Voilà . 12 jours et on a vu 30 films. Score correct. Cela dit, d’autres ont fait mieux…. Mais ils n’ont pas pris le temps de vous donner des nouvelles régulièrement !!!
Le temps est gris, les festivaliers s’en vont et ceux qui restent parlent déjà de l’édition 2008. Il y a même des petits malins qui parient sur les films qui pourraient être en compétition l’année prochaine…
Comme chaque année, on s’amuse à dégager des tendances, des thèmes récurent.
Une première constatation : le sexe n’a plus le vent en poupe. Ces dernières années, on avait des scènes de sexe à la pelle. Souvent crues et rarement consenties. La plupart du temps, elles n´étaient même pas nécessaires à l’intrigue. Comme si le sexe était un passage obligé, un effet de style à explorer. Et bien cette année, on faisait l’amour seulement quand l’histoire le demandait et les histoires ne le demandaient pas beaucoup.
Non, la thématique explorée était la mort et plus particulièrement le deuil. En 2007, au festival, on meurt beaucoup par arme à feu et aussi de crise cardiaque (le cœur brisé…) ou bien on essaie de sortir la tête de l’eau après avoir perdu la personne qu’on aimait le plus.Sur 22 films en compétition, 16 parlaient clairement de la mort ! Inutile de vous dire qu’il n’y avait pas beaucoup de place pour la franche rigolade. Mais l’émotion était bien là !
Dans l’ordre d’apparition à l’écran :
-        4 mois, 3 jours et 2 semaines (film roumain) Le film tourne autour de l’avortement considéré comme un crime et le long plan sur le fœtus de 4 mois, 3 semaines et 2 jours ne laisse pas de place au doute : nous sommes bien en présence de la mort d’un enfant.
- Zodiac (David Fincher), nous pourchassons un serial killer et les scènes de crime sont véritablement fortes, la mort est cette fois ci vécue en direct !
- Chansons d’amour (de Christophe Honoré) : L’héroïne meurt d’une crise cardiaque et laisse sa famille et son amoureux dans le plus grand désespoir.
- No Country for Old Men (Frères Coen) Javier Bardem dégomme pour un oui ou pour un non. Hémoglobine par hectolitres.
- Le Souffle (de Kim Ki Duk) Une femme tombe amoureuse d’un condamné à mort pour finalement essayer de le tuer de ses propres mains
- Les Psaumes (film israélien) Un père de famille disparaît ( au sens propre du thème) et au fil du temps sa famille doit gérer le deuil d’un corps absent.
- Import Export (film autrichien) se passe dans un mouroir pour personnes âgées
- Paranoid Park (Gus Van Sant) Un ado tue un homme par accident et doit vivre avec la terreur d’être découvert.
- Lumière silencieuse (film mexicain) Une femme trompée meurt d’une crise cardiaque. On suit le deuil de la famille jusqu’à ce que la maitresse de son mari lui redonne la vie à travers un long baiser
- Death Proof (Tarantino) Pseudo film d’horreur, cela dézingue efficace ! Mais toujours dans le bonne humeur… c’est Tarantino tout de même !
- Le Scaphandre et le Papillon : Une rupture d’anévrisme laisse Jean Dominique Bauby paralysé, seulement une paupière lui permet de communiquer. La mort est en demi teinte pour finalement devenir le point final de ce beau film.
- Auf der Anderen Seite ( Fatih Akin) Entre l’Allemagne et la Turquie 6 personnages se croisent et se rencontrent. L’intrigue se noue autour de deux décès brutaux.
- Secret Sunshine ( Lee Chang-Dong) Une femme veuve perd son enfant. Elle passe par toutes les étapes de désespoir et frôle la folie pendant son deuil.
- Alexandra (Alexandre Sokurov) Une grand-mère va voir son petit fils soldat pendant la guerre. La mort n’est pas forcément clairement montrée mais elle est évidemment omniprésente.
- La Nuit nous appartient (James Gray) Un bad boy est prêt à rentrer dans la peau d’un flic pour sauver son père et son frère. En effet, la mafia russe a mis un contrat sur leur tête …. Film noir avec pistolet chargé !
- La Foret Mogari ( film japonais) Une jeune femme qui a perdu son fils et un vieil homme qui a perdu sa femme retrouvent gout à la vie en partant vivre dans la foret…
Etonnamment, la plupart des cadavres avaient tendance à bouger les paupières ou à respirer en douce… C’est le prix à payer pour les plans trop longs qui étaient légion dans ce festival !