Coups de coeur30 mai 2006 03:17 pm

Et bien que dire du palmarès de Wong Kar Wai si ce n’est qu’il est excellent. Quelle bonne idée de récompenser tous les acteurs de Indigènes. Quant aux autres primes: Almodovar, Ken Loach, Inarritu, autant d’odes au cinéma en accord avec la sélection que nous avions eue. Une sélection inattendue et tellement agréable.

Que nous réserve le 60e festival? Probablement des déceptions, tout le monde en attend tellement.
Alors méditons la devise d’Inarritu: “Low expections, high serenity”. Petites attentes, grande sérénité. Et si c’était cela la recette du bonheur?

Coups de coeur28 mai 2006 04:40 am

Belle sélection que ce 59e festival. A la fois, éclectique et homogène au niveau qualitatif. On a voyagé dans les genres et dans le monde. Et ceux qui disent le contraire, sont ceux qui râlent à chaque édition.
En revanche, il est très difficile, voire impossible de faire des pronostics. Le jury va-t-il décider de couronner des habitués qui jusque là avaient râté la palme? (Kaurismaki, Almodovar…) ou bien ils peuvent décider de surprendre et ainsi mettre en valeur l’excellent (mais néanmoins discret) film turc les climats. Honnêtement, tout est possible. A part, peut être Southland tales, le film d’anticipation incompréhensible ou bien le film de Nicole Garcia.
Bref, comme je ne peux évidemment me glisser dans la peau de Wong Kar Waî ou de Patrice Lecomte, voilà de manière très présomptueuse mon palmarès à moi.

Prix d’interprétation masculine: Inconnu de tous, sauf peut être dans son pays, il réussit une performance tout à fait troublante qui fait naviguer le spectateur entre dégoût, attendrissement et pitié. Il s’agit de Giacomo Rizzo dans le film italien L’Ami de la famille.

Prix d’interprétation féminine: Elle est jolie, ingénue, bouleversante dans le film chinois Summer Palace. Lei Hao.

Prix du scénario: C’est divinement écrit. C’est juste et touchant. C’est un film sur les régions sinistrées de la Belgique mais contrairement à beaucoup d’autres opus sur ce thème-là, il est loin d’être désespéré, au contraire il est rempli de tendresse. La Raison du plus faible de Lucas Belvaux.

Prix de la mise en scène: Volver de Pedro Almodovar Parce qu’on en prend plein les yeux et le coeur.

Prix spécial du Jury: Babel de Alejandro Gonzalez Inarritu, un film beau et fort.

Palme d’Or
Indigènes de Rachid Bouchareb, parce que c’est un film poignant et indispensable

Il ne nous reste plus qu’à voir ce qui a touché le jury. Il semble que l’on peut parier sur une présence de Marie-Antoinette. Cela dit avec un Wong Kar Waï, tout est possible et ça aussi c’est la magie de Cannes.

Coups de coeur27 mai 2006 04:03 pm

C’est toujours un peu tristounet un festival qui finit. L’avant-dernier jour, on voit déjà les copains repartir et pour cause, le lundi, ils travaillent. À l’intérieur, on commence déjà à démonter un peu toutes les installations. Les loueurs viennent récupérer leurs fontaines, les casiers de presse sont pratiquement vides et demain c’est sûr, on va enlever les plantes vertes.

Bien sûr, on y va tous de son pronostic. On se chamaille encore un peu sur les films. “Quoi??? t’as aimé ça mais c’était nullissime, t’as toujours aussi mauvais goût!!!”
D’ailleurs, on connaît tous des gens qui se sont fâchés très sérieusement à cause d’appréciations divergentes, certains en sont parfois venus aux mains. Cela peut surprendre, pourtant les débats sont largement aussi passionnés qu’une conversation politique à la fin d’un repas de famille bien arrosé. À Cannes, le cinéma, c’est ce qu’il y a de plus important au monde. Tout au moins pendant 12 jours. Le directeur Thierry Frémaux disait justement dans une entrevue “A Cannes, de quoi parle-t-on du premier croissant au dernier whisky au cœur de la nuit? Des films. Cette mystique du cinéma est assez impressionnante.”

