Archive pour Septembre, 2006

Jeudi 28 Septembre 2006

Thailande, la complexe

Allez hop, il est temps de faire un petit bilan de notre sejour (prolonge) en Thailande ! 

“The Beach”, vous connaissez ? Le bouquin d’Alex Garland (qui est aussi un film avec Di Caprio) base tout son recit en Thailande, entre Khao San Road (Bangkok) et une petite ile au large de Koh Pha Ngan. Outre le fait que c’est un tres chouette livre, on vous en parle parce qu’on peut y lire que Richard, le heros, Di Caprio, quoi, fait une distinction a laquelle il tient beaucoup : la difference entre le touriste et le voyageur.
Pour tirer un bilan de ce pays, on veut aussi marquer cette nuance. Car pour nous, si la Thailande est certainement un paradis pour touristes, elle a de quoi laisser perplexe plus d’un voyageur.

Thailande, arrivee le 8 aout, depart le 6 septembre, total : 29 jours (tout ca, sans compter les quelques jours supplementaires because le coup d’Etat).
Itineraire : Koh Pha Ngan, Koh Tao, Bangkok, Kanchanaburi, Koh Samet, Chiang Mai, Pai, Chiang Kong

Total depense : 517,9 euros soit 17,85 euros/jour
Budget logement : 62 euros soit 2,13 euros/jour
Budget bouffe : 234,4 euros soit 8,08 euros/jour
Budget locomotion : 139 euros soit 4,79 euros/jour
Budget internet : 13,3 euros soit 0,45 euros/jour

Les Thais : Ils sont tres croyants, ont peur des fantomes, sont accros aux series TV ringardissimes, n’hesitent jamais a vous prendre pour le dernier des cons et ne se sentiront jamais mal a l’aise si vous vous en rendez compte, ne sont pas si souriants que la legende essaye de le faire croire (ils le deviennent generalement des que vous acceptez de leur acheter quelque chose), ne sont pas tres ouverts d’esprit, pour eux nous sommes des farangs et nous resterons toute notre vie des farangs.
Notons quand meme que ce portrait vaut surtout pour les Thais de la capitale, que ceux du sud et du nord sont sensiblement differents. Notons aussi que cela a des allures de caricature, on le sait bien, mais c’est du ressenti tout ca. On n’est pas anthropologues non plus.

esprits
Les fantomes de cette maison aux esprits semblent apprecier le Fanta mais risquent quelques problemes d’obesite.

Bangkok : Ville gluante, on n’en decolle pas. Autant elle nous a pese par son climat lourd et sa pollution a vous rendre malade, autant on y a passe d’excellents moments et on a fini par s’y sentir chez nous. Avec 21 nuits chacun au compteur dans la capitale thai, Bangkok est un peu devenu notre maison en Asie. Pour les gens de la Bella Bella House, on est de la famille maintenant. Et quand on dit qu’on en decolle pas, c’est au propre comme au figure car on a reussi a rater notre avion pour la Chine… en nous trompant d’aeroport. Faut le faire ? Ouais, on sait…
Cette ville est parsemee d’icones du Roi et de sa femme, des placards immenses qui, en publicite, vaudraient une fortune, les gens ici leur vouent un veritable culte. Chaque lundi, par exemple, tous les habitants de la capitale s’habillent de jaune, couleur du monarque. On a beacoup parle de ce coup d’Etat qui, aussi fantasque soit-il, prive la Thailande d’une democratie au profit d’un regime militaire. Mais, selon nous, ce pays etait et reste finalement une monarchie absolue de droit divin. Comme au bon vieux temps.
Bangkok nous a aussi marque par son quartier chaud, Patpong, qui est un coin touristique et festif a part entiere. Un peu comme si on deplacait le Carre dans la rue Varin (pour les Liegeois).

aeroport
Et hop ! Un avion de rate, un !

