Les divins flacons - Cuvée féminine
par Marc A. Copti - Amabilia.com
Du 25 au 28 mars 2010, le Palais des Congrès de Montréal accueillait le Salon des Vins et Spiritueux. Et il semble que la clientèle du salon, sans parler des stands, était cette année majoritairement féminine, à l’instar de la porte-parole, Elyse Lambert, sommelière et représentante du Canada au prochain concours Meilleur Sommelier du Monde.
A la précédente édition, il y a deux ans, j’avais pu déguster (sérieusement) 89 produits sur les 2 000 disponibles sur place. Il y en avait 2 200 cette fois-ci!
Alors pourquoi et comment en savoir sélectionné 10 et pas les autres? Tout simplement parce que l’exercice est éminemment subjectif. L’un des critères était l’étiquette! Les femmes interrogées au salon m’ont toutes dit que le premier déclencheur de leur curiosité était l’étiquette. Sa forme et ses couleurs, son design. Bref, l’appel esthétique ou créatif… Ensuite, elles veulent du goût et de la légèreté en même temps. Un défi en ces temps où les vins tirent facilement 13,5 degrés et souvent bien plus. Elles sont aussi nombreuses à être plus ferventes de vins rouges que de vins blancs, mais pas de rosés (?!). Est-ce par opposition au mythe tenace des femmes et du rosé? Est-ce parce que celles qui travaillent dans l’industrie en ont assez de cette facile association?
Ensuite, il m’a été franchement impossible de trancher sur le critère du prix. Elles sont aussi nombreuses à définir une limite supérieure (d’environ 45 $)- mais avec l’exception de se faire de temps à autre plaisir avec un produit… exceptionnel,- qu’à déclamer qu’aimer n’a pas de prix!
Accompagné de femmes, voici une sélection de vins rouges et blancs très appréciés, venant d’Espagne, de France, d’Australie et de Californie. Diverses régions, large palette de prix.
[nom du vin, couleur, degré alcoolique, région-pays, millésime, prix (disponibilité)]
 |
LE ALTANZA, rouge, 13.5, Rioja-Espagne (Reserva), 2001, 69,75 $ (SAQ). Avec en guise d’étiquette une sublime estampe de Miro.
Nez: Bien fondu, éthéré, manque de complexité et un soupçon de mousse de champignon des bois.
Bouche: En accord avec le nez, un côté viandé mais sans le caractère typique de gibier. |
DIDO LA UNIVERSAL, rouge, 14, Montsant-Espagne, 2007, 27,75 $ (Importation privée, chez importation Epicurienne R.A. Fortin). Une étiquette très épurée mais classique, un amalgame des trois 1/3: Merlot, Cabernet Sauvignon et Grenache.
Nez: Légère torréfaction fort agréable.
Bouche: Harmonieuse et équilibrée, un peu passe-partout dans le sens où aucune caractéristique d’un cépage ne domine, et surtout on ne goûte absolument pas les 14 degrés d’alcool, agréablement surprenant. |
 |
 |
MESTIS, rouge, 13.5, Valence-Espagne, 2008, 23,05 $ (Importation privée, chez importation Epicurienne R.A. Fortin). Une étiquette sous forme de calligraphie d’inspiration Miro, directement sur le verre de la bouteille, très joli. Dégusté décanté.
Nez: Bonbon sans être tout à fait nouveau monde (moins caricatural, plutôt gourmand).
Bouche: Fruits rouges concentrés et poivron rouge mais assez alcoolique en bouche. |
STERLING VINEYARDS Cabernet Sauvignon, rouge, 13, Mendocino-Californie, 2007, 17,95 $ (Importation privée, chez Diageo). Attiré par sa mention Organic Grapes.
Nez: fleur (bleue?) violette, difficile à dire.
Bouche: On dirait les saveurs d’un vin blanc, un goût à développer. Est-ce l’effet organic? Serions-nous trop contaminé ou habitués aux vins qui ne le sont pas? |
 |
ROSENBLUM Zinfandel, rouge, 14.6, Sonoma-Californie, 2007, 20 $ (SAQ).
Nez: Très bon vin… rosé !
Bouche: Facile à boire avec son arôme dominant de confiture de fraise légère, c’est le vin de soif version rouge facile (sauf pour le piège du degré alcoolique) qui passerait presque pour un rosé dense!
Château Philippe-Le-Hardi, BEAUNE 1er cru «Clos du Roi», rouge, 13, Bourgogne-France, 2007, 59$ (Importation privée, chez Francs Vins). Une étiquette classique parmi les classiques de vins de bourgogne. Nez: Magnifique! On ne s’en lasse pas, un parfum à porter en mouchoir.
