Coups de gueule


Coups de gueule24 mai 2006 12:26 pm

C’est toujours la même histoire. Plus on avance dans le festival, plus il y a des choses difficiles à supporter et plus les gens semblent mal se comporter.
Forcément, on est environ 50 000 personnes à être autorisées à pénétrer dans le palais. On a tous des objectifs, des besoins différents mais on finit toujours par se croiser dans des moments de cohues assez pénibles.
Ainsi, ras le bol des “Je-veux-passer-avant-tout-le-monde” qui resquillent dans les queues et les files d’attentes. Bien sûr, on est amené à devoir beaucoup patienter. Ne serait ce que pour entrer dans le palais, il y a trois barrages. 1) Vérification du badge. 2) fouille des sacs. 3) détecteur d’armes.

Tout cela est forcément source d’embouteillage. Et bien certains sont prêts à tout pour vous passer devant, gagner 5 secondes et peu importe s’ils vous écrasent les orteils, vous défoncent la cage thoracique à coup de coudes ou de sacs. Peu importe les moyens, les dégâts, l’essentiel étant d’arriver premier. Ce sont les mêmes qui tournent la tête pour prétendre qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils sont en train de pénétrer dans une file d’attente devant 62 personnes qui étaient déjà là avant. Faites leur une remarque et vous les verrez hurler à l’injustice.

Mais il y a pire que les “Je-veux-passer-avant-tout-le-monde”, il y a les “Je-tuerais-ma-mère-pour-un-autographe.” Attention, je ne parle pas des gens qui passent des journées entières à attendre devant les marches rouges. Non je parle des journalistes qui à la fin de la conférence de presse ont un seul objectif: arriver à la table avant que les stars s’en aillent pour leur demander un autographe voire prendre une photo supplémentaire. Sauf qu’étant donné qu’ils n’ont que quelques minutes, voire quelques secondes, leur cerveau fait totale abstraction de n’importe quel obstacle potentiel sur leur passage. Et en particuliers, les obstacles de nature humaine. Résultats, alors qu’on essaie simplement de sortir on se retrouve dans une mêlée humaine avec des bras qui nous passent dessus, dessous, à côté. On devient une boule de flippers au milieu de bourrins qui vont dans le sens opposé.

Ce n’est pas sans rappeler la course de taureaux dans les rues de je ne sais plus quelle ville d’Espagne… En plus agressif!

Il y a aussi les “J’ai-arrêté-de-m-excuser”, Ils vous bousculent, vous donnent un coup de coude mais vous ignorent. Au cinéma, ils font lever la rangée entière, écrase quelques pieds, donnent quelques coups de genoux mais ne s’excusent surtout pas. Si vous leur faites la remarque, ils répondent “I don’t speak french” Alors que franchement, si la politesse était une spécialité française, ça se saurait, non?

Coups de gueule21 mai 2006 12:57 pm

L’avantage de Cannes, ne boudons pas notre plaisir, c’est la conférence de presse qui suit le film. L’occasion rêvée de voir les acteurs “en vrai”. Il y a les stars qu’on découvre en chair et en os et puis ceux qu’on ne connait que depuis deux heures qui parfois s’avèrent très différents de leur rôle.
C’est assez magique mais soyons honnêtes…. Parfois très ennuyeux.
Il faut dire que nombre de journalistes posent des questions assez hallucinantes de stupidité. Telle cette journaliste chinoise qui a demandé à Penelope Cruz “Dans le film, vous semblez beaucoup plaire aux hommes, qu’en est il dans la vraie vie depuis votre séparation avec Tom Cruise?”
Ou encore ce journaliste islandais qui dérouta Tom Hanks en l’apostrophant d’un ”Pourquoi aimez-vous l’Islande?” 

Bien souvent les questions profondes sont rares, quant aux réponses… cela dépend bien sûr de la volonté des interviewés.
Ainsi prenons l’exemple de la conférence de presse du film de Nicole Garcia Selon Charlie(qui soit dit en passant est ennuyeux à mourir)
Belle brochette prometteuse puisqu’on y croisait, outre la réalisatrice Benoît Magimel, Benoît Poelvorde, Vincent Lindon et Jean-Pierre Bacri.
Hormis Poelvorde qui a su être drôle, vivant, surprenant, généreux comme à son habitude, le reste de l’équipe semblait fort contrariée d’être là.
Nicole Garcia a enfilé les banalités et les poncifs comme personne.
Benoît Magimel n’a pas su se départir de sa mine sombre et ennuyée.
Quant à Vincent Lindon et Jean-Pierre Bacri, ils ont passé l’heure à se murmurer des plaisanteries à l’oreille.
Mais la palme de la mauvaise éducation est incontestablement décernée à Bacri. A la première question qui lui a été posée, il a répondu de manière assez laconique qu’il choisissait un rôle parce qu’il lui plaisait et qu’il n’avait sûrement pas envie de disserter pendant des heures dessus. A bon entendeur, le rideau était tombé.
Alors pourquoi venir? Quel est l’intérêt d’être à Cannes si c’est pour faire la gueule et refuser de répondre aux journalistes. On pourrait prétexter une mauvaise journée, une rage de dents, des chaussures qui lui font mal, seulement la dernière fois qu’il était présent pour son film Comme Une Image (Prix du scénario), Bacri n’avait pas fait mieux. Il avait d’ores et déjà affiché un mépris doublé d’une mauvaise humeur flagrante.