Les activites : Le snorkling a Koh Tao, la bronzette a Koh Samet, la fiesta a Koh Pha Ngan, le shopping, les temples et les massages a Bangkok, les balades en elephants a Kanchanaburi, les treks et les cours de cuisine a Chiang Mai… le tout etant bien entendu interchangeable, chacun doit pouvoir trouver son compte en Thailande.
Activite a part entiere ici, la prostitution nous est apparue moins presente qu’annoncee mais elle reste latente, partout, tout le temps. Cela dit, on n’a pas mis un pied a Pattaya, centre mondial de la prostitution.

La bouffe : Grosse deception. On nous avait promis monts et merveilles. Cela dit, comme on voyage et qu’on n’est pas en vacances, c’est la bouffe thai de tous les jours qui a fait notre quotidien. On ne s’est pas goinfre chaque soir dans un 4 etoiles. Au contraire. Dans l’ensemble, c’etait meilleur qu’en Indonesie mais un peu plus cher et pas specialement plus varie.
On s’est quand meme laisse aller a quelques folies financieres (autrement dit, resto au-dela de 10 euros chacun… Ouhla !) qu’on n’a pas regrettees. Et le meilleur repas qu’on a fait reste celui que Julie a concocte elle-meme lors du cours de cuisine suivi a Chiang Mai. Non, j’vous jure, c’est vraiment vrai.
On accorde quand meme une mention aux jus de fruits frais qui valaient generalement le detour.

Le logement : De notre pire chambre (matelas au sol, plein de puces et d’ou Julie est ressortie avec 101 piqures comptabilisees) a la meilleure (l’appart d’Olivier, ou on avait meme droit a un animal de compagnie (on parle de leur chat, la, pas d’Oli, evidemment), on a tout connu. Generalement tres sobre et a la proprete tres relative. La moins chere nous a coute 1 euro par personne (a Pai), la plus chere (avec TV et piscine a Bangkok) : 8 euros chacun.
A Chiang Mai, on a aussi passe une tres chouette nuit dans une chambre en tek, dans le plus pur style traditionnel thailandais.

Les transports : Generalement VIP compare au reste de l’Asie du Sud-Est. Les bus sont grands, on n’y met qu’une personne par siege et ils sont souvent climatises. Le pied. On a connu un train de nuit tres sympa et confortable vers Chiang Mai, un bateau a Boat People pour rejoindre Koh Pha Ngan et un chauffeur de 4×4 completement ivre et incapable de conduire pour traverser Koh Tao.
A Bangkok, si vous etes 2 ou 3, preferez le taxi au tuk-tuk. Vous serez mieux installes, moins exposes a la pollution, ca vous coutera moins cher et vous serez certains d’arriver la ou vous le souhaitez… En d’autres mots, evitez les tuk-tuk !

Les telecoms : Internet est partout high-speed (ca change de l’Indonesie) mais le prix varie considerablement suivant ou vous etes (de 120 a 10 baths de l’heure, soit de 2,4 a 0,2 euros de l’heure).
Le telephone n’est generalement pas cher.

Le temps : En pleine saison des pluies, on n’a pas eu a se plaindre. Gros soleil a la plage, gris et lourd a Bangkok et surprenant ciel bleu a Chiang Mai. On a aussi eu notre lot d’inondations, a notre arrivee dans le nord et pour notre dernier jour a Bangkok.