Bouche: Extraordinaire, grasse, riche, des fruits rouges confits d’une grande délicatesse. Ah, ces grands vins de Bourgogne, le pinot noir à son meilleur et déjà tout prêt à boire, que demander de plus?
La Ferme du Mont/J. Boutin, Côte-Rôtie Bonnevaux, rouge, Rhône-France, 2007, 70,25 $ (Importation privée, chez Francs Vins). Une très belle étiquette.
Nez: S.Y.R.A.H avec tous les attributs qu’on lui connaît, du poivron vert au pruneau frais. Bouche: Safran, curcuma, étonnant, très original.
Seul bémol, la difficulté d’en obtenir. 1 600 bouteilles produites seulement… Enfin, ce sera le vin culte de la liste!
DEVAUX, blanc, Champagne-France, Ultra Brut, 79,75$ (Importation privée, chez Francs Vins). La mention qui figure sur l’étiquette retient l’attention: Ultra Brut, plus sec que le Brut encore.
Nez: Biscuit… sec et pas biscuit beurré, fleur d’oranger délicate.
Bouche: En ligne avec le nez, une belle harmonie, plus pure que la cuvée Brut du même producteur, et évidemment moins sucrée avec un sillon d’acidité en finale. A boire en apéro ou avec des coquillages. |
 |
PENFOLDS Cellar Reserve, Pinot noir Adelaïde Hill, rouge, Australie, 2007, 45 $ (SAQ dans quelques semaines). L’étiquette toujours à l’identique de la maison Penfolds, simple et bien descriptive.
Nez: Fraise et encore fraise, du genre arôme naturel, on ne s’en lasse pas.
Bouche: En parfaite adéquation avec le nez… Fraise vous disiez ? |
BERINGER Private Reserve Chardonnay, blanc, 14.5, Californie, 2007, 44,75$ (SAQ)
Nez: Le tandem beurre-vanille est au rendez-vous mais avec subtilité et les agrumes confits ainsi que la papaye font oublier la petite touche excessive de bois.
Bouche: Un très bon match avec le nez, complémentaire, gourmand, une belle amertume en longueur, une dominance d’ananas confit à la vanille. |
 |
 |
STAGS LEAP Chardonnay, blanc, 14.2, Californie, 2007, 38,75$ (SAQ). Etiquette assez intéressante, épurée, simple mais que l’on remarque certainement, faisant penser à une écriture très soignée.
Nez: Un 1er nez caricatural, mais demande de la patience car cinq minutes plus tard, le super bois est parti, remplacé par des arômes plus agréables de vanille-citron.
Bouche: Il réussit le triplé de la légère amertume, mais aussi de l’acidité avec une finale sucrée! |
WOLF BLASS Riesling, blanc, 11.5, Australie, 2008, 19,75 $ (SAQ).
Nez: Typique d’un riesling jeune, avec son côté pétrolé.
Bouche: Très agréable et surtout facile à boire, surtout avec ce taux d’alcool significativement plus accessible que celui de (tous) les autres. Aux prix SAQ, avec la disponibilité, un sérieux concurrent aux vins alsacien d’entrée de gamme. |
 |
 |
TARIQUET Côté Tariquet, blanc, 11, Côtes-de-Gascogne/France, 2008, 17,50 $ (SAQ). Une étiquette plutôt originale, pas tant dans son design mais parce qu’elle capte le regard. C’est un mélange pour moitié de chardonnay et de sauvignon blanc.
Nez: Des arômes très intrigants, fruit de la passion, et autres fruits exotiques.
Bouche: Entre vin sec et sucré, le mélange des cépages en question, des arômes qui percutent le nez, toujours ces fruits exotiques, avec de la mangue aussi. Encore une fois, ça donne l’impression d’un vin alsacien, ceux plus riches en sucre. |
RIEFLÉ Pinot Gris Grand Cru Steinert, blanc, 12.5, Alsace-France, 2007, 36,25 $ (Importation privée, chez Francs Vins).
Nez: Fantastique nez, la typicité des pinots gris alsaciens dans une expression parfaite.
Bouche: Fruité et un peu sucrée, mirabelle jaune, une excellente alliance entre nez et bouche; un vin gastronomique. |
BOUCHARD PÈRE & FILS, BEAUNE du Château 1er cru, blanc, 13.5, Bourgogne-France, 2006, 40,75$ (SAQ).
Nez: Encore assez hermétique, un vin blanc à décanter (ou à attendre encore).
Bouche: En cohérence avec le nez, présente par son sillon d’amertume. Une capacité notable de garde, mais aussi de gastronomie. Ce sont ces arômes-là qui font les vins de Bourgogne des petits plats autour des grands repas… ou vice versa. |
 |
|