Le premier jour du festival c’est un peu comme une rentrée des classes. On est plutôt content de retrouver ses camarades mais on a un peu de mal à retrouver ses repères, son rythme.
Où récupère-t-on les accréditations? A quoi ressemble le sac du festival cette année?  Et toi, ton appart il est où?
Autant de questions vitales qui donnent le ton aux 12 jours suivants.
Après la parenthèse Cendrillon de l’année dernière, je reprends un train de vie normal, tout au moins aussi normal que la vie ici puisse l’être ici. Finie la vie de Reine (ette) pour reprendre le rythme de fourmi, au même titre que les 4000 autres journalistes venus du monde entier.
Mais il n’y avait pas besoin d’être journaliste pour voir arriver la déferlante Da Vinci Code.
Dès l’arrivée à la gare de Cannes, on est accueilli par les affiches de Tom Hanks et Audrey Tautou. Une fois dans le Palais, on se retrouve face à face à une galerie de Joconde au style Warholien. Le message est clair et simple: Da Vinci c’est fashion et incontournable. Quid du film alors?
Et bien aussi surprenant que cela puisse paraître et contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, le Da Vinci Code (DVC pour les intimes) n’a pas suscité de véritable passion.

Da Vinci Code

Des moues dubitatives, quelques rires, un ou deux sifflements, des commentaires mais pas de réelles prises de positions. Ni chef d’œuvre, ni navet, le DVC est un film de divertissement qui tient, tant que faire se peut, son public en haleine.
Pour le reste, les avis divergent. Les Français sont très fiers de Paris et du Louvre si joliment filmés, les Anglais n’aiment pas l’image de Londres qui est montrée. Pour certains le film est trop bavard, pour d’autres Ron Howard est passé à côté de l’essentiel du livre.
Pour ma part, étant donné que je suis la seule, avec probablement ma nièce de 7 mois, à ne pas avoir lu le best seller de Dan Brown, je ne me prononcerais pas sur la qualité de l’adaptation.
Par contre, force est de constater que notre petite Audrey Tautou tire tout à fait son épingle du jeu. Elle nous fait définitivement oublier Amélie Poulain et franchement c’est un sacré joli brin de femme qui semble à l’aube d’une bien belle carrière internationale.
Jean Reno, pour sa part, nous offre une caricature de lui-même dans son rôle de flic français agressif.
Quant à Tom Hanks, je vous avouerais que je suis un peu inquiète pour lui. En effet, son air contrit tout au long du film nous laisse à croire qu’il pourrait souffrir de maux de ventre assez sérieux. Peut-être une intolérance à la gastronomie française?
 La conférence de presse s’est déroulée sur le thème “doit-on prendre au sérieux toutes ces allégations?” A la question “Pensez-vous véritablement que Jésus était marié à Marie-Madeleine?” l’acteur Ian McKellen a répondu, non sans humour, “Pour l’église qui a toujours eu des problèmes avec l’homosexualité, ce serait une preuve formidable que Jésus n’était pas gay.”
D’une conférence de presse à l’autre, c’était ensuite avec les membres du Jury que nous avions rendez vous. Belle brochette de personnalités, avec lesquels on irait volontiers voir quelques films.
Samuel L. Jackson avec sa classe et sa décontraction légendaires, Patrice Lecomte, toujours aussi simple et sympathique, Wong Kar Waï dont on devine derrière les lunettes noires, le regard malicieux, Tim Roth, Helena Bonham-Carter. Sans oublier, pour les amateurs, la belle Monica Bellucci.

Jury Cannes 2006 

Ahhhh Monica Bellucci… Surtout les filles ne dites pas de mal de la belle italienne sinon on vous taxera de jalouses et d’envieuses. Alors comme tout le monde, extasiez vous devant cette poupée de cire qui chaque seconde de la vie semble poser devant un objectif. Pas un cheveu, pas un cil ne bouge. Et si dans le pire des cas, une légère brise soulevait sa frange, aucun risque, le coiffeur est là à moins de dix mètres.

John Nollet

En effet, si vous voyez Monica Bellucci, vous pouvez être sûre qu’à quelques pas il y aura John Nollet. Son ami, son confident, son premier fan qui lorsqu’il n’est pas en train de la coiffer, la filme avec admiration et passion. La rumeur raconte que lorsque Vincent Cassel n’est pas là, c’est lui qui partage la chambre de la belle. Il faut dire qu’il est loin d’être désagréable à regarder, particulièrement sympathique et aurait le bon goût de préférer les garçons. Peut-on rêver de meilleure compagnie?  

Pour terminer, un autre film a suscité une véritable cohue à l’entrée de la projection de presse. Il s’agit du film d’ouverture d’Un Certain Regard “Paris, Je t’aime.” 20 courts-métrages sur les 20 arrondissements de Paris. Parmi les réalisateurs, Wes Craven, Olivier Assayas, les Frères Cohen mais aussi nuestro presidente d’un Certain Regard 2005, j’ai nommé Monsieur Alexander Payne. Notre Mister Charming fera donc son grand retour sur la Croisette pour présenter son court-métrage mais aussi son travail de comédien puisqu’il interprète Oscar Wilde dans le court-métrage de Wes Craven.

Ce n’est plus Paris, Je t’aime mais Alexander, on t’adore!!!