L’arnaque (par Pat) : Le Lucky Bouddha. Ca demande une petite explication car ce n’est pas simple. Pour notre premier jour a Bangkok, un tuk-tuk hyper sympa nous decide a le suivre pour trois fois rien car “Aujourd’hui, c’est special, fete du Roi“. Premiere escale, le Lucky Bouddha. On descend et entre dans une enceinte qui ne nous semble pas tres touristique. Apres la porte, un type qui balaie nous arrete et nous dit que les moines sont en pleine priere, que ca n’ouvre que dans 5 minutes, qu’il faut patienter. Ok, ca tombe bien, on a le temps. Un peu plus loin, un type sur un banc. “Vous voulez voir le Lucky Bouddha ?” Ben oui. “Ah, moi aussi.” Et il commence a nous demander d’ou on vient, patati, patata. D’un coup, un autre gars s’adresse a lui en thai puis il nous fait “Ah, mince, on vient de me dire que ca n’ouvre que dans une heure.” Ca, c’est plus long deja, alors on se dirige placidement vers la sortie et notre tuk-tuk reapparait pour nous emmener ailleurs.
Trois semaines plus tard, pour differentes raisons, je me retrouve dans un tuk-tuk pour suivre le circuit touristique. J’suis pas d’humeur. J’lui dis “Tu m’emmenes ou tu veux.” Ok, qu’il dit, on va d’abord aller au Lucky Bouddha. Ah ben ouais, tiens, pourquoi pas.
Il me depose devant l’enceinte pas plus touristique que 20 jours plus tot. Derriere le portique, surprise, un homme balaie. Je le connais. Il me dit que les moines sont en priere et que ca n’ouvre que dans 5 minutes. Ah oui ? Un peu plus loin, un type est assis sur un banc et il explique a des Japonaises que lui aussi est venu pour voir le Lucky Bouddha. J’ai l’impression d’etre en plein dans le Truman Show. Je l’evite. Quelques minutes plus tard, les Japonaises s’en vont, sans avoir rien apercu du sourire du Bouddha Chanceux. Le type vient alors vers moi. Mais je l’evite encore. Je sens un eu d’enervement au sein de l’enceinte. Finalement, c’est mon tuk-tuk qui vient me rechercher en me disant que c’est ferme pour l’instant, que, pas de chance, ca n’ouvrira que dans une heure…
Je n’avais jamais vu une telle mise en scene pour faire croire aux touristes a une attraction qui : soit n’existe pas, soit ne leur est pas accessible.
J’ai dit a mon tuk-tuk que j’avais compris leur manege. Il a rale. D’habitude, c’est lui qui entube le touriste. Pas l’inverse. Mais je lui ai dit que je m’en moquais et que j’etais la pour lui faire gagner de l’argent. Resultat, sur l’apres-midi, on a fait le Lucky Bouddha, un temple en travaux, deux tailleurs, un bijoutier, deux agences de voyages et lui, il a chaque fois recu un bon de 200 baths en essence pour avoir amene un client potentiel… Je n’ai jamais vu le Lucky Bouddha mais j’ai eu droit a un tuk-tuk heureux, c’est deja ca.

tuktuk
Le tuk-tuk, c’est l’arnaque 9 fois sur 10

La surprise : On vient de l’avoir. A la Bella Bella Guesthouse ou on est quasi comme de la famille, on vient de recuperer la meme chambre que celle qu’on avait eue la nuit apres le depart d’Audrey. C’etait donc il y a un mois et une semaine. Sur la porte, on a retrouve un mot doux qu’on s’etait laisse. Juste un petit papier, qui ne tient qu’avec un bout de papier-collant. Eh ben, c’est magique mais il est toujours la… On a deja prevu de repasser dans 5 ans, juste histoire de voir…

La connerie : On en a fait plein mais on prefere ne pas s’etendre sur le sujet.

L’ennemi : 1) Le tourisme, 2) La combinaison “elephant-coup de fusil”

L’ami : La Chang Beer (et Mister Chang, bien evidemment)

Le cadeau : Cette photo que Julie tenait absolument a vous offrir. Elle est le resultat d’une lourde defaite a “Action-Verite”…

culnuÂ
Regardez-moi ca, le bronzage !

