Ça fait rêver


Ça fait rêver24 mai 2006 12:56 pm

Le film de Sofia Coppola est dangereux. Il devrait être précédé d’une annonce de prévention pour la santé publique “Attention ce film peut être à l’origine d’une prise de poids dangereuse pour la santé.” Pourquoi? Parce que visiblement Marie-Antoinette adorait manger des sucreries et des pâtisseries. Du coup, tout le long du film on a envie aussi de douceurs et c’est ainsi qu’on se retrouve à écrire son blog en mangeant une énorme glace caramel-chantilly. C’est une horreur, on en met partout sur le clavier, tel Alceste dans Le Petit Nicolas…
Plus sérieusement, c’était donc aujourd’hui la présentation du film probablement le plus attendu du festival. D’ailleurs ce matin, les gens dans la rue qui cherchaient des invitations commençaient 150 mètres plus tôt que d’habitude.
Evidemment, depuis que le temps que l’on nous parle du tournage top secret de Sofia Coppola à Versailles et de Marie-Antoinette nouvelle icône super tendance de la mode, on voulait voir. De son côté, Thierry Frémaux, directeur du festival, disait assez justement ”C’est une femme branchée du XXIe siècle qui fait le portrait d’une femme branchée du XVIIIe siècle.” Même si on manquait un peu d’électricité à l’époque, l’Autrichienne, nul doute, savait faire parler d’elle et provoquer des vagues. Et, Evelyne Lever, sa biographe officielle n’hésite pas à la comparer à Lady Diana.
Entre le personnage fantasque, sa réputation, et le style assez rock’n roll de Sofia Coppola, forcément il y avait de quoi s’attendre à un mélange détonnant.

 

Alors me direz-vous? Qu’en est-il? Vous avez peut être entendu dire que le film a été sifflé ce matin? Bon oui, un peu. Mais ce n’était pas non plus une avalanche de tomates pourries et un rejet de la population. C’était une déception polie de la part d’une partie du public.
Car n’ayons pas peur des mots, comme X Men III peut être un film de garçons, et bien Marie-Antoinette est un film de filles. Mais alors un vrai. Les hommes sont voués à s’y ennuyer aussi mortellement que lors d’une séance de shopping du samedi après-midi qui n’en finirait pas…
En effet, Sofia Coppola a tout simplement eu la merveilleuse chance de jouer à la poupée de manière magistrale. Et elle en a bien profité…
Les décors, les costumes, les comédiens sont magnifiques. Tout est beau mais franchement il ne se passe pas grand-chose. On ne peut pas dire non plus qu’il y ait une véritable prise de position ou ni même un regard sur la personnalité complexe de la Reine de France. Pourtant, Sofia Coppola avait lu l’excellente biographie très analytique de Stephen Zweig (que je vous recommande absolument)
Seulement voilà, la pauvre petite fille riche sait laissée émouvoir par l’ennui d’une autre pauvre petite fille riche enfermée dans son magnifique château.

Pourquoi est-ce un film de filles? Parce que si vous faites abstraction de la vacuité de l’histoire, et bien vous passez un moment délicieux. Les costumes de Milena Canonera (qui avait déjà travaillé entre autres sur Barry Lindon) sont une caresse pour les yeux et l’âme. Les couleurs sont superbes et ne sont pas sans rappeler les nombreux macarons Ladurée qui parsèment le film.

Le hameau de la Reine avec sa petite ferme est un délice dans lequel on rêverait d’aller s’amuser. Les intérieurs de Versailles ressemblent à n’importe quel rêve de petite fille… en mieux. Les milliards de pâtisseries sont à tomber d’envie. C’est beau, c’est coloré, c’est romantique. Bref, Marie-Antoinette est la vie rêvée d’une Princesse.

Et puis, Sofia Coppola a eu la bonne idée de filmer cette vie Jet-setteuse du XVIIIe siècle en y incorporant des véritables jet-setteurs parisiens. C’est ainsi que l’on a l’impression de feuilleter Gala ou Paris Match et que l’on découvre, par exemple, Victoire de Castellane, créatrice de la joaillerie Dior qui visiblement a beaucoup aimé faire partie de cette cour versaillaise.

Alors faut-il aller voir Marie-Antoinette? Oui, pourquoi pas? Entre copines avant d’aller prendre un thé chez Ladurée et manger les mêmes macarons que la Reine, tout au moins celle du XXIe siècle qui écoute Air et ne recule pas devant une paire de converse de temps à autres. Mais par pitié, laissez vos hommes à la maison, cela vous évitera bien des râleries…


