j’ai eu un message sur mon répondeur de Monsieur Alexander Payne himself pour m’annoncer qu’il m’attendait à son hôtel à 18h45 pour aller non seulement monter les marches en sa compagnie mais aussi voir Paris, Je t’aime.

Enchainement d’évènements assez classique. Une invitation qui tombe du ciel, évaluation de la tenue du moment (en l’occurrence jean- converse), sprint vers l’appartement et finalement métamorphose dans les toilettes du Palais en fin de journée… Il faut croire que le thème de la journée était “les réalisateurs à succès appellent Katia Chapoutier.” En effet, j’ai reçu un texto de Christian Carion, réalisateur de Joyeux Noël et Une Hirondelle a fait le printemps. “Je suis au Martinez, et vous?” J’avoue que la question est assez basique mais je n’ai pas encore trouvé la réponse adéquate.

“Nous sommes dans un appartement au bout du monde, de l’autre côté de la voie ferrée, après un sous-terrain coupe-gorge.” Non pas terrible. L’option “Nous louons un appartement” engendrera logiquement un SMS du style “Où ça?”

Le logement à Cannes est un sujet épineux. Tout est cher, compliqué et bien souvent trop loin. A pars pour nos amis Alain et Nono, eux ils ont tout compris, ils viennent de louer un bateau à quelques minutes du Palais. L’occasion pour nous heureux proches, d’aller prendre de temps à autres un petit pastis comme de véritables stars!!!

« Previous PageNext Page »


| Copyright © 1999-2006 Les Consultations Amabilis Inc. | Amabilia.com | Décharge de responsabilité |