Mercredi 27 Septembre 2006

Diaporama Photos: Coup d’état, Thailande

Mercredi 27 Septembre 2006

Diaporama Photo: Chiang Mai

Lundi 25 Septembre 2006

Si petit, le monde…

L’extrait qui suit reprend mot pour mot le debut d’une conversation tenue par les deux seuls blancs presents lors d’un match de football dispute entre les bouses de buffles a Muang Noi, le bled le plus paume du Laos, le pays le plus paume d’Asie du Sud-Est…
- Hi, Where are you from ?
- Belgium !
- Oh, me too…
- Ah, c’est cool ca.
- Ah, t’es francophone en plus.
- Ben oui
- Et tu viens d’ou ?
- Liege
- Ben merde, moi aussi… Fin de Huy, quoi.
- Je travaille a Huy.
- C’est pas vraiiiiiii ?
- Ben si.
- C’est dingue ca. Et tu bosses ou a Huy ?
- Vers l’Avenir…
- Ah, tu connais Delgaudinne, alors…”

Soit cette planete est decidemment trop petite, soit, ce que je soupconne depuis le debut, ce type est une star planetaire…
Et si tu veux tout savoir, Thierry, ca s’est passe quelques jours apres Bas-Oha - Huy… Tout un symbole.

Samedi 23 Septembre 2006

Drôle de coup. Drôle d’Etat.

L’armée qui renverse le Premier ministre sans un coup de feu, ruban au fusil, sourire aux lèvres.
Le Roi, sanctifié comme le garant de la démocratie lors de la célébration des 60 ans de son règne il y a quelques semaines, qui apporte son soutien aux putschistes.
Un peuple, qui adorait encore Thaksin Shinawatra, le PM déchu, il n’y a pas si longtemps, qui subit les événements avec un détachement qui terroriserait n’importe quel ami de la liberté chez nous.
Un gouvernement militaire qui annonce vouloir rendre le pouvoir au peuple le plus rapidement possible mais qui ne prévoit pas d’élections avant un an (minimum), histoire de s’assurer que le parti Thai Rak Thai (Les Thaïs aiment les Thaïs) de Thaksin, très pesant encore électoralement, ne puisse pas les remporter.
Une presse qui se dit indépendante mais qui annonce, deux jours après le renversement, qu’un sondage réalisé par elle donne… 85 % des Thaïs favorables au putsch (ça ressemble fort à un plébiscite digne des meilleurs systèmes totalitaires,non ?).
Des dirigeants qui, malgré ce chiffre, font quand même désarmer tous les gardes-forestiers du pays car on ne sait jamais…
Une manifestation pour le retour à la démocratie et le rétablissement de la Constitution et des Droits de l’Homme, manifestation clairement interdite par le nouveau gouvernement, menée par les mêmes qui manifestaient contre Thaksin il y a quelques semaines, qui attire environ 300 journalistes et badauds mais seulement… 20 protestataires.
Un gouvernement qui prévient et s’excuse aimablement auprès de sa population parce qu’elle risque d’être exposée à quelques embouteillages supplémentaires suite aux mouvements de troupes à Bangkok.
Un commandement militaire qui ordonne à ses soldats de sourire toute la journée et de rester poli avec les hordes de touristes venant les fusiller de flashs. Certaines photos passées dans la presse qui montrent même des vacanciers s’exhiber avec un fusil M16 gentiment prêté par un révolutionnaire.
Des généraux qui promettent d’agir pour le peuple mais qui lui interdisent de donner son avis à la radio, de faire passer des  SMS dans les émissions de télévision, de donner, sur internet, des opinions contraires aux intérêts du nouveau pouvoir. Qui convoquent les dirigeants des médias pour leur rappeler sympathiquement le “genre” d’informations qu’il est bon de promouvoir et celles qu’il vaut mieux ne pas faire circuler. Qui demandent à leur ministre des Affaires étrangères de prendre des mesures de rétorsion à l’encontre des médias étrangers qui auraient “insulté” le Roi lors de leur couverture du putsch (va falloir que je me tienne à carreau, moi).

C’est ça la Thaïlande libérée du joug de Thaksin.
Drôle de coup. Drôle d’Etat.