Voilà qui me donne l’occasion de parler justement de Monsieur Frémaux. 5 ans qu’il est aux commandes du paquebot cannois et force est de constater qu’il mène sacrément bien sa barque. Il est du genre plutôt bel homme et, à tout dire, au premier abord, il semble trop sympathique pour être honnête. Franchement, dans ce monde de paillettes et de superficialité, le dirigeant du festival ne peut pas être un homme aimable, avenant et accessible. Cela n’a pas de sens. C’est du moins l’impression que j’avais toujours eue.

Jusqu’en janvier dernier où j’ai eu la chance de côtoyer Monsieur Frémaux d’un peu plus près. Soit dit en passant, il n’est pas “seulement” directeur du festival de Cannes, il dirige aussi de main de maître l’Institut Lumière de Lyon. Un temple du cinéma unique en France.
Donc, je disais, j’ai eu la chance de côtoyer Monsieur Frémaux d’un peu plus près lors d’un week-end hommage au réalisateur Karel Reisz (époux défunt de Betsy Blair)
Et là, j’ai découvert un homme, évidemment,éminemment cultivé, mais aussi et surtout drôle, simple, attentionné.
Je l’ai, de fait, regardé d’un autre œil cette année pendant le festival. Hormis un don d’ubiquité et un talent pour la télétransportation, Frémaux s’adresse à chaque interlocuteur comme s’il était l’unique festivalier à Cannes.
Il présente un premier film lituanien avec le même entrain et la même attention que le dernier Opus d’Oliver Stone. Il sait en même temps faire partager sa passion du cinéma au plus grand nombre.
C’est simple quand on le regarde parler de films, on comprend que le mot “cinéphile” ne veut pas forcément dire “snob élitiste” mais peut aussi être la traduction littérale de passionné de cinéma.
Bref, Frémaux est du genre à vous rassurer sur la faune cannoise.

Dans un autre genre, mais tout aussi charmants: l’équipe du service de presse. Imaginez, ils ont à gérer les caprices et les desideratas de 4000 journalistes.
Franchement, il y aurait de quoi commencer par aboyer un “non” systématique pour éventuellement causer avec les plus tenaces.
(Technique éprouvée des attachées de presse parisiennes du monde du cinéma) En effet, puisque les gens sont demandeurs, pourquoi être sympa avec eux?
Et bien, l’équipe de Frédéric Cassoly et de Clément Lemoine se situe à l’opposé de ce genre de comportement. Ils sont gentils, disponibles et ce même quand à l’instar de Shiva, ils ont 5 téléphones en main. A tel point, qu’une fois j’ai demandé à une amie qui avait été stagiaire chez eux, si toute cette gentillesse, franchement, c’était pas un peu du cinéma. Vous savez ce qu’elle m’a répondu? “Bosser avec Cassoly est mon meilleur souvenir professionnel.”

Alors bien sûr, je vous rassure, il n’y pas que de saints, gentils et adorables dans le festival. Evidemment, il y a aussi des peaux de vaches arrogantes et méprisantes mais bon… on gardera les délations pour l’année prochaine.

Plus sérieusement, j’ai eu la chance de manger avec Sydney Pollack.
Enfin… pour être plus précise, j’ai assisté à la Master Class du réalisateur, parmi 500 participants en mangeant une banane…. Mais je trouve la phrase “j’ai mangé avec Sydney Pollack” soooo Cannes!!!!
Bien sûr, on connaît le réalisateur talentueux.
Out of Africa, On achève bien les chevaux, Tootsie, les Trois jours du Condor etc…
Et bien ce que l’on sait moins, c’est que l’homme est un monument d’humilité, de simplicité, et d’intelligence. A cela vous rajoutez une bonne dose d’humour, des anecdotes pertinentes et évidemment passionnantes. Et là, vous n’avez plus qu’un regret… ne pas avoir dîné en tête à tête avec Sydney Pollack.

Futilités27 mai 2006 08:41 am

Souvent à Cannes les gens vous appellent et vous demandent “Mais quel temps il fait?” Et là, difficile à dire puisque depuis 8h30 on navigue entre les salles obscures, la salle de conférence de presse et la salle de presse où l’on peut aller écrire ses articles et relever ses mails. Le soir, les copains non-journalistes vous disent “C’était tellement agréable aujourd’hui ces 25°, on était sur la plage des palmes, un rêve. Sauf que j’ai pris un sacré coup de soleil.” Nous les 25 degrés, on ne les a pas vus, on a juste trouvé une fois de plus que la clim de la salle Bunuel était encore trop forte et qu’on avait bien fait de prendre une petite laine.

Du coup, cette année, j’ai décidé de voir un peu moins de films et de m’octroyer quelques escapades sur la Croisette à l’heure du déjeuner.
En effet, la mi-journée est le moment idéal. Pas trop de cohue, un soleil agréable et la bonne dose d’animation. La plupart des badauds déjeunent, même les indéboulonnables fans présents dès 8 heures du matin devant les marches s’éclipsent quelques instants, on peut marcher, respirer et l’on a alors quelques instants d’être dans une station balnéaire normale… Ou presque, puisqu’il suffit de tourner la tête pour voir sur la plage les vacanciers bronzer à deux pas d’un plateau de télé qui devrait reprendre vie d’une heure à l’autre. Double dose de fantasme, derrière ce plateau de télévision, à l’horizon, des dizaines de yachts.

Et puis, en continuant sa promenade, on peut s’attendre à tout. Des danseuses tahitiennes, des manifestations, des œuvres d’art en tout genre, des vaches, des monstres, des Bunnys, des gendarmes, des papys qui se font interviewés, des petites starlettes qui croient en leur bonne étoile… Sur la Croisette, le quotidien ressemble à une énumération à la Jaques Prévert.

Les télés du monde entier s’en donnent à cœur joie. On imagine volontiers le melting-pot qui doit ressortir d’un reportage diffusé à Tokyo ou à Rio de Janeiro. Cannes doit ressembler à une sorte de Disneyland glamour où tout est possible, où chacun vient chercher sa dose de rêve. Pour certains, ce sera un autographe arraché à côté des marches, pour d’autres d’avoir été coiffé à côté d’une jeune comédienne, ou ce sera tout simplement le plaisir de voir un film magique qui le temps d’un instant vous a transporté.

Découvertes26 mai 2006 08:51 am

Il y a toutes sortes de questions que l’on me pose souvent sur le festival de Cannes. Voici donc une petite compilation de réponses. Ainsi, on parle beaucoup de films mais peu de l’évènement en lui-même, quelle est son envergure?

Le festival est le premier évènement culturel au monde
Et le deuxième, toutes catégories confondues, après les Jeux Olympiques
Il réunit 4 000 journalistes du monde entier
La population cannoise triple pendant cette quinzaine. De 70 000 à 210 000 personnes. Entre les différentes catégories d’activités, environ 50 000 personnes sont accréditées pour pénétrer dans le palais.
Il y a 24 marches rouges qui montent dans la salle principale, l’auditorium lumière et seulement 2500 personnes accèdent à chaque projection.
Côté festif pour avoir une idée de l’ampleur, prenons un palace comme par exemple le Martinez. En 12 jours, on y aura consommé 2 tonnes de homard; 800 kilos de langoustes, 350 kilos de foie gras, 50 kilos de caviar et 10 000 bouteilles de champagnes.

Le festival, ce n’est pas seulement une sélection officielle, comment cela se passe?

Effectivement, il y a ce que l’on appelle des sélections parallèles. Semaine de la critique et la Quinzaine des réalisateurs qui sont comme des festivals indépendants qui se déroulent en même temps. Ils se passent en dehors du palais et sont plus accessibles. Pourtant, ils permettent à des films et à des réalisateurs de véritablement percer.
La sélection officielle, c’est un peu comme la première division en foot. Cette année c’est 55 films représentés, 30 pays, 48 premières mondiales. Mais ce sont seulement 20 films qui concourent pour la palme d’or de 13 pays. Les 35 autres sont soit dans la sélection Un Certain Regard soit classés hors compétition. Mais ce n’est pas parce que l’on est hors compétition que l’on ne reçoit pas de prix. En effet, les premiers films de la sélection officielle hors compétition peuvent être primés par la Caméra d’or. Tous les premiers films, toutes compétitions confondues concourent pour cette Caméra d’or.

Quel est l’intérêt?

Un Certain Regard, ce sont les marches bleues, un autre auditorium. Ce sont les films qui auraient pu être en sélection officielle pour la Palme d’or et qui ont comme une deuxième chance. C’est une sélection pour cinéphiles un peu moins exposé. Le gagnant reçoit une prime à l’aide à la distribution plus le prix qui lui permet une certaine reconnaissance.
La séléction hors compétition permet de faire venir des films commerciaux (XMen III, Da Vinci code) de séduire le grand public, de faire venir des stars et de créer des évènements.

Comment sélectionne-t-on les films?

On visionne beaucoup. Ainsi cette année, 1520 films ont été vus.Il existe deux comités qui visionnent ces créations. L’un pour les films étrangers et l’un pour les films français. Thierry Frémaux, pour sa part, en a vu 800 entre octobre et avril.
La plupart des films sont envoyés au festival sur toutes sortes de format mais il y a aussi des correspondants dans différents pays qui peuvent attirer l’attention du festival sur des productions intéressantes.

Le festival a t il une véritable importance sur le cinéma?

Bien sûr. L’engouement pour le cinéma asiatique vient par exemple de Cannes. Certains réalisateurs comme Lars Von Trier, Quentin Tarantino, Jane Campion, Baz Luhrmann ou même Wong Kar Waï doivent tout au festival.
Certaines stars sont nées à Cannes comme Sharon Stone avec Basic Instinct ou Benoît Poelvorde avec C’est arrivé près de chez vous. Ils auraient sûrement percé mais là ils ont eu des coups de projecteur énorme. En ce moment, via un Certain Regard, le festival mise beaucoup sur les pays de l’est et les anciennes provinces du bloc soviétiques.
Le festival ce n’est pas que de la paillette c’est aussi du business
Au sous-sol du Palais a lieu le Marché du film. C’est devenu le plus important au monde. Avec une augmentation de 8% en 2006
On compte plus de 10 000 participants, distributeurs, producteurs, société de vente de 86 pays.  L’Asie représente 16% de participants avec un taux de progression de 23 %.
1500 projections sont proposées à 1600 acheteurs. Il y a aussi le producers network. 550 producteurs de 55 pays se retrouvent d 18 au 24 mai pour des petits déjeuners
Il y a enfin le short film corner, 940 courts métrages de 73 pays. L’occasion pour 1100 jeunes réalisateurs et producteurs de se rencontrer.
Le cinéma de demain se déroule là.

Découvertes25 mai 2006 10:47 am

On dit toujours que les meilleurs films apparaissent entre le lundi et le jeudi de la deuxième semaine. Bingo ! Le film Indigènes de Rachid Bouchareb est effectivement une grande réussite.

En deux mots, l’histoire est simple et forte. Pendant la deuxième guerre 130 000 “indigènes” sont partis défendre la mère patrie. La France leur doit beaucoup mais les a oubliés. Ce film raconte l’histoire de 4 d’entre eux.

Au générique, la crème du cinéma français: Jamel Debbouze, Samy Nacéri, Roschdy Zem, Sami Bouajila. Le résultat  un film fort, poignant et juste que tous les députés français devraient voir avant de voter leurs lois sur l’immigration.

Le film a été d’autant mieux accueilli que le public avait été frustré par la vacuité historique de Marie-Antoinette. Là, la leçon d’histoire est totale et ahurissante. Quoi? On ne nous a pas parlé à l’école de ces soldats courageux qui ont libéré plusieurs régions de France? Quoi? Ces gens là ont vu leurs pensions suspendues à peine quelques années après la guerre? Quoi? on vient de rouvrir le dossier en 2002 mais on n’a rien fait depuis? Quoi? Les survivants disent que si c’était à refaire, ils le referaient?
Tout simplement partis à la rencontre du fameux “Liberté, égalité, fraternité”, ils ont donné leur sang, leur vie, la vie de leurs frères pour rien.

Comme on peut l’imaginer, Rachid Bouchareb, le réalisateur, n’a pas monté ce film facilement. Même si cela s’annonçait difficile voire impossible, il n’a jamais songé à renoncer. Une conviction qui a séduit Jamel Debbouze (le comédien le mieux payé de France) qui a accepté non seulement de faire partie de l’aventure mais de devenir coproducteur.

Ainsi, il a activement participé à la recherche de financement. “Je suis même allé voir Nicolas Sarkozy. Je ne sais pas si vous vous rendez compte Nicolas Sarkozy. Et ben, il a rien donné.”
Comme le soulignait assez justement Samy Nacéri, Indigènes n’est pas un film revanchard mais une leçon d’histoire pour que nos enfants et nos petits-enfants sachent que des gens de toutes les colonies françaises ont donné leur vie pour sauver la France.

Ce film prend évidemment une résonnance toute particulière à un moment où Sarkozy souhaite fermer les frontières de la France. A ce sujet là, Rachid Bouchareb signalait “On juge toujours l’immigration en fonction des informations du mois précédent. C’est une erreur. L’immigration doit se lire et se comprendre dans sa globalité historique.”

Indigènes est un film qui bouleversera la Croisette mais aussi les très nombreux spectateurs qui ne manqueront pas d’y aller dès sa sortie en France fin septembre.
Je laisse le mot de la fin à quelques critiques cinéma qui à la sortie étaient d’accord pour dire “Franchement, Indigènes, cela vaut largement le Soldat Ryan!!!”

Potins25 mai 2006 10:22 am

. Dujardin encore et toujours lui. Il est parti de Cannes mais on le trouve encore dans les colonnes du magazine Screen où on apprend qu’il vient de signer pour la suite de OSS 117 prévue pour 2008. Qui a dit que les stars de feuilletons télévisés ne perçaient pas au cinéma?

. Toujours dans Screen, Almodovar serait le grand gagnant de la palme. Noté par les critiques internationaux entre 0 et 4, le film Volver obtient un score record avec une moyenne de 3.4, suivi par Babel 2.9 et… Marie-Antoinette 2.66. Seulement 6 films dans les 20 dernières années ont obtenu un score aussi élevé que Volver.

. Benoît Magimel vient de donner son accord pour tenir le premier rôle dans le prochain film de Barbet Schroeder.

. Southland Tales, le film américain d’anticipation où je n’ai rien compris… n’a pas convaincu les acheteurs. Il semblerait que le réalisateur envisage très sérieusement de retravailler le montage du film…

. Bons mots sur Marie-Antoinette… Selon certains critiques américains, le film de Sophia Coppola serait plus inspiré par Paris Hilton que par Paris France!!! On pouvait aussi lire que si le public était déçu c’est parce qu’il ne s’attendait pas à voir “Virgin Suicide à Versailles2

. La Vie en Rose, le film sur la vie d’Edith Piaf interprété par Marion Cotillard fait un carton auprès des acheteurs du monde entier. La projection des premières images a, semble-t-il, était très convaincante.

. Mister Bean est sur la Croisette pour faire des repérages. Son prochain film doit en partie se dérouler pendant le festival. Laura Smet devrait faire partie du casting.

. Ras le bol de la Joconde, Da Vinci et autre Dan Brown. Non seulement la Joconde est à l’affiche de deux films mais on nous parle beaucoup d’un documentaire sur le Da Vinci Code. Pendant ce temps là, Dan Brown vient de vendre les droits de l’adaptation de son livre Anges et Démons.

. On parle de plus en plus du prochain film de Guillaume Canet. En effet, le comédien vient de mettre en scène une adaptation du best seller de Harlan Coben Ne le dis à personne. Il semblerait que l’auteur soit ravi du travail en cours, bien meilleur que l’adaptation que prévoyait de faire Hollywood. La distribution quant à elle est impressionnante: François Cluzet, Marie-Josée Croze, Nathalie Baye, Kristin Scott Thomas, Jean Rochefort, André Dussollier et François Berléand. Commentaire de l’auteur “Je ne connais pas ces acteurs mais on me dit qu’ils sont très célèbres.”

. Autre casting de rêve, le prochain film de Wong Kar Waï qui sera tourné en anglais. Jude Law, Rachel Weisz, Nathalie Portman et Norah Jones.

Ça fait rêver24 mai 2006 12:56 pm

Le film de Sofia Coppola est dangereux. Il devrait être précédé d’une annonce de prévention pour la santé publique “Attention ce film peut être à l’origine d’une prise de poids dangereuse pour la santé.” Pourquoi? Parce que visiblement Marie-Antoinette adorait manger des sucreries et des pâtisseries. Du coup, tout le long du film on a envie aussi de douceurs et c’est ainsi qu’on se retrouve à écrire son blog en mangeant une énorme glace caramel-chantilly. C’est une horreur, on en met partout sur le clavier, tel Alceste dans Le Petit Nicolas…
Plus sérieusement, c’était donc aujourd’hui la présentation du film probablement le plus attendu du festival. D’ailleurs ce matin, les gens dans la rue qui cherchaient des invitations commençaient 150 mètres plus tôt que d’habitude.
Evidemment, depuis que le temps que l’on nous parle du tournage top secret de Sofia Coppola à Versailles et de Marie-Antoinette nouvelle icône super tendance de la mode, on voulait voir. De son côté, Thierry Frémaux, directeur du festival, disait assez justement “C’est une femme branchée du XXIe siècle qui fait le portrait d’une femme branchée du XVIIIe siècle.” Même si on manquait un peu d’électricité à l’époque, l’Autrichienne, nul doute, savait faire parler d’elle et provoquer des vagues. Et, Evelyne Lever, sa biographe officielle n’hésite pas à la comparer à Lady Diana.
Entre le personnage fantasque, sa réputation, et le style assez rock’n roll de Sofia Coppola, forcément il y avait de quoi s’attendre à un mélange détonnant.

 

Alors me direz-vous? Qu’en est-il? Vous avez peut être entendu dire que le film a été sifflé ce matin? Bon oui, un peu. Mais ce n’était pas non plus une avalanche de tomates pourries et un rejet de la population. C’était une déception polie de la part d’une partie du public.
Car n’ayons pas peur des mots, comme X Men III peut être un film de garçons, et bien Marie-Antoinette est un film de filles. Mais alors un vrai. Les hommes sont voués à s’y ennuyer aussi mortellement que lors d’une séance de shopping du samedi après-midi qui n’en finirait pas…
En effet, Sofia Coppola a tout simplement eu la merveilleuse chance de jouer à la poupée de manière magistrale. Et elle en a bien profité…
Les décors, les costumes, les comédiens sont magnifiques. Tout est beau mais franchement il ne se passe pas grand-chose. On ne peut pas dire non plus qu’il y ait une véritable prise de position ou ni même un regard sur la personnalité complexe de la Reine de France. Pourtant, Sofia Coppola avait lu l’excellente biographie très analytique de Stephen Zweig (que je vous recommande absolument)
Seulement voilà, la pauvre petite fille riche sait laissée émouvoir par l’ennui d’une autre pauvre petite fille riche enfermée dans son magnifique château.

Pourquoi est-ce un film de filles? Parce que si vous faites abstraction de la vacuité de l’histoire, et bien vous passez un moment délicieux. Les costumes de Milena Canonera (qui avait déjà travaillé entre autres sur Barry Lindon) sont une caresse pour les yeux et l’âme. Les couleurs sont superbes et ne sont pas sans rappeler les nombreux macarons Ladurée qui parsèment le film.

Le hameau de la Reine avec sa petite ferme est un délice dans lequel on rêverait d’aller s’amuser. Les intérieurs de Versailles ressemblent à n’importe quel rêve de petite fille… en mieux. Les milliards de pâtisseries sont à tomber d’envie. C’est beau, c’est coloré, c’est romantique. Bref, Marie-Antoinette est la vie rêvée d’une Princesse.

Et puis, Sofia Coppola a eu la bonne idée de filmer cette vie Jet-setteuse du XVIIIe siècle en y incorporant des véritables jet-setteurs parisiens. C’est ainsi que l’on a l’impression de feuilleter Gala ou Paris Match et que l’on découvre, par exemple, Victoire de Castellane, créatrice de la joaillerie Dior qui visiblement a beaucoup aimé faire partie de cette cour versaillaise.

Alors faut-il aller voir Marie-Antoinette? Oui, pourquoi pas? Entre copines avant d’aller prendre un thé chez Ladurée et manger les mêmes macarons que la Reine, tout au moins celle du XXIe siècle qui écoute Air et ne recule pas devant une paire de converse de temps à autres. Mais par pitié, laissez vos hommes à la maison, cela vous évitera bien des râleries…


Macarons Ladurée

Coups de gueule24 mai 2006 12:26 pm

C’est toujours la même histoire. Plus on avance dans le festival, plus il y a des choses difficiles à supporter et plus les gens semblent mal se comporter.
Forcément, on est environ 50 000 personnes à être autorisées à pénétrer dans le palais. On a tous des objectifs, des besoins différents mais on finit toujours par se croiser dans des moments de cohues assez pénibles.
Ainsi, ras le bol des “Je-veux-passer-avant-tout-le-monde” qui resquillent dans les queues et les files d’attentes. Bien sûr, on est amené à devoir beaucoup patienter. Ne serait ce que pour entrer dans le palais, il y a trois barrages. 1) Vérification du badge. 2) fouille des sacs. 3) détecteur d’armes.

Tout cela est forcément source d’embouteillage. Et bien certains sont prêts à tout pour vous passer devant, gagner 5 secondes et peu importe s’ils vous écrasent les orteils, vous défoncent la cage thoracique à coup de coudes ou de sacs. Peu importe les moyens, les dégâts, l’essentiel étant d’arriver premier. Ce sont les mêmes qui tournent la tête pour prétendre qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils sont en train de pénétrer dans une file d’attente devant 62 personnes qui étaient déjà là avant. Faites leur une remarque et vous les verrez hurler à l’injustice.

Mais il y a pire que les “Je-veux-passer-avant-tout-le-monde”, il y a les “Je-tuerais-ma-mère-pour-un-autographe.” Attention, je ne parle pas des gens qui passent des journées entières à attendre devant les marches rouges. Non je parle des journalistes qui à la fin de la conférence de presse ont un seul objectif: arriver à la table avant que les stars s’en aillent pour leur demander un autographe voire prendre une photo supplémentaire. Sauf qu’étant donné qu’ils n’ont que quelques minutes, voire quelques secondes, leur cerveau fait totale abstraction de n’importe quel obstacle potentiel sur leur passage. Et en particuliers, les obstacles de nature humaine. Résultats, alors qu’on essaie simplement de sortir on se retrouve dans une mêlée humaine avec des bras qui nous passent dessus, dessous, à côté. On devient une boule de flippers au milieu de bourrins qui vont dans le sens opposé.

Ce n’est pas sans rappeler la course de taureaux dans les rues de je ne sais plus quelle ville d’Espagne… En plus agressif!

Il y a aussi les “J’ai-arrêté-de-m-excuser”, Ils vous bousculent, vous donnent un coup de coude mais vous ignorent. Au cinéma, ils font lever la rangée entière, écrase quelques pieds, donnent quelques coups de genoux mais ne s’excusent surtout pas. Si vous leur faites la remarque, ils répondent “I don’t speak french” Alors que franchement, si la politesse était une spécialité française, ça se saurait, non?

Coups de coeur23 mai 2006 10:48 am

Brad Pitt est un sage. Si, si. Un vrai. Il a eu l’intelligence de rester auprès de sa femme qui doit accoucher sous peu. Il a préféré lui tenir la main plutôt que de venir parader sur la Croisette pour la présentation de Babel.
Bien lui en a pris. Au moins, cela laissait toute la place qu’il méritait à la vraie star du jour, à celui que l’on a chaque année plus de plaisir à retrouver. J’ai nommé le nouveau James Dean: Gael Garcia Bernal.
Rarement un jeune acteur doté d’un tel potentiel a su mener aussi intelligemment sa carrière. Ses choix sont justes, variés et forts.

Il faut dire que le métier de comédien, il est tombé dedans quand il était petit. Son premier rôle il le tient au théâtre aux côtés de ses parents, il a alors 9 ans. A 14 ans, il fait ses débuts dans un feuilleton. A 17 ans, il part en Europe et deux ans plus tard il devient le premier Mexicain à étudier à la Central School of Speech and Drama de Londres.
Son premier rôle au cinéma dans Amours Chiennes (premier film du réalisateur de Babel) lui vaut une reconnaissance mondiale qui n’a cessé de progresser depuis.
On n’en finira pas de disserter sur ce savant mélange, d’ange et de Bad boy et sur sa capacité à tout jouer. Et Babel ne fait certainement pas exception à la règle.
N’ayons pas peur des mots, Babel est LE meilleur film présenté jusque là dans le festival. Je ne suis pas la seule à le dire. Un peu plus tôt dans l’après-midi, une jeune fille qui réalisait un sondage sur la Croisette au sujet  la Palme potentielle cochait des Babel à la pelle.

Pourquoi? Parce qu’en racontant quatre histoires qui se déroulent au Maroc, au Japon, au Mexique, Alejandro Gonzales Inarritu réalise un film encore plus fort que ses deux premiers (Amours Chiennes donc et 21 grammes).
Il vous emmène, vous bouleverse, vous émeut et vous raconte à sa manière la théorie du battement d’aile de papillon.
Inutile de vous en dire plus sur l’histoire, mieux vaut la découvrir.
Sachez cependant que Brad Pitt quitte son costume d’homme super sexy (enfin!) et Garcia Bernal interprète à merveille un personnage angélique et charmant qui se transforme en monstre d’agressivité et de violence une fois qu’il a trop bu. 

A la conférence de presse, les fans latinos de Alejandro Gonzales Inarritu et Gael Garcia Bernal étaient plus que nombreuses. Visiblement pas déroutées par les cheveux longs du jeune homme, elles se sont littéralement jetées sur lui à la fin. Ce style capillaire moyennement réussi était peut être un reste du tournage qu’il vient de terminer. Vous voulez en savoir plus?


Gael Garcia Bernal

Garcia Bernal sera à l’affiche du prochain film de Michel Gondry La Science des rêves avec Charlotte Gainsbourg, Alain Chabat, Miou-Miou et Emma de Caunes. Si en plus, il se met à parler français avec sa pointe d’accent mexicain, on n’a pas fini d’en rêver….
Petite anecdote, en passant, lors de la projection de ce matin, la salle était tellement captivée qu’elle a très vivement fait ressentir son mécontentement quand le projectionniste a eu le malheur de se tromper de bobine. Soudain une angoisse a parcouru les fauteuils, et si malencontreusement il y avait eu deux bobines numéro 3 et pas de bobine numéro 4… L’inquiétude a duré quelques minutes puis à nouveau tout le monde a pu se replonger instantanément dans l’incroyable épopée Babel

Autre problème de bobine, mais plus sérieux cette fois ci. Le film de Anne Fontaine (Nettoyage à Sec, Entre ses mains…) n’a pas pu être projeté car le film n’est pas arrivé à temps. Le pauvre attachée de presse se retrouvait devant la salle pour annoncer la mauvaise nouvelle à tous les journalistes les uns après les autres. Ambiance bureau des réclamations des bagages perdus….

Décidément, tout ne tient peut-être pas à un fil à Cannes mais résolument à une bobine…

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