Autre conférence, autre ambiance, celle de Nos Amis les hommes, le dernier dessin animé de Dreamworks.
Au générique et dans la salle, Bruce Willis, Avril Lavigne et Nick Nolte.
Quand on a une star de l’envergue d’un Bruce Willis, on peut être sûr qu’il y aura de l’animation et du plaisir. En effet, contrairement à certains acteurs français aigris, les stars américaines savent jouer le jeu et semblent même y prendre du plaisir. Ainsi dès les premières secondes, Bruce Willis a su séduire son public, en se présentant comme George Clooney. Réactif, drôle, généreux, il n’a pas hésité à faire une imitation du chat dans Shrek II interprété par Antonio Banderas ou encore à faire le chat qui recrache une boule de poils.

A ses côtés, Avril Lavigne a, de son côté, parfaitement joué son rôle d’apprentie comédienne qui fait ses premiers pas dans le métier.
Quant à Nick Nolte, il était, quant à lui, tellement investi de son rôle dans le dessin animé qu’il n’en semblait pas tout à fait sorti. En effet, dans Nos amis les hommes, il est un ours terminant son hibernation… A la conférence de presse, il était un Nick Nolte qui s’endormait.

Inévitablement, personne n’osait lui poser de questions, respectant son petit somme. Jusqu’à une journaliste qui s’est levée pour poser une question à…. Chuck Norris!! Devant la surprise de la salle, Bruce Willis a simplement déclaré “Bon et bien je vais prendre la question” Elle a insisté “Non, non Chuck Norris” en montrant Nick Nolte du doigt. Notre gros ours fatigué a, alors, ouvert un œil pour finalement entonner quelques notes d’harmonica et se rendormir peu après.
Pour terminer la conférence de presse, une journaliste chinoise fort intrépide a tout de même souhaité lui poser une question. Si la question n’était pas très claire, la réponse le fut encore moins. Nick Nolte, vraisemblablement épuisé, a marmonné quelques phrases bien difficiles à comprendre. L’ours avait définitivement besoin d’aller terminer son hibernation avant la montée des marches!!!

Coups de gueule21 mai 2006 11:50 am

Franchement à Cannes, on rêve de rêve plus qu’on ne le côtoie véritablement. Sur la Croisette des centaines voire des milliers de badauds se promènent à la recherche de leur portion  de paillettes.
Tout est bon pour à son tour transmettre un peu de merveilleux autour de soi.
On fait la queue à la sortie des hôtels, parfois pendant des heures. On reste des journées entières devant les plateaux de télé avec l’espoir de voir quelque chose que les autres n’auront pas.
Une voiture officielle, un mouvement de foule, tout est synonyme d’espoir.

Mais à force de traquer la star, on finit par ne plus la voir. C’est ainsi qu’hier tout les regards étaient braqués sur un attroupement. Qu’y avait-il à voir? Qui arrivait? Et personne n’a vu le très beau Benoît Magimel passer à quelques mètres d’eux après être allé faire des emplettes (totalement incognito) du côté de la rue d’Antibes. Ce soir-là, ces gens-là allaient hurler son nom alors qu’il monterait les marches, ils se déhancheraient pour prendre une photo floue et lointaine, sans savoir qu’ils l’avaient frôlé quelques heures plus tôt. Hasard et coïncidence qui plairait sûrement à Lelouch.

L’avantage d’une foule qui rêve de rêve, c’est que soudain elle devient un marché potentiel exceptionnel et particulièrement réceptif. Ainsi, les sponsors ne s’y trompent pas. Nescafé distribue volontiers des cappuccinos gratuits que les consommateurs achèteront par la suite en souvenir de leur escapade cannoise. L’Oréal fait tous les 50 mètres la promotion de ses nouveaux rouges à lèvres. Malins, chaque couleur est officiellement celle qu’utilise l’une des stars de l’écurie. Vous pouvez ainsi choisir le rose nacré Laetitia Casta ou  le marron moiré d’Hale Berry, avec en prime chaque tube de rouge estampillé de l’autographe de la star.
Et oui, c’est bien connu, le rêve fait vendre. Et pour quelques euros, on peut s’offrir d’une manière ou d’une autre un peu de magie cannoise. Chaque enseigne commerciale essaie ainsi de s’approprier le festival à sa manière, comme on pourrait le faire avec les décorations de Noël. C’est ainsi que l’on retrouve la photo d’Almodovar pour promouvoir un slip ou Liz Taylor comme icône du fromage de chèvre.

 

Tout cela serait plutôt amusant et bon enfant si cela n’engendrait pas  des dérives inquiétantes. Reprenons. Une foule massive en quête de rêve, à la recherche de nouveautés et d’inattendu…  A part les rois du Marketing, qui peut être tenté par un tel réservoir de population potentiellement crédule? Les sectes bien sûr. En l’espace d’une demi-heure sur la Croisette, je me suis vue remettre des tracts des disciples de Raël puis des témoins de Jéhovah. Et pas de doute, à les observer, ils n’avaient aucun mal à faire leur marché parmi tous ces gens qui rêvaient d’un peu de rêve….


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