Macarons Ladurée

Ça fait rêver22 mai 2006 06:22 am

En fait, il semblerait que tout le monde s’attendait à un festival moyen. Et pour cause, à la veille du 60e on pensait que la direction allait en quelques sortes s’économiser. Faire quelque chose d’assez sage. Et bien force est de constater que bizarrement, il y a quantité de bons films. A tel point qu’il est beaucoup plus rapide de parler de ceux que l’on n’a pas aimé.
Au jour d’aujourd’hui, la perspective du palmarès est on ne peut plus flou. Non pas, comme certaines années par manque de candidats mais au contraire parce qu’ils sont plusieurs à pouvoir d’une manière ou d’une autre y prétendre.
Ken Loach, Almodovar, Nanni Moretti, Kaurismaki, pour ne citer qu’eux, ont chacun à leur manière su séduire leur public.
Bien sûr, il y a tout de même quelques cas à part. Ainsi le film de Nicole Garcia qui en plus d’être décevant est tellement franco-français que l’on imagine combien les étrangers ont du s’ennuyer. Et puis il y a un ovni. Southland tales avec Sarah Michelle GELLAR.
Un film qui commence de manière assez captivante. Nous voici au Texas. Un enfant prend la caméra de son père. Il filme une fête dans sa famille, il se déplace de salle en salle. La date indique le 4 juillet. Il sort et filme les voisins en train de festoyer. Il revient à l’intérieur, on aperçoit alors à travers les stores un éclair. L’enfant se précipite dans le jardin. La caméra tourne toujours et on assiste à une explosion nucléaire. Générique.


Sarah Michelle Gellar

Nous sommes alors en 2008. Et dieu que les choses, la mode, les gens ont changé. Soudain on ne sait plus si on est dans un nouvel Austin Power ou dans une série Z.  Comédie, parodie? Difficile à dire. (Ni l’un ni l’autre semble t il par la suite.)  Pour être clair sur l’histoire revenons au synopsis officiel:
“Pour répondre à la pénurie de carburant, la compagnie US-IDent élabore un générateur d’énergie inépuisable, qui fonctionne sur les flux de l’Océan mais altère imperceptiblement la rotation de la Terre.” 

Et à partir de là, nous voilà dans une histoire de 2h40, avec plus de 150 personnages qui semblent vouloir plein de choses mais on ne sait pas trop bien quoi. On se retrouve dans un marasme d’images et d’infos sans queue ni tête. Enfin des têtes oui, parce que soudain on découvre Christophe Lambert avec un look Subway qui semble œuvrer pour les marxistes puis on croise Mademoiselle Buffy contre les vampires qui, elle, est une star du porno qui veut la chute du gouvernement. Drôle de truc qui m’a laissé on ne peut plus perplexe.
Bref, par la suite, je suis allée voir toutes sortes de journalistes que je ne connaissais pas pour leur demander ce qu’ils avaient pensé du film du matin. Chacun dans ses termes a fini par avouer “Je n’ai pas tout compris”. Pourquoi choisit on un tel film? Y a-t-il quelqu’un qui a aimé qui pourrait me traduire en quelques mots l’histoire et son intérêt?

Beaucoup plus simple et particulièrement impressionnant: la séance spéciale d’hier soir à 22h15.
L’occasion de découvrir les 20 premières minutes du prochain film d’Oliver Stone sur le 11 septembre 2001. Le tout présenté par Monsieur Stone accompagné de Charlie Sheen et de William Dafoe.

Si certains clamaient ces derniers jours qu’il était trop tôt pour un tel film, une chose est certaine on ne les entendra plus aujourd’hui. En effet, non seulement l’émotion était palpable dans la salle, mais la réalisation a fait l’unanimité. La 20ième minute correspondait à l’effondrement des tours. Le silence qui s’en suivi fut assourdissant. Tout le monde souhaitait voir la suite, même si quelque part on connait l’histoire. Nul doute, le film d’Oliver Stone sera le grand rendez vous de l’été prochain.

Ça fait rêver18 mai 2006 08:45 am

Mais bon à Cannes, on ne fait pas que la guerre. Quoique… quand on voit combien de fois par jour, par heure on est bousculé par des gens qui ne s’excusent jamais!!! Enfin, Cannes n’est pas une école de savoir-vivre et comme dit mon papa “Il n’y a rien de plus bête que la foule.” Arrêtons de nous plaindre quelques instants pour aussi parler de choses biens. C’est ainsi que ce matin, j’ai eu un message sur mon répondeur de Monsieur Alexander Payne himself pour m’annoncer qu’il m’attendait à son hôtel à 18h45 pour aller non seulement monter les marches en sa compagnie mais aussi voir Paris, Je t’aime.

Enchainement d’évènements assez classique. Une invitation qui tombe du ciel, évaluation de la tenue du moment (en l’occurrence jean- converse), sprint vers l’appartement et finalement métamorphose dans les toilettes du Palais en fin de journée… Il faut croire que le thème de la journée était “les réalisateurs à succès appellent Katia Chapoutier.” En effet, j’ai reçu un texto de Christian Carion, réalisateur de Joyeux Noël et Une Hirondelle a fait le printemps. “Je suis au Martinez, et vous?” J’avoue que la question est assez basique mais je n’ai pas encore trouvé la réponse adéquate.

“Nous sommes dans un appartement au bout du monde, de l’autre côté de la voie ferrée, après un sous-terrain coupe-gorge.” Non pas terrible. L’option “Nous louons un appartement” engendrera logiquement un SMS du style “Où ça?”

Le logement à Cannes est un sujet épineux. Tout est cher, compliqué et bien souvent trop loin. A pars pour nos amis Alain et Nono, eux ils ont tout compris, ils viennent de louer un bateau à quelques minutes du Palais. L’occasion pour nous heureux proches, d’aller prendre de temps à autres un petit pastis comme de véritables stars